CHAPITRE DIXIEME
Ce jour, le Roi renouvelait la loi du silence sans réjudicier au droit des évoques, attribuait aux juges 'église la connaissance des refus de sacrements mf rappel comme d'abus , et défendait aux parlelents d'en ordonner l'administration ; c'était ôter a parlement son influence et sa puissance, en lui tant ses moyens d'opposition et de popularité ; le ci changeait de plus la constitution politique du arlement : il supprimait deux chambres des enaêtes, soixante offices de conseillers laïques, oatre de conseillers clercs ; il accordait à la seule rand' chambre la connaissance des appels. Le parement ne devait plus s'assembler que par la décision e la grand' chambre; la voix délibéralive n'était lus donnée qu'après dix ans de service au conseil ; aile dénonciation n'aurait lieu que par le ministère ablic du procureur général. Enfin, le Roi faisait éfense au parlement, ainsi décimé et dompté, iduit et asservi , de suspendre la justice sous peine e désobéissance.
La colère publique, l'indignation du peuple, de ce euple de la Fronde , éclata dans la rue. Et contre ui? Contre madame de Pompadour, contre « la oquine du ^ot (1)1 »
La voix populaire ne se trompait pas, en attribuant la favorite un grand rôle dans ces débats qui sem-
(1) Mémtnrti du maréchal duc de Richelieu^ vol. VIII.
blâient lui être si peu personnels. Madame de Pompadour méritait cette grande part dans rimpopiila« rite , par la grande part qu'elle avait prise dans cette bataille des esprits et des consciences. Elle est, en effet, à côté du Roi et derrière lui, râmedela guerre qui met aux mains le clergé et le parlement, le parlement et le Roi. Quand avait paru Tédit de Machault, tout le clergé Tavait considéré comme une manœuvre de la belle philosophe pour amoindrir rÉglise. Et Boyer disait au Dauphin, en ranimant contre la maîtresse : « Il n*est plus, ce temps où les favorites de rois diminuaient Tirrégularité etTindécencc de leur conduite par leur respect pour la religion et leur dévouement au clergé de France. Cb Voltaire , cet athée public , va dominer à la cour, et il en chassera, aidé par madame de Pompadonr, tous les prélats par ses brochures et ses qaolibets... (1) » Ces appréhensions de Boyer et du parti qu'il représentait exagéraient de bien peu la vérité des choses , les menaces de Tavenir, le caractère et la portée de Talliance de la maîtresse et de Yoltaire. Voltaire, en effet, était non-seulement Ip courtisan, mais encore Tinstrument de madame dePonipadour, son homme, et son arme de guerre. Satires^ épigrammes, exécutions littéraires, colères du goûti tout ce qui chez lui paraît une œuvre du démon^ nB plaidoyer du poëte p7'o domo sufi , cachait et servait les vengeances de madame de Pompadour; et dans
(1) Mémoires du maréchal duc de Michelieu, vol. VHL