CHAPITRE DIXIÈME
e parlement exilé ne faisait que grandir en populaité. Le Roi, inquiet de tous ces témoignages de opinion , ne se sentait pas assez fort pour mainteir son coup d'État. Des négociations sérieuses talent entamées avec Maupeou qui penchait vers la 3ur, et recevait du Roi Tassurance de devenir garde es sceaux ou chancelier; et le parlement rentrait à aris , en triomphe et dans Tapplaudissement des ailes , presqu'au moment où entrait dans la vie et ans l'histoire celui qui sera Louis XVI. Louis XV, fidèle à son esprit de conciliation et de leutralité , cherchait à balancer la signification de ette victoire du parlement, à en atténuer l'effet uprès de l'Église et de l'archevêché ; il faisait paser Machault à la marine (juillet 1754), et donnait ne abbaye au curé de Saint-Étienne du Mont. Mais es concessions ne changeaient en rien les disposiions de l'archevêque et de la paroisse de Saintitienne du Mont, qui continuaient à refuser avec clat le viatique aux mourants ; l'impatience prenait 3 Roi ; et le parlement , si vif sur l'arbitraire des sttres de cachet quand il s'était agi de la sœur ^erpétue, enregistrait sans remontrances l'exil de archevêque de Paris qui avait répondu au Roi par Hchelieu : « Ma c^science ne me permet aucun ccommodement (1). »
(1) Mémùiret du duc de Richelieu, vol. VIII. — C'est à cette profesion de foi qife le maréchal de Richelieu répondait par ce joli mot :
Beau, monseigneur, votre conscience est une lanterne sourde qui 'éclaire que vous. »
Pour sortir des diffîcultés sans cesse renaissantes de la si.Hialion, pour échapper à Todieux de ces coups d'autorité auxquels on la forçait, la cour jetait les yeux sur une trentaine d'évôques, la plupart gens de plaisir, habitant peu leurs diocèses, vivant le plus souvent à Paris ou faisant leur cour à Versailles , et assez hommes du monde pour se plier à des transactions qui avaient révolté la conscience un peu sauvage de Tarchevêque. Ds se laissaient flatter par l'idée que leur donnait la cour que, s'ils réussissaient à décider le clergé français à suspendre les billets de confession , le Roi sévirait contre le parlement qui s'abritait de ce prétexte pour s'élever contre la royauté; et tout à coup TÉglise de France se séparait en deux clergés : le clergé du parti de la cour, le clergé mondain et tolérant, le clergé feuillant y comme on l'appelait par allusion à la feuille des bénéfices que tenait un de ses membres, le cardinal de la Rochefoucauld; et le clergé rigide et sans concession , le clergé nommé (Aéa/M du nom de son chef Boyer, ex-théatin.
Pendant ce temps , le pèlerinage des curés de Paris et des provinces allant rendre visite à Tarchevêque exilé, et se raffermir auprès de lui dans l'exigence des billets de confession, ne discontinuait pas. Le parlement en prenait occasion pour déclarer qu41 était de son devoir d'empêcher les assemblées illicites, et faire demander ironiquement au Roi si ces assemblées avaient lieu par son orâl*e. Là-des^ sus venait un conflit, qui éclatait à la suite de l'attri-