Id., lettre du 25 mai 1723 [51], 648, f
6. Tencin à sa sœur, juillet 1723 [49], 320 ; août 1723, 333,
3G MADAME DE TENGIN.
abstrait, sérieux ; je me crois le plus souvent très ennuyeux. Ce que je veux faire un peu bien me coûte infiniment, et ce bien n'est jamais que médiocre* ». — « Je sens visiblement que je baisse, lui confesse-t-il un autre jour, tirez-moi d'ici. .. ma santé s'use; dix ans de vie valent mieux que toute la fortune que je pourrais faire - ». Et, comme elle essaie de stimuler en lui les ambitions qui dorment : « Je suis un sot, je l'avoue, lui répond-il ; l'ambition, loin de se réveiller en moi, s'éteint tous les jours davantage. Je ne désire bien réellement et bien sincèrement que de me retirer et vivre tranquillement* ».
Elle, qui a besoin de lui et de sa gloire, le secoue et le réconforte tout ensemble ; elle le virilise, lui rend confiance en soi-même, et lui persuade « qu'il vaut quelque chose ». Il n'est service, petit ou g-rand, qu'elle ne soit prête à lui rendre. S'il a besoin d'un cuisinier français, elle saura utiliser le courrier ministériel et faire voyager son homme aux frais de l'Éminence\ Si de vieilles histoires circulent dans Paris, qui rappellent fâcheusement le souvenir de l'abbé, l'indig-nation vertueuse de la sœur saura répandre le contrepoison ^. S'il faut entretenir la bienveillance du Sacré-Collèg-e à l'ég-ard du chargé d'affaires de France, elle écrira aux cardinaux les plus respectueuses, les
i. Id., mai 1724 [49], 335.