PRÉFACE III
Comment expliquer dès lors l'ostracisme dont on ri'a[)[»;i cette femme sur l'heure même, que la postérité a conlirmée, qui se retrouve dans n'importe lequel de nos livres d'histoire?
Par deux raisons principales, selon nous!
D'ahord parce qu'ayant été jugée avec cette extrême sévérité à la veille de sa fin si prompte, quand elle était déjà disgraciée et à demi oubliée, elle n'eut à aucun instant le moyen de se défendre, que personne de considérable également ne prit son parti à l'époque. L'arrêt demeura, par suite, sans appel, car rarement la foule revient de ses préventions, ou, si elle s'y décide, c'est à son corps défendant, là seulement oii il s'agit de quelque bruyante réputation qui s'impose.
Aussi ne releva-t-elle pas Mme de Prie des accusations formulées contre elle. Elle vécut sur les anciens ouï-dire. Elle n'y voulut rien changer.
Et de ce fait, ils furent la tradition généralement acceptée.
Puis Mlle Berthelot de Pléncuf appartenait à la finance. En devenant la marquise de Prie, elle entrait dans un monde nouveau. Elle y apportait la tare de sa naissance. Elle y eût été péniblement supportée sans ambition. Elle y fut haïe loi'squ'on la vit s'élever d'une seule envolée jusqu'aux plus hautes sphères de la poHlique.
On considérait cette bourgeoise comme une intruse. N'était-ce pas, en effet, la première fille de cette tribu détestée des partisans qui brisa la barrière derrière