‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 92 sur 134 · DE Mne DE SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE Mne DE SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN

A Vichy, mardi 21° septembre 1677.

« Je me porte à merveille, hors que je n’ai pu souffrir la douche ; c’est que je n’en avois nul besoin cefte année, et qu’elle prenoit trop sur moi. Je finis demain mes eaux ; je me purge jeudi, vendredi à Langlar. Adieu, ma très chère enfant ; j'embrasse les Grignans, grands et petits. »

(1) Allusion, sans doute, soit à l’étuve où Sénèque se fit porter pour mourir et où il fut étouffé par la vapeur, soit à ces bains dont il parle assez longuement dans son épitre LXXXVI.

A Vichy, mercredi au soir 22° septembre 1677.

« Ma très chère, au nom de Dieu, rapportezmoi votre bonne santé et votre joli visage ; car je ne puis m'en passer, ni vous permettre d’être changée à l’âge où vous êtes. N’espérez donc point que je sois traitable sur cette maigreur, qui marque visiblement votre mauvaise santé; la mienne est admirable. Je finis demain toutes mes affaires, je prends ma dernière médecine. J'ai bu seize jours ; je n'ai pris que deux douches et deux bains chauds ; je n'ai pu soutenir la douche ; j’en suis fâchée car j'aime à suer, mais j'en étois trop échauffée et trop étourdie : en un mot, c’est que je n’en ai plus besoin, et la boisson m'a sufli et fait des merveilles... Pour mes mains, ma fille, elles sont mieux, et cette incommodité est si petite, que le temps est le seul remède que je veuille souffrir. »

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