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donné centexemples : enfin, je n’ai que Villebrune dans la tête.
« Adieu, ma très chère, le beau temps continue ; si je n'étois poule mouillée, je regretterois les Rochers, mais puisque je crains le serein et qu'il faudroit passer toutes les belles soirées dans ma chambre, les longs jours me feroient mourir d’ennui, etje m'en vais. Il faut une grande santé pour soutenir la solitude et la campagne ; quand je l’avois, je ne craignois rien, mais présentement je crains les vapeurs de la rate.
« Je vous embrasse, ma très chère, et le comte. Je suis si lasse de cette chienne d’écriture que, sans que vous croiriez mes mains plus malades, je ne vous écrirois plus que je ne fusse guérie. Cette longueur est toute propre à mortifier une créature qui, comme vous le savez, ne connaît quasi pas cette belle vertu de patience; mais 1l faut bien se soumettre quand Dieu le veut. C’est bien employé, j'étois insolente ; je reconnois de bonne foi que je ne suis pas la plus forte. »
517. DE LA PETITE PERSONNE SOUS LA DICTÉE DE Mne DE SÉVIGNÉ À Me DE GRIGNAN.
Aux Rochers, ce dimanche 22° mars 1676.
« Je me porte très bien; mais pour mes mains, il n’y à ni rime ni raison.
« Hormis mes mains dont je n’espère la guérison que quand il fera chaud, vous ne devez pas perdre encore l’idée que vous avez de moi,
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mon visage n’est point changé ; mon esprit et mon humeur ne le sont guère ; je suis maigre et j'en suis bien aise ; je marche et je prends l'air avec plaisir, et si l’on me veille encore, c'est parce que je ne puis me tourner toute seule, mais je ne laisse pas de dormir. Je vous avoue bien que c’est une incommodité, et je la sens un peu ; mais enfin, ma fille, il faut souffrir ce qu'il plaît à Dieu, et trouver encore que je suis heureuse d’en être sortie, car vous savez quelle bête c’est qu'un rhumatisme.
« L'on dit que je vais reprendre le fil de ma belle santé : je le sonhaïite pour vous, ma très chère, puisque vous l’aimeztant ; je ne serai pas trop fâchée aussi de vous plaire en cette occasion.
« Vous croyez que nous avons ici un mauvais temps, nous avons le temps de Provence...
« J'ai bien profité de cette belle saison, dans la pensée que nous aurons l'hiver dans le mois d'avril et de mai, de sorte que c’est l'hiver que je m'en vais passer à Paris. Au reste, si vous m'avez vu faire la malade et la délicate dans ma robe de chambre, dans ma grande chaise, avec des oreillers et coiffée de nuit, de bonne foi vous ne reconnaîtriez pas cette personne qui se coiffoit en toupet, qui mettoit son busc entre sa chair et sa chemise, et qui ne s’asseyoit que sur la pointe des sièges pliants; voilà sur quoi je suis changée.
« Je pars mardi, les chemins sont comme en été, mais nous avons une bise qui tue mes mains;
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il me faut du chaud, les sueurs ne font rien. Je me porte très bien du reste, et c’est une chose plaisante de voir une femme avec un très bon visage, que l’on fait manger comme un enfant : on s’accoutume aux incommodités. »