FAVOUITE ET MINISTRE MADAME DE PRIE ET LE MINISTRE LE BLANC
Pour que M. le Duc eût aussi énergiquement fait valoir ses droits à la place de premier ministre, il fallait, en sincérité, que la nécessité de la conserver pour lui fût bien pressante, car la succession du Régent n'avait rien qui pût tenter.
La France avait certainement pansé et guéri bon nombre de ses blessures. Elle s'était jusqu'à un certain point relevée par la {)aix de l'abaissement où elle était tombée du fait des dernières guerres de Louis XIV. Elle avait reconquis une part d'influence en Europe, mais non point sans aclietcr des alliés tels que l'Angleterre, au détriment des vrais intérêts de sa politique.
A côté de cela, le moral de la nation seiublait fort attaqué. La licence des mœurs triomphait à Versailles, d'oii le rigorisme quebpie peu janséniste; du Grand Roi à ses dernières années l'avait impitoyablement proscrite. Une exactitude moindre en matière commerciale, une moindre délicatesse dans les rapports d'argent avaient fait oublier l'antique probité. La cour était divisée. Le partage de l'empire de l'Alexandre moderne, quelque