‹ Madame de SommervilleChapitre 35 sur 41 · SECONDE PAS 1 1K · texte numérisé non relu

SECONDE PAS 1 1K

meurtri ; c'était elle. Des pâtres l'avaient recueillie demi-morte sur le bord d'un sentier. Dans ma joie de la retrouver vivante, j'allai m'agenouiller à ses pieds; je l'enlaçai de mes l^ras ; comme autrefois , je l'appelai des noms les plus tendres. Elle cependant, ses grands yeux attachés sur moi avec cette fixité du regard particulière à la folie, ne répondait à mes paroles que par un doux sourire étQnné , mille fois plus effrayant que les emportements de la colère. Je la crus folle, je me crus moimême près de perdre la raison. — Parle-moi ! réponds-moi! m'écriai-je avec désespoir. C'est moi, c'est Fcrnand qui t'aime ! — A ces mots, passant une main sur son front, de l'air d'une personne qui cherche a se ressouvenir, elle resta quelques instants à m'examiner avec inquiétude; puis tout à coup ses traits se contractèrent , un cri terrible sortit de sa poitrine, elle s'arracha de mes bras, et tomba roide sur le carreau.

Je la relevai et la portai au grand air. Le froid de la nuit la réveilla. Je l'avais déposée sur T herbe et je réchauffais ses mains glacées sous mes baisers. Revenue à elle, son premier mouvement fut de s'enfuir, je la retins par une étreinte passionnée. «Fernand, vous m'avez

Page 1