STANCES
(// r faudrait de la musique de Gluck.')
Laissez-moi ! tout a fui. Le printemps recommence :
L'été s'anime, et le désir a lui ; Les sillons et les cœurs agitent leur semence. Laissez-moi! tout a lui.
REMARQUES iltb
Laissez-moi ! dans nos champs les roches soUtaires,
Les bois épais appellent mon ennui.
Je veux, au bord des lacs, méditer leurs mystères, El comment tout m'a fui.
Laissez-moi m'égarer aux foules de la ville ;
J'aime ce peuple et son bruit réjoui ; Il double la tristesse à ce cœur qui s'exile, Et pour qui tout a fui.
Laissez-moi ! midi règne, et le soleil sans voiles
Fait un désert à mon cœur ébloui.
Laissez-moi ! c'est le soir et l'heure des étoiles : Qu'espérer ? tout a fui.
Oh ! laissez-moi sans trêve écouter ma blessure.
Aimer mon mal, et ne vouloir que lui.
Celle en qui je croyais, celle qui m'était sûre... Laissez-moi ! tout a fui.
On retrouve ces vers au nombre des quatre pièces qui terminent le Livre d'Amour; ils y sont accompagnés du même avertissement ; Sainte-Beuve a effacé leur titre, et ajouté une date : 1887.
Composés en même temps que Madame de Pont'wy, ils faisaient, en somme, partie de celte nouvelle :
i/,6 MADAME DE POMHY
on peut se demander pourquoi, après les avoir publiés en i84o dans ses Poésies, Sainte-Beuve ne les a pas insérés à leur véritable place lorsque, en 18/14, il a incoTipoTé Madame de Pontivy dans les Portraits de Femmes... Peut-être a-t-il jugé que leur inspiration lamartinienne et toute romantique ferait dissonance dans une nouvelle dont le décor et le ton général sont de 1718.
Page 80, lignes 3-6. — Sa fille... elle mourut à son premier enfant...
N'est-ce point un manque de tact que d'avoir imaginé ce détail?... M. Barthou a relevé que, sans le vouloir, dans la pièce V des Consolations, Sainte- Beuve avait exprimé déjà comme un triste pressentiment de la mort tragique qui attendait Léopoldine Hugo ÇAmours dhin Poète p. 61 -note).
Page 80, lignes 8 et suiv. — Et ils s avançaient ainsi dans les années qu'on peut appeler crépusculaires...
REMARQUES iZ,7
Voir, sur ces années, dans le Livre d'Amour, la pièce XXIY, un sonnet, qui se termine ainsi :
Approche, ô ma Délie, approche encor ton front ; Serrons plus fort nos mains pour les ans qui viendront : La faute disparaît dans sa constance même ;
Quand la fidélité, triomphant jusqu'au bout,
Luit sur des cheveux blancs et des rides qu'on aime,
Le Temps, vieillard divin, honore et blanchit tout.
I. — La Publication. — Christel parut le t5 novembre 1889 dans la Revue des Deux-Mondes (pages 519 a 533).
Sainte-Beuve plaça ensuite cette nouvelle à la fin d'un petit volume, devenu aujourd'hui très rare, où il réunit, en 18^2, sans nom d'auteur, cinq autres morceaux de critique (cinq études sur La Bruyère — La Rochefoucauld — Mme de La Favette — Mme de Longueville — Lne Ruelle Poétique sous Louis XIV). En voici le titre exact :