CHAPITRE DOUZIÈME
Càsolemment au ministère. N'était-ce point la favo- He qui nommait les ministres des finances? la 'avorite qui dressait les ministres futurs à leur emploi, et leur faisait la leçon avant leur entrevue Mec le Roi ? L'anecdote a gardé à l'histoire la pi- "iuante aventure de M. Silhouette , cet autre Sully 'ie la façon de a marquise avec lequel elle remplacera, en 1759, Boulogne, créature deBernis.MatSame de Pompadour l'avait préparé par une conver- ^tion de deux heures. Quel mécompte quand Silhouette reste court et comme hébété à ce preinier mot du Roi : « Ah ! vous voilà, Monsieur de Silhouette?... Les lambris de votre cabinet sont-ils vernissés?» Et quelle mercuriale au pauvre homme, le roi sorti! « Mais y monsieur y onj'épond..,onditoia\ on dit non,,, on parle,,, est-ce qu'il y aurait été voir,,,? Belle affaire que vous me donnez là! Le voilà sombre. Il me faudra huit jours pour le faire 7*evenir sur voire
compte (1) » Et, Silhouette nommé, madame de
Pompadour ne le laissait que quatre mois et demi au ministère : elle donnait sa succession à Bertin.
Mais, si l'on veut voir dans sa plénitude, et avec tous ses caractères l'influence de madame de Pompadour, si l'on veut se rendre un compte exact de son rôle de premier ministre , de sa participation cachée mais effective aux choses de l'État, il faut
(1) L'etpion dévalité, Londres, 1782.
St.
suivre et étudier ses efforts et ses menées dans ta affaires du Parlement. Un document d'une authenticité irrécusable va nous la montrer entrant à fond dans les embarras de la monarchie , pénétrant in cœur des choses, rêvant et accomplissant on rôle de médiatrice entre la cour et le Parlement, s*y employant de toutes ses forces, se compromettant pe^ sonnellement dans les démarches , maniant la discussion, provoquant les conférences, employant tour à tour, pour la soumission et la captation des parlementaires, la hauteur, la caresse, la menace, la persuasion , jusqu'à Téloquence , toutes les adresses et toutes les ressources de Thomme d'État anssi bien que toutes les comédies de la femme.
Remontons à la rémission des offices du Parlement par les présidents et conseillers, le 13 décembre 1756, à la suite du lit de justice tena parle Roi. Il se trouvait parmi les démissionnaires mi homme qui devait à la sévérité de ses mœurs, à rhonnêteté de sa vie , à la constance de son carMtère , la considération de son corps , l'estime di public , et rhonneur d'avoir eu ses traits reproduits par Garmontelle dans cette galerie presque ezdusivement consacrée aux parlementaires et aux opposants par le peintre ordinaire de portraits intimes de la maison et du parti d'Orléans. Sa connaissanee du droit public, les lumières qu'il apportait dans les débats du Parlement, les précédents dont il V* payait les démarches hardies, lui avaient donné, dans les Chambres, un grand rôle d'utilité; et Top-