CHAPITRE QUINZIÈME
Je vous crois bien contente de redit que le Roy a donné pouj* anoblir lès militaires. Vous le se9*ez bien davantage de celui qui va paroître pour rétablissement de cinq cents gentilhommes , que S. M, fera élever dans Fart militaire. Cette école royale sera bâtie aup7*èsdes Invalides, Cet établissement est d'autant plus beau que S. M. y travaille depuis un an, et que ses ministres ny ont nulle part, et ne l'ont su que lorsqu'il a eu arrange tout à sa fantaisie, ce qui a été à la fin du voyage de Fontainebleau. Je vous enverrai redit d'abord qu'il sera impjnmé.
Ce que vous desirez pour votre fils ne me paroît pas possible. J'ai consulté des gens instruits qui m'ont dit que les officiers des gardes 7*egarde7'oient cela comme un vol que je leur fer^ois, que d'ailleurs les 12,000 livres d'augmentation seroient sûrement ôtées; ainsi 2,000 livres ne feroientpas grand bien à votre fils et en feront beaucoup à un exempt.
Cherchez quelque autre chose que je puisse obtenir, je m'y porterai avec toute l'amitié que vous me connaissez pour vous.
Ce !•' avril 1751.
// est vrai, grande femme, qu'il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit. Nous avons été toujours courant avant le carême et depuis la paresse m*a pris. Sachez moi grâce dCy renoncer pour vous.
Je ne doute pas que vous n'ayez été fort aise de madame de Chevreuse. C'est une très-bonne femme et de mes amies depuis que je suis au monde*
341 MADAME DK POMPADOUR.
La 7nu?*t de madame de Mailly a fait de la peine au Ruy (l) ; j'en suis fâchée, aussi je l'ai toujours plaint, elle étoit malheureuse. Elle fait le petit Vintimille son légataire.
Nous avons depuis trois semaines le duc de Deux» Ponts; il est on ne peut plus aimable.
Bonsoir, grand' femme , je vous aime bien véritablement.
Ae m'envoyez pas Voraison funèbre du maréchal de Saxe; je ne puis penser à sa mort sans douleur,
A Choisy, 29 septembre 1731.
Vous pouvez juger de ma joie, grande femme, par mon attachement pour le Boy; j'en ai été si saisie que je me suis évaiiouie dans l' anti-chambre de madame h Duchesse. Heureusement on m'a poussée derrière un rideau et je n'ai eu de témoins que madame de Villon et madame d'Esti^ades. Madame la Dauphine se porte à ravir, M. le duc de Bowgogne aussi {^); je l'ai vu hier: il a hs yeux de son g^^and-pèi^e , ce n'est pas maladroit à lui.
Je vais lundi à Crécy pour cinq jours, tout de suite à Fontainebleau ; je marie les filles dans mes villages, j'en donne le divei^tissement au Boy. Ils viennent le lendemain manger et danser dans la cour du château.
(1) Daus une Icttro ù sou frère pendant son voyage d'Italie, maduM de Pompadour dit . « La pauvre madame de Mailly est morte, fen suit réellement fâchée; elle étoit malheureuse, le Roy en est touché. •
(2) Le premier enfant du Dauphin et de la seconde Dauphine, Ifaria- Josèphe de Saxe, mort le 22 février 1761.
Ceux que le Roi a ordonnés à Paris sont dignes de sa bonté, mais en province, ils feî*ont encore plus de bien. Bonsoir, grand' femme, en voilà long pour être été?'nellement sur les grands chemins, car réellement nous y sommes.
5 décembre 1751.
Je ne sens que trop, grand' femme, quel est le malheur d'avoir une âme sensible : ma santé a été un peu dérangée par la mort de M, de Tournehem {{), Je me porte un peu mieux depuis quatre jours,
La Sauvé nest autre chose guune folie qui s'est imaginé qu'en mettant un paquet effrayant dans le lit de M. le duc de Bourgogne , elle auroit l'air, en avertistant , de lui avoir sauvé la vie, et que sa fo?'tune et celle de sa famille seroit faite (2). Nota qu'il n'y avoit dans le paquet que de quoi brûler le drap, encore si l'on avoit mis le feu dessus, et impossibilité de faire aucun mal à
(1) M. de Tournehem était mort presque subitement à sa maison d'Étiolés le 19 novembre 1751.
(t) Cette madame Sauvé était une ancienne marchande de poisson, devenue la maîtresse du comte d*Ârgenson, qui Tavait fait attacher auprès du duc de Bourgogne. L'opinion de la cour, conforme à celle de madame de Pompadour, était qu'elle avait cru par cette manœuvre se faire un mérite de son zèle et de son attention. Le marquis d*Argenson af/irme qu'au paquet de matières inflammables était jointe une pièce de vers injurieuse pour la marquise, et il donne à entendre que cela avait été fait à la sollicitation de son frère. Quoi qu'il en soit, la Sauvé, entrée à la Bastille le 17 octobre 1751, n'en sortait que le 6 mars 1757 et encore à la condition de vivre éloignée de Paris. — Le nonce du pape Durini, dans sa correspondance avec le cardinal Valenti récemment publiée à Milan, dit qu'avec la farine et la poudre mises dans le berceau du duc de Bourgogne, il y avait un papier contenant : « Si l'une Doos manque, Tautre ne nous manquera pas, »
316 MADAME DE POMPADOUa.
l'enfant. Son prétendu empoisonnement en est une mi Ce quelle avait pris et vomi est prouvé du tain de (ft rièfe une glace. Elle est à la Basiille où elle reitt jusqu'à ce qu'elle dise ses motifs; mais il n'y a f eu la plus légère inquiétude pour le prince, il te p« « ravir.
Pfous sommes si souvent sur les chemina que je w t plus à la chasse depuis trois ans. Il faut bien se dim le temps de penser.
Bonsoir, gran(t femme , je vous aime bien vérik élément.
18 seplem/tr* HSS.
Qui appelez-vous le Saloraon du Nord, groaSi femme? Biles le tyran et vous aurez raison.
Je vous remercie de la petite carte; on m'a dtt ykV trouverait à Strasbourg celle de toute l'Allemagne, jN reilk à celle que vous m'avez envoyée. Je voudroa fit en avoir trois exemplaires; bien entendu que je paierai.
Mon accès de fièvre n'a pas eu de suites, rt je porte wasi bien qu'il est possible avec ma pauvre tett».
J'ai vu madame de Crévecœur aujourd'hui, $ra femme. Je crois qu'elle ne vous dira pas de mal de m
Je hais à mort vos Luthériens d'aimer le rm i Prusse, et, si j'étais à Strasbourg , je me battroa H la journée.