‹ Madame de Prie, 1698-1727Chapitre 1 sur 133 · II MADAME DE PRIE · texte numérisé non relu

II MADAME DE PRIE

tant à l'époque où elle vivait que celui rempli par Mme de Pompadour en son temps.

Elle a, avant elle, fait et défait des alliances, créé une reine, lutté pour la prédominance d'un parti, suscité des admirations sincères, aussi bien, malheureusement, que des haines, plus nombreuses et plus ardentes, en un mot occupé presque uniquement la cour et la ville de sa personne.

Elle a été tout cela, et malgré tout cela, le jour où elle a eu quitté ce monde, un singulier silence s'est étendu sur sa mémoire, sur tout ce qui la concernait.

D'où procédait ce sentiment de haine déclarée contre elle tandis qu'elle vivait?

D'où vint cette insouciance méprisante pour son souvenir, sa brève carrière terminée?

Jamais en réalité elle ne fut ni méchante ni vicieuse comme ses ennemis ont tant aimé à la représenter. P]lle fut sans fiel et si, en dilïérentes circonstances, elle montra de l'àpreté, ce fut en se défendant, non point en attaquant.

Quant au reproche d'inconduite dont on a voulu l'accabler, il tirait peu àconséquence en pleine Régence, surtout quand il se limitait à sa liaison avec M. le Duc. Céder à un prince du sang, chef de la maison de Condé, neveu du feu roi, oncle du petit roi du lendemain, représentait tout au plus, aux yeux des contemporains, une faute, et une faute si atténuée par la grandeur des titres d'un pareil personnage, qu'elle en devenait contestable.

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