CHAPITRE NEUVIÈME
Dans un lieu bien clos, bien fermé, •
Prés (le moi vous craignez la bise !
Voudrois-je meflre à l'abandon Votre santé qui m'est si chère?
Vous souvienf-il comme A Bourbon Non secours vous (ut salutaire?
Là, vous receviez de mes mains Fruits, pois verts, artichauts, salades, Tandis que tous les médecins
Les défendoient à leurs malades...
Vous viendrez, dites-vous, me voir Au retour de la primevère?
Kt moi je vous le fais savoir, Fuyez à jamais ma colère.
Las ! malgré moi, mon cœur trop bon,
Me parle de miséricorde ;
Si vous venez crier |»ardon.
Je crains fort qu'on ne vous l'accorde*.
* Bibl imp. Mss. 7, 688-7. Le refus de Iluet et la réplique de maaniedo Montespan ont été publiés par la lievue rétrospective, n» 1, 5lobrol833, p. 132. — Le môme numéro contient cette jolie Invitaon de Huet ù madame do Montespan :
A Saint'Xavicr Je vous invito; Nous faisons sa fôte aujourd'hui, Venez le prier au plus vite.
Et vous recommander h lui.
Chaise à liras vous sera gardée; Par moi vous y serez guidée; Je me niollrai derrière vous.
Et si J'osois, Je vouH le Jure, Sauf riionneur de la prélaluro, Je me meltrois à vos genoux.
'^û pièce est nutliûntiquo. Elle figurait en original à la vente des ma- ^<îril8 de M. La Hoche, (Catalogue do G. Charavay, novembre i^"
• Les lettres de madame de Montespan et de Vi de Fonlevrault à Daniel Huet ne sont nullemen dotiques. Des compliments, des protestations, proches et des excuses en font presque exclusi les frais. Ni la curiosité ni le cœur n'y sont pour i s'est promis un beau jour d'avoir ce qu'on app< commerce de lettres, et l'on s'écrit pour tenir messe faite. Parfois cependant le ton s'élève, la 1 disparaît. Dans Tune de ses lettres, l'abbesse tevrault informe Huet que, de l'avis de toutes l rieures, le gouvernement des communautés est beaucoup plus difficile depuis quinze ans. L'i tien qu'elle en donne est singulière : « Je me si giné, écrit-elle le 4 août 1690, que ces livres lande qui ont envahi le monde depuis quelques et qui se sont glissés dans les cloîtres comme ; ont répandu des doutes et des demi-connoissan les petits esprits n'ont pu tirer d'autre fruit qi croire capables de juger de tout, et de regarde] mission aux lois comme un effet de la foiblcs l'ignorance où ils vivoient avant ces belles décou^ N'est-il pas curieux de voir le doute et l'esprit d se glisser, dès la fin du dix-septième siècle, dans les couvents? Mais alors où n'élaient-ils d«
n° 147.) Le n» 150 du même catalogue se compose de deux vers au sujet desquels M. Charavay fait la réflexion suivante : sont passablement gaillards, et l'on aime à penser qu'un lion ractère de Huet n'en fut que lo copislo, ce qui est déjà boa