CHAPITRE QUATRIEME
Bourges. Pontchartrain est trop près. Je vous donne le reste de la semaine pour partir. Vous ne verrez que votre famille. Ne me faites pas de réponse (1). » En partant pour Bourges (2) (25 avril 1749) avec ce sourire qui est le masque de toute sa vie, Maurepas léguait à madame de Pompadour l'inimitié de son collègue d'Argenson (3). Celui-ci était un autre ennemi; il avait les passions plus sourdes, Tâme plus froide , les haines plus graves.
Lamarquise de Pompadour commençait à régner, et son ton prenait les superbes insolences de la fortune. Elle s*essayait à laisser tomber sur les pro-
(1) Mémoiret du due de Luynes, t. X. — n n'avait pas vu la lettre et Bt U donna que d'après le témoignage d'une personne qui Faurait vue. U doute mémo de la première phrase.
(Q AToe la rancune particulière à la nature de madame de Pompado«fr, Biadamo de Pompadour retenait à Bourges jusqu'en 1752 M. de Maiirepot qui n^obtenait que cette année la permission de venir au Piestit prêt Dommartin, à dix lieues de Paris, dans un château de sa bellemére. Madame de Maurepas n'assistait pas sans peine aux couches de la niècot de madame d'Agénois, et M. de Maurepas, arrivé de nuit à Cùdbj choa madame de Pontchartrain, n'avait la permission que de tra- ▼oroer Paria pendant la nuit sans s'y arrêter.
(S) Pou do temps après sa disgrâce, Maurepas se défendait ainsi auprès do SOS amis d'une partie des méchancetés qu'on lui attribuait contre la favorite : « Quant & Fintérieur d'ici, continuation ordinaire de tracasseries, continuation de chansons, auxquelles M. de Richelieu et M. d*Ajren ont sûrement part, continuation d'humeur de la marquise, actadlemont malade d'une perte qu'on donne à l'oreille pour une fausse ooache; j^ignore ce qui en est; continuation opiniâtre à m'iraputer une partie des propos que je ne tiens pas; et enfin, de ma part, coutinuatâoa philosophiqQe de silence et d'indifférence pour cet objet et ses suites. » [Lettre du comte de Maurepas, du !•' avril 1749. Œuvre* potthumet eu due de NwenuM^ vol. I.)
82 MADAME DK POMPADOUR.
jets et les placets un royal Nous vendons. Elle disait déjà aux ministres : « Continuez, je suis contente de vous, vous savez que je suis de vos amis depuis longtemps, » Aux ambassadeurs elle disait encore : « Voilà bien des maf^dis où le Bai ne pourra vous voir, messieurs, car je ne crois pas que vous veniez nous chercher à Compiègne (1). » Et elle habituait sa bouche et la cour à ce nous, qui mettait sur ses lèvres la parole du commandement et comme une moitié de la royauté.
Son appartement à Versîjilles était Tappartement princier de la Montespan (2). Il y régnait la grande étiquette dont la marquise était allée chercher les
(1) Mémoires du marquis cTArgenson, édition Janet, t. IV.
(2) L'appartement que madame de Pompadonr avait dans la oonr ovale en 1747 était donné au mois d'octobre 1748 & la duchesse de Brancas, et la favorite prenait possession de celui du duc d*OrltenSt habité depuis par la princesse de Conty, situé sous la galerie des Béformés et donnant dans la cour des Fontaines. En. mars 1752, tnft'l»"'* de Pompadour prenait possession d'une partie des appartements ds M. de Penthièvre et de la comtesse de Toulouse. Ces appaitemoits comprenaient tout le bâtiment qui s'étend depuis la voûte de la dot pelle jusqu'à Tencoignure du château, sur la terrasse regardant le parterre du nord, et avec le retour de sept croisées du côté de la terrasse, c'est-ù-dire tout le dessous de Tappartement du Roi, depuis la grsndo pièce qui se trouve la seconde après le salon âi^Hereule ju* qu'au salon de la Guerre, et en retour les trois croisées qui font partie de la face du château. La partie la plus proche de la voAte était accommodée pour madame de Pompadour, et dans la partie entre M. de Penthièvre et madame de Pompadour on faisait de petits csSsnets pour les soupers du Roi. M. de Luynes dit que cet arrangemeat était l'œuvre de la favorite qui connaissait les fréquentes visites qa*aatrefuis Louis XY rendait à Madame Infante par un petit escaUer dérobé fait du temps de la Montespan. Pressentant le retour de Foatevrault, do Mesdames Sophie et Louise, et voyant rhabitude qn^avi^ prise le Roi depuis quelques mois de faire venir ses filles sans panien chez 'ui après souper, elle voulait empêcher de loger près de leur père