‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 19 sur 134 · De Mme pe SÉVIGNÉ À Me DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

De Mme pe SÉVIGNÉ À Me DE GRIGNAN

A Paris, vendredi 2e août 1675.

« Ne soyez point en peine de moi, ma très chère, ni de ma santé; je me purgerai après le plein de la lune, et quand on aura des nouvelles d'Allemagne. »

es DT ou

424, DE Mme DE SÉVIGNÉ AU COMTE DE Bussy- RABUTIN.

A Paris, ce 6° d'août 1675.

« Vous me demandez où je suis, comment je me porte et à quoi je m'amuse...

« J’ai eu bien des vapeurs, et cette belle santé, que vous avez vue si triomphante, a reçu quelques attaques dont je me suis trouvée humiliée, comme si j'avois reçu un affront.

« Pour ma vie, vous la connaissez aussi. On la passe avec cinq ou six amies dont la société plaît, et à mille devoirs à quoi l’on est obligé, et ce n’est pas une petite affaire, mais ce qui me fâche, c’est qu'en ne faisant rien les jours se passent, et notre pauvre vie est composée de ces jours, et l’on vieillit, et l’on meurt. Je trouve cela bien mauvais, je trouve la vie trop courte, à peine avons-nous passé la jeunesse, que nous nous trouvons dans la vieillesse. Je voudrois qu’on eût cent ans d’assurés, et le reste dans l'incertitude. Ne le voulez-vous pas aussi ? Mais comment pourrions-nous faire? »

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