‹ Madame de PompadourChapitre 50 sur 205 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

oar cependant madame de Pompadour avait la i de Bellevue (1), comme déjà elle avait eu le t du petit château. Alors elle devenait une locaune locataire originale , et qui louait au duc Yallière, 12,000 livres sa maison de Champs meublée, et y dépensait en trois ans 200,000 ; qui louait encore au duc de Gesvres sa prode Saint-Ouen, dans laquelle, en cinq ans, elle itissait 500,000 livres (2).

n la dernière acquisition de madame de Pomr était le marquisat de Menars, une terre à laelle ne faisait qu^une seule visite et qu*elle ; par annuités, sur ses revenus, on ne savait ite quelle somme (3).

aagination de madame de Pompadour, une ble imagination d'Armide, ne se bornait point

BDt les dépenses de la marquise. Ces 800,000 liv. de flears de pordoivent être toat aussi vrais que la pension de 1,000 écus faite lYorite à rébéniste du faubourg Saint-Antoine, Migeon, pour la « d*ane chaise percée. En effet, M. Riocreux affirmait à Uier que la fabrication des fleurs n'a jamais dépassé, dans les les plas prospères, la somme de 300,000 liv. n 1757, madame de Pompadour vendait au Roi Bellevue pour te de 325,000 liv.. Bellevue devint la propriété de Mesdames. pentes de madame de Pompadour, par M. Le Roi. — Madame de mtr, par M. Campardon.

tta énumération ne comprend pas encore toutes les propriétés et par madame de Pompadour ; elle a encore acheté le Taudis, iepuit Babiole ou Brimborion et réuni à Bellevue. Elle aurait aa dire de d'Argenson, qui me parait suspect, la seigneurie r— an prix de 200,000 liv. Enfin M. Campardon nous apprend était propriétaire des terres do la Garancière, Deux-Églises,

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aux domaines de sa création , aux maisons qu'eUe louait ; elle remaniait et décorait encore les châteaux où le Roi la recevait et lui rendait Thospitalité de BcUevue. Ghoisy, que le Roi possédait, deyenait comme la propriété de la favorite, par tous les embellissements qu'elle y apportaît7tdutes les dépenses qu'elle y ordonnait. Du petit au grand, tous les luxes du château , toutes les recherches de la vie de Ghoisy lui appartenaient, et montraient dans les plus petites choses la délicatesse de ses inventions; n'était-ce pas elle qui machinait ce château de féerie, où la table à ressort qu'elle avait inventée de moitié avec le mécanicien, et dont le petit modèle flitYendn à la vente du marquis Ménars , la table de Loriot, remontait une épingle demandée par le Roi , avec des vers de Laujon (1)? C'était l'effort et la victoire

Bret, la Roche et la Rivière en Limousin. U y a aussi des dépaant faites par la favorite sur des propriétés dont nous n^avona pas paiU, comme Pompadour, où M. Le Roi mentionne une dépense de 28,000 Uv. (1) De cette vie, de ce séjour de Ghoisy, il ne reste plus goècSi épars par ci, par là, que les Voyages du Roi au château de Choùff, les logements de la cour et les menus de la table de Sa MajeMté, manuscrits dont la bibliothèque de Rouen possède une année» et doit nous possédons une autre année, Tannée 1757. Les soupers se oonpiH sent d'un premier service composé de deux oilles et de deux potagaii de huit hors-d'œuvre, de quatre grandes entrées, de quatre moyennMi de huit plats do rôts, de quatre salades, de douze ou de seise antttmets, froids ou chauds ; dans les potages, on remarque : le potage k la Pontchartrain, k la Villeroy, à la bonne femme, la chifiîiHmade, U garbure aux choux, le gratiné aux oignons et aux pains de aeigis, Il gendarme aux gros oignons; dans les entremets, les appelUtil<His d les noms les plus singuliers sont : les tourtereaux à rimpromptOi 1h rammeraux k la polonaise, la ciboulette de gibier à Tespagnole, la cailles à la Xaintonge, les langues de mouton à la Saint-Hérem, la poussins à la Saint-Cload, le pâté de cuisses d'oie aux pois d«

tn MADAME DE POMPADOUR.

le goût du Roi par les changements et les déj ments de sa personne , tantôt lui apparaissant rhabit de la sultane de Yanloo, tantôt venant à , jardinière, dans ce costume que nous a gardé 1 trait qu^elle disait être la meilleure image c même : la tête couverte d'un chapeau de paille blé de bleu, de ce bleu, sa couleur favorit faisait baptiser habits de la marquise les habits l le bras gauche passé dans Tanse d*un panii fleurs , la main droite tenant une branche de j the (1). Ou bien encore elle charmait les yec Roi par cet habit dont elle avait pris l'idée patron dans une assemblée galante de Watl déshabillé idéal, appelé depuis le négligé à la Pc dour : imaginez une sorte de veste turque, se le col, boutonnant au poignet, se prêtant à la g collant aux hanches , montrant tout ce qu'elle sait voir, et dessinant tout ce qu'elle cachait (S

(l) Catalogue du marquis de Ménars, 1780, n* 130. Cest lé f gravé par Anselin.

^2) Histoire de madame la marquise de Pompadour, 1759.

Donquéte du Roi à refaire tons les jours. — Portrait moral du Bte d^Argenson. — Haine foncière et rancunière de madame de mpadour pour le ministre. — Madame de Pompadour attache idiault à sa fortune. — Le comte d'Argenson en défaveur. — Il tde madame d*Estrades son espionne et sa miùtresse. — Louis XV, ooreux de madame Choiseul-Romanet.— Cen est fait. — Trahison comte de Stainville qui livre la lettre amoureuse de Louis XV à dame de Pompadour. — D'Argenson refaisant son crédit. — idame d'Estrades chassée de Versailles. — Madame de Pompair appelant sa vie un combat perpétuel. — Les cantharides.

[algré toutes ces séductions et ce perpétuel hautement deTamour et des sens du Roi, là fâvoétait cependant obligée de disputer et de reprenchaque jour le pouvoir. C'était une laborieuse et pétuelle conquête que son exercice , son main- I, et son accroissement. Il fallait Teffort d'une essante bataille, la tension d'une activité sans imeil, le continu travail de la tête, une combison journalière d'intrigues, de marches sourdes, contre-mines et de manèges de courtisane pour ir assise madame de Pompadour dans cette granir glissante, et dans cette haute fortune, enviée, iquée, pleine de pièges et d'écueils, battue par ambitions et les trahisons; nuage de faveur à la ^rétion d'un souffle, d'un caprice, d'un orage, ou n coup d'épingle. Posséder le Roi, occuper ses

ennuis, distraire et promener ses fatigues, remplir sa vie, Tétourdir et la réveiller par la variété des lieux et la surprise des plaisirs ; malade et condafflnéc au régime du lait ,^ courir, souper, demeorer belle et garder dans ces fatigues la beauté , la fh!cheur, c'était la moindre peine de la favorite. B qu*était-ellc auprès de cette grande fatigue de son métier et de cette dure expiation de son règne: veiller à toute heure , deviner la menace dans le sourire et le danger dans le succès , surmonter lei paresses et les malaises du corps et de l'esprit, pour résister à tout ce qui entoure le Roi, à tout ce qm en approche, aux ennemis cachés, aux complots secrets, aux partis, à la cour, à la famille royale, aa ministère, aux rivalités qui se poussent en avant, aux périls qui se démasquent I

Maurepas chassé, madame de Pompadour gardait dans le ministère, en face d'elle, un adversaire plus dangereux, plus sérieux, un ennemi plus maître de lui et incapable de compromettre ses haines par des méchancetés de salon, le succès de ses plans parla petite victoire d'un bon mot. Cet ennemi , le comte d'Argcnson, que Louis XV avait eu Toccasion d'emr ployer dans les circonstances délicates et intimes de la maladie de Metz, delà quitteine^ de la reprise et de la perte de la duchesse de Ghâteauroux, le Roi le considérait comme un ministre sien et lui attribuait un de ces dévouements qui étouffent l'intérêt person-

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