‹ Madame de TencinChapitre 178 sur 200 · I. — TESTAMENT DE M. DE LA FRESNAIS · texte numérisé non relu

I. — TESTAMENT DE M. DE LA FRESNAIS

\. Le Testament de Charles-Joseph de La Fresnais, dont l'original semble perdu, nous a été conservé par plusieurs copies du xvni" siècle -. J'en ai vu deux : l'une que Mathieu Marais a fait prendre quelques semaines après la mort du conseiller et qu'il envoya à son ami le Président Bouhier, à Dijon [Correspondance [66 A], VU, f"' 144-5; pièce reproduite dans l'édition du Journal [66 B], III, 414-6) ; l'autre, qui paraît avoir été revue et corrigée avec plus de soin sur l'original (Bibliothèque Nationale, Mss Clairambaull, n° 1089, i° 119-151). C'est le texte qu'on trouvera ici. Le testament a, d'ailleurs, été réimprimé plusieurs fois; cf. Boisjourdain, Mélanges historiques [140], II, 41-44, etc.

Sur l'avis et les menaces'que m'a fait depuis longtemps Mme de Tencin de m'assassiner ou de me faire assassiner, et que j'ai même cru qu'elle exécuterait, il y a quelques jours, sur ce qu'elle m'emprunta un de mes pistolets de poche que j'ai eu le courage de lui donner; et, comme, de ma. connaissance particulière, elle a fait tout ce qu'elle a pu

I. Dans ces appendices, les pièces qu<! je crois entièrement ou en partie inédites ont été inaitiuées li'un astérisque ('). '2. Cf. bibliothèque de La Rochelle, Mss, n" iVil, i" 54.

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pour faire assassiner M. de Nocé^ et que son caractère la rend capable des plus grands crimes, j'ai cru que la précaution de faire mon testament, ainsi qu'il en suit, était très convenable.

Je déclare que je veux vivre et mourir dans la foi catholique, apostolique, romaine, dans laquelle je persévérerai jusqu'au deinier moment de ma vie.

J'ai le cœur pénétré de la plus vive douleur, en voyant que mon bien suflit à peine pour payer mes dettes. Mais j'ai perdu plus de 50 000 francs dans le cours de l'année 1724 s, et, depuis ce temps, j'ai vécu avec la plus grande économie, me plaignant [sic] même le nécessaire, pour tâcher de payer mes dettes ; j'ai rempli enfin tout ce qu'exige de moi la probité, j'en prends à témoin tous ceux avec lesquels j'ai vécus. Je déclare que M. Cottin» m'a crédité de 80 000 francs reçus de M. de Saint-Marc, sans que M. de Saint-Marc l'ait approuvé en aucun temps. Ainsi, M. Cottin reste débiteur de M. de Saint-Marc en cette partie; c'est un témoignage que ''ai toujours cru devoir à la vérité.

Mme de Tencin a à moi appartenant entre ses mains un certificat de dix actions primées par le S"' Chabert pour mon compte, ainsi qu'il le déclarera; outre cela, elle a un transport de .")0 000 francs sur l'île de Ré, que j'ai acquis de M. Poucet et mis sous son nom. M. Jourdain, qui a passé le contrat, a fait passer la contre-lettre à mon profit*; elle a encore un contrat de 45 000 francs, ou du moins une obligation passée par M. de Masseau à mon profit, dont je lui ai fait un transport simulé. M. Chèvre, qui a passé le transport, a fait passer la contre-lettre ^ : l'un et l'autre le décla-

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