‹ Madame de PompadourChapitre 51 sur 205 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

Kiel et dominent les intérêts particuliers. Il était encore agréable à Louis XY par Thabitude de plusieurs ttinées de travail, où, épargnant au Roi le détail des •ffaires, il menait doucement et sans fatigue son intelligence et sa décision au point capital des choses. Homme avisé , disciple de Fleury dans la conduite du Roi, caressant le maître par des caresses et des gâteries de paroles , malade ou bien portant ne qpiittant point le Roi, et Toccupant encore, quand la goutte le tenait cloué loin de sa personne, par un commerce de petits billets ; sachant aux moments dilAciles, dans les tempêtes soufflées par la maîtresse, éveiller chez le Roi les sentiments reconnaislants, affectueux et comme filiaux d'un pupille politique. Homme d'État sans conscience , élevé à cette école du Régent qui partageait les Français en ieux classes : les fripons spirituels et les honnêtes gens imbéciles, et condamnait ces derniers à Téloi- ^ement des araires, il se servait sournoisement de tout moyen et de tout instrument, menant par des chemins couverts ses ambitions et ses ressentiments, sachant les modérer par ces deux vertus de la cour : la dissimulation et la patience, arrivant enfin avec le temps à se rendre maître de tout au moyen de menées jésuitiques, d'un enveloppement sourd ^ d*une prise de possession qu'on ne sentait pour ainsi dire pas et que le frère du ministre qualifie de tyranme doucereuse (l)i

(i) Mémriru du marquit d'Arpensom édition Janet, t. II et lit.

I3t MADAME DE POMPADOUR.

G*est ainsi que le comte d^Argenson, fortdesa position auprès du Roi et de son génie de courtisan consommé, poursuivait sourdement et obstinément dans madame de Pompadour le grand obstacle qui Tempêchait de devenir premier ministre et de fonder sur la faiblesse du Roi une domination qui eûtvcontinoé la tutelle du vieux cardinal.

Entre d*Argenson et la femme profonde et sécréta et entêtée dans ses haines qu'était madame de Pompadour, la lutte est pleine d'intérêt. Madame de Pompadour en veut à d'Argenson de n'ayoir pu rencontré en lui l'instrument souple qu'elle a troofé chez les autres ministres. Elle ne lui pardonne pu après le renvoi d'Orry d'avoir fait un contrAlenr général autre que celui qu'elle voulait. Elle ne loi pardonne pas la nomination à l'intendance dos postes de Duparc au lieu et place du cousin Ferrand, l'aimable compositeur de musique des petits appa^ tcments. Elle ne pardonne pas surtout au ministn son injurieuse prétention de vouloir, sinon la renverser, au moins la confiner absolument dans la direction des plaisirs du Roi, dans une espèce de vaine et vide surintendance des amusements de Louis XT. Et la despotique favorite porte au comte d'Argenson, suivant l'expression du marquis , une haine foneSn et rancunière où il y eut bientôt récidive sur récidive oMt enchères.

La guerre se fait très-peu à ciel ouvert. Elle est Ij toute souterraine avec des suspensions dliostilitii) Ij des simulacres de réconciliation, de faux traités di m

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