‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 6 sur 134 · NES RE · texte numérisé non relu

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sant... Après la pièce admirable de la colique, on nous a donné une convalescence pleine de langueur, qui est, en vérité, fort bien accommodée au théâtre. Je passe légèrement sur bien des choses pour ne point trop écrire. »

Voici quelques lignes bien vécues. Si les hommes changent et passent, les mœurs ne changent guère et Vichy nous offrirait encore bien des Sybille Cumée et des Brissac.

Voici sur sa mort quelques détails extraits de la biographie de M. Paul Mesnard : « Au mois d'avril, elle fut atteinte de la petite vérole. Elle était au château de Grignan. M'° de Martillac, pour qui elle avait été toujours pleine de bonté, lui donna ses soins avec une affection et un dévouement que la crainte de la contagion n’effraya pas. Il y avait une autre personne qu'il eût été bien plus doux encore à M®° de Sévigné de voir près de ce lit où elle comprit, dès les premiers moments, qu’elle allait mourir. M"° de Grignan était sous le même toit. D'où vient qu’elle resta éloignée de sa mère ? Il fut possible qu'elle fût alors elle-même trop malade, et qu'elle eût été trahie par les forces de son corps, quoique le lit d’une mère soit pour les enfants ce qu'est

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pour le guerrier le champ de bataille où l’on doit se traîner mourant... Qu'il dut être douloureux pour une telle mère de n’avoir près d'elle, pour consoler ses derniers regards, aucun de ses enfants ! [Il nous semble qu'elle dut penser plus d’une fois : « Si j'étais morte aux Rochers, mon fils serait là. » Mais sa mort si près et si loin de sa fille était peutêtre plus d'accord avec sa vie (17 avril 1696).

&« On craignait tellement la contagion de cette maladie, qu’elle fut inhumée précipitamment. On n’osa pas déposer le cercueil dans le caveau de l’église, mais on ouvrit pour l'y placer, une fosse qui fut couverte de maçonnerie, dans le chœur à gauche de l’autel.

« On a dit que le crâne de M" de Sévigné avait été soumis à l'examen de Gall, qui en avait jugé défavorablement les protubérances, sous le double rapport de l'intelligence et de la sensibilité. Nous pensons que la sagacité du crâniologue wurtemburgeois s’est exercée sur une tête qui n’est pas celle de l'illustre épistolaire. Nous avons sous les yeux un procès-verbal rédigé, le 25 août 1816, par lemaire de la ville de Grignan, en présence du curé, du juge de paix et d’un adjoint. Il en résulte :

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1° qu’à l'entrée du chœur de l’ancienne église collégiale, on voit à gauche une table de marbre blanc, sur laquelle est gravée l'épitaphe suivante :

Ci-git Marie DE RaBuTIN CHANTAL Marquise ne SÉVIGNÉ Décédée le 18 avril 1696.

2° que parmi huit vieillards convoqués, celui qui est le mieux instruit des traditions locales, qui même a connu plusieurs témoins des funérailles de M"° de Sévigné, a déclaré que tous ces témoins s’accordaient à dire que cette dame était morte d'une petite vérole si maligne, que sa famille non seulement n'avait pas eu le temps de se procurer un cercueil de plomb, mais avait été obligée de la faire inhumer avant l'expiration des délais ordinaires ; que le chapitre avait décidé qu'elle ne serait point déposée dans le caveau de l’église, d’où il pourrait s'élever des exhalaisons pestilentielles, et que, pour concilier les derniers honneurs à lui rendre avec les

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précautions dues à la salubrité, on ouvrirait dans le chœur une fosse qui serait couverte de maçonnerie; 3° enfin il résulte de cet acte de notoriété, que la sépulture de M" de Sévigné n’a point été violée en 1793, comme on l’a prétendu, puisqu'il n’a été touché ni à la tombe, ni à la maçonnerie qui la couvrait ; que les ossements enlevés du caveau ne peuvent donc être les siens. » Bibliographie universelle, 242, 1825.

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D’après sa Correspondance G)

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