‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 18 sur 134 · DE Me pe SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE Me pe SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN

À Paris, mercredi 10° juillet 1675,

« Je suis, je vous assure, au désespoir de l'inquiétude que vous avez eue de ma santé : hélas! ma belle, vous ne pensez à autre chose, et votre raisonnement est fait exprès pour vous donner du chagrin. Vous dites que l’on vous fait un mystère de ma saignée, mais, de bonne foi,je ne suis point malade, je n’ai point eu de vapeurs; je plaçai ma saignée brusquement, selon le besoin de mes affaires plutôt que sur celui de ma santé;

je me sentois un peu plus oppressée, je jugeai bien qu'il falloit me saigner avant de partir, afin de mettre cette saignée par provision dans mes ballots.. Croyez que je ne vous tromperai jamais et que suivant nos maximes de ne nous point épargner, je vous manderai toujours sincèrement comme je suis : fiez-vous en moi. Par exemple, on veut encore que je me purge; eh bien, je le ferai dès que j'aurai du temps, n’en soyez donc point effrayée. Un peu d’oppression m’avoit fait souhaiter plutôt la saignée; je m'en porte fort bien, débarrassez-vous de cette inquiétude. »

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