‹ Madame de PompadourChapitre 32 sur 205 · CHAPITRE TROISIEME. A · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME. A

taire ainsi qu'au directeur et au secrétaire qui sera tenu de les apporter à chaque répétition (1).

Enfin , le théâtre des petits appartements avait ses billets. Dans une carte grande comme une carte à jouer, où était écrit le mot Parade ^ la pointe spirituelle de Gochin avait jeté sur un balcon de tréteaux une Colombine au corps de robe agrémenté de nœuds de rubans comme la robe de la Silvia dans le portrait de Latour; elle minaude Tétonnement et joue de l'éventail, tandis qu'à côté d'elle Léandre , en manchettes , le coude à la rampe de bois et la main sur son cœur, lui déclare son amour, au nez de Pierrot qui passe la tête par le rideau du fond : telle était cette contre-marque galante, le « Sésame, ouvre-toi » du théâtre de madame de Pompadour (2).

Le théâtre des petits appartements était cependant vraiment trop petit, et la scène trop éloi* gnée des spectateurs. Qu'arrivait-il? On profitait du voyage annuel de la cour à Fontainebleau pour construire une salle nouvelle que l'on installai! dans la cage du grand escalier de marbre des Ambassadeurs. Ce théâtre mobile était un chef-d'œuvre de machination; quatorze heures suffisaient pour le démonter, vingt-quatre heures pour le remonter (3).

(1) La^jon, Eiiaisur les Spectacles det petits cabinets.

(t, Une de ces cartes d*entrée est conservée au département det

(3) Ilémoires dis due de Luynes, t. IX. — Ce théâtre passa dans le pablie po«r avoir coûté horriblement cher. I/on parlait de deux mil- La brait en vint aux oreilles de madame de i*ompadour, qui, un

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Le 27 novembre 1748, le nouveau théât'-». ouvrait. Il pouvait maintenant, dit le duc de Luynes, contenir quarante spectateurs et quarante musiciens ; il avait deux balcons réservés aux courtisans les plus favorisés ; il y avait aussi des gradins établis au-dessous de la galerie où étaient établis au milieu les sièges réservés au Roi et à la famille royale.

Mais, à propos de cette salle, ce que les documents imprimés peignent, même avec tout le détail imaginable, d'une manière si vague, un dessin nous le montrera comme si nous avions sous les yeux le spec* tacle élevé sur Tescalier des Ambassadeurs. Ouil une aquarelle gouachée de Gochin que nous avons eu la bonne fortune de rencontrer chez M. de la Béraudière (1), va nous faire assister au troisième acte de la pastorale héroïque d'Acis et Galatéb au

iour, dit tout haut à sa toilette : « QWest-ee que Ton dit que le théâtre que le Bot vient de faire construire sur le grand escalier bd eeéiê deux millions? Je veux bien que l'on sache qu'il ne coûte que vingt mille écus et je voudrois bien savoir si le Roi ne peut mettre cette eomme à em plaisir, » I^e duc de I^uynes rapporte qu'à quelques jours de là, Loaia XV rappelait au contrôleur général qu'il lui avait donné pour cet o1^ cinq fois 15,000 fr., c'est-à-dire 75,000 francs.

(1) C'est le dessin qui fig^ure en 1781 sous le n* 304 dans la vente di marquis de Ménars, le frère de madame de Pompadour. U est décrit dans ces termes * u La Représentation de l'opéra d'Acis et Galatêe, prise de la coupe du théâtre de la petite salle de spectacle élevée sur Tescalier des Ambassadeurs k Versailles, faite à gouache (H. 6 p. L. 15 p.). Ce dessin est signé : C. N. Cochin filius pinx, 1749. l\ fîit achelé 37 1. 1 s. par un sieur Pichenau. J'ai eu le plaisir d'apprendre à M. de la Béraudière, ignorant du siget représenté, le curieux 4«u>n liiatoffl* que qu'il possédait.

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