‹ Madame de PompadourChapitre 28 sur 205 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

regret de ses succès passés la poussaient à retrourer sur un théâtre royal les applaudissements dont îlle avait eu l'ovation et la joie sur le théâtre de ME. de Tournehem à Étioles , sur le théâtre de maiame de Yillemur à Chantemerle.

Il suffisait pour décider la volonté du Roi de décider sa curiosité. Tâche facile! à laquelle s'emiloyaient avec ardeur tous les amis de madame de i^ompadour. Le duc de Richelieu qui avait vu malame de Pompadour jouer à Chantemerle, le duc le Nivernois et le duc de Duras qui y avaient joué ivec elle, jetaient dans Toreille et dans l'esprit du loi les mots et les idées de spectacle , de comédie ; Is lui parlaient des talents de sa maîtresse , de tous es agréments qu'elle n'avait pas encore eu l'occaûon ni la satisfaction de lui montrer. Le Roi, enouré et séduit, allait au-devant des vœux de maiame de Pompadour; il souriait à la création d'un )etit théâtre. Et une scène s'élevait comme par un '.oup de baguette dans une galerie attenant au Galinet des Médailles et qui d'abord fut appelé : Théâre des petits appartements.

Les pièces étaient choisies, la troupe formée , le» 'épétitions organisées , madame de Pompadour associait le Roi à son activité , elle trîom.phait de ses mtipathies, elle lui faisait partager ses impatiences^ Jt c'était une pièce de Molière, le Tai^tufe, qui inaui;urait ce théâtre intime et sans étiquette où, pour a première fois en France , la présence personnelle la Roi laissait au public la liberté de ses manifesta*-

lions et lui permettait Tapplâudissement. Cette pre» mière représentation avait lieu le 17 janvier 1747. Autour du Roi, assis sur une simple chaise à dos, il y avait en tout un public de quatorze personnes parmi lesquelles on nommait madame d'Estrades, madame du Roure, M. le maréchal de Saxe, M. Tournehem, M. de Vandières, Ghampcenetz, son fils , et quelques autres gens de la grande domesti* cité. Le prince de Conti, le maréchal de Noailles,le comte de Noailles, qui avaient demandé d'assister au spectacle, avaient été refusés. M. de Gesvres, quoique des Menus , n'avait pas eu la permission de s'y montrer. Il n'y avait point de musiciens de profession à l'orchestre, mais seulement M. de Ghaulnes, M. de Sourches, M. de Dampierre, gentilhomme des Menus Plaisirs.

Les actrices étaient : madame de Pompadour i laquelle, au sortir d'une de ces représentations, Louis XV allait dire : « Vous êtes la plus charmante femme qu'il y ait en France, » madame de Sassenage, madame la duchesse de Brancas, madamo de Pons. Les acteurs étaient MM. de Nivernois, d'Ayen, de Meuse, de la Vallière, de Groissy qui joua même fort bien (1).

(1) Mémoires du duc de Luynes, t. VIII. — Le 24 février, on jonid sur le petit théâtre lk Prèji'Ok a la Mode de Lachaussée et l'Esprf DK CONTRADICTION (le Dufresiiy. — Le 27 février, k une rcprésentatioi où assistaient pour la promiêre fois le Datiphin et la Dauphine, ma (lame «le Pompadour se moutrait excellente dans le rôle de Colette de Trois CorsiNi:s de Dancourt. — Le 22 mars, devant un public pla nombreux qtià lor-linaire, et où s "étaient fait admettre les Noailles, l duc d'Auinont, la maréchale de Duras, madame de Pompadour, aprè

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