DE Mme DE SÉVIGNÉ A Mme DE GRIGNAN
Aux Rochers, lundi 29% janvier 1685.
« Je vous dirai demain le bon état où sera ma jambe, et j'espère qu'après demain, mon fils vous apprendra ma guérison ; j'en suis si persuadée que sans votre scrupuleuse exactitude, voyant que tout ne va que deux jours plus tôt ou deux jours plus tard, nous aurions chanté victoire dans nos lettres. Ma jamhe est comme l’autre : plus de rougeur, plus de fluxion, plus de douleurs; n'est-ce pas une cruauté de nous faire languir après une chose qui nous est assurée. »
Mardi 30e.
« Notre huile n’a pas beaucoup avancé depuis vingt-quatre heures : il ne faut point que votre poudre s’en offense, il n’est point question qu’elle guérisse si promptement, pourvu qu'elle guérisse. »
SL à 5, +
à Dé
Mardi 31° janvier, à huit heures du soir.
« Mon fils vous a écrit de son côté et je pense que, sans nous être consultés, nous vous manderons les mêmes choses, car nous écrivons sur la vérité. Ma plaie est plus prêt de guérir qu’hier ; et si vous pouviez me pardonner cette rebellion à la poudre de sympathie, et que vous vouliez bien nous accorder quinze jours au lieu de quatre, la poudre aura son effet ordinaire. L'autre jambe est toute guérie ; cela est fini, tout va bien: ayez l'esprit en repos; passez-nous seulement votre lenteur. »