‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 14 sur 134 · DE Mme pe SEVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE Mme pe SEVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN

Aux Rochers, dimanche 7e juin 1671.

&« Vous êtes grosse assurément d'un garçon :

je vous remercie de cette confidence ; je n’en abuserai pas. Je vous avoue que je l’aimerai fort, et qu'en faveur de ce Dauphin, je demanderai une grâce à M. de Grignan, qu’il ne doit pas me refuser, pour votre enfant, qui est la même chose. La nourrice ne couche point avec son mari; ce seroit tenter Dieu; nous savons bien ce qui en arrive. C’est Marie qui couche avec la nourrice et qui a soin de veiller à tout : en vérité, je ne crois pas qu'ils voulussent nous faire un tel affront.

« Il est vrai, ma bonne, que j'eus, il y a quelque temps, une colique très fâcheuse, mais j'admire M. d'Hacqueville de vous avoir écrit, que je ne lui avois point mandé..….. Voici comment la chose se passa, il vaut autant dire cela qu'autre chose. J’allois à la messe à onze heures, en calèche, avec ma tante. À moitié chemin, jeus un grand mal de cœur; je craignis les suites, je revins sur mes pas, je vomis beaucoup ; voilà de grandes douleurs dans le côté droit, de grands vomissements encore, avec douleurs redoublées et une suppression qui me tenoit de la nuit : voilà l’alarme au camp; on envoie chez Pecquet, qui eut des soins de moi extrêmes ; on envoie chez l’apothicaire ; on prépare un demi-bain plein de certaines petites herbes, on m'y met : si j'avois eu dix laquais,

y, VAS

ils auroient été tous employés. Je vis arriver Mne de la Fayette, j'étois dans le bain.

« Cependant le jour se passe, mais non pas ma colique ! Pour moi, je passai mal la nuit. Le matin, je me portai mieux, et mieux à Ces maux, c'est être guéri. »

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