HE LUE
une bagatelle pour moi; il me fait des merveilles ; j'avois auprès de moi mon joli médecin, qui me consoloit beaucoup; il ne me dit pas une parole qu'en italien; il me conte pendant toute l’opération mille choses divertissantes ; c’est lui qui me conseille de mettre mes mains dans la vendange, et puis une gorge de bœuf,et puis, s’il en est encore besoin, de la moelle de cerf, et de la reine de Hongrie. Enfin je suis résolue à ne point attendre l'hiver, et à me guérir pendant que la saison est encore belle, Vous voyez bien que je regarde ma santé comme une chose qui est à vous, puisque j'en prends un soin si particulier.
« Pour ma santé, ma chère enfant, elle est comme vous le pouvez souhaiter; et quand Brancas dit que je n’y songe pas, c'est qu’il voudroit que j'eusse commencé dès le mois de juillet à mettre mes mains dans la vendange; mais je m'en vais faire tous les remèdes que je vous ai dit, afin de prévenir l'hiver, »
DE Mme DE SÉVIGNE À Me DE GRIGNAN.
À Paris, chez la bonne d’Escars, vendredi 4e septembre 1676.
Je reçois un billet de d'Hacqueville, qui me croit à Livry; mais je craindrois de me trop échauffer, je n’en n'ai nul besoin. Je m'en vais guérir paisiblement mes mains pendant ces vendanges ; je reçois ces marques de son amitié avec plaisir, mais je ne veux point lui obéir : j'ai bien des auteurs graves de mon parti; et ce qui vaut mieux que tout, c’est que je me porte bien. »
EC: es /