Tencin à sa sœur, octobre
3. Dubois à Tencin, dépt^cbes du 27 janvier, 10 février, 3 mars, 14 avril, 12 juin 1722 [51], 638, fo« 44. 117 v», 237; 039, f» 143 v" : 040, f" 130 v°.
4. iNInie de Tencin à Dubois, 7 mars et 12 avril 1723 [12 et 13]. o. Cf., en particulier, l'affaire du courrier de Laffitau : Tencin
avait ouvert un paquet adressé à son ennemi, l'évèiiue de Sisteron : « Je vis, lui écrit Dubois, que le paquet avait été si mal recacheté qu'il n'était pas possible de ne pas reconnaître qu'il avait été ouvert, ce qui me fit prendre la résolution, de concert avec Mme votre sœur, de ne pas faire rendre ce paquet, parce que rien n'est si capital à un minisire que de pouvoir être soupçonné qu'il abuse du secret et de la religion des lettres qui passent par ses mains » (Dépèche du 12 mai 1722 [51], 039, f° 338).
Rome ^ : <( Vous m'avez attiré, Monseig-neur, écrit un jour à Dubois l'abbé tout penaud, une rude mercuriale de Mme de Tencin. Sa colère est une preuve de son respect et de son attachement pour Votre Éminence; jamais personne ne s'est trouvé plus embarrassé qu'elle pour concilier les sentiments qu'elle sait que j'ai pour Votre Éminence avec une faute aussi g-rossière. Je vous prie de la tranquilliser en lui disant que je n'étais point coupable^ ». — « Laissez craindre Mme de Tencin, lui répondait paternellement le cardinal, et soyez assuré que, quand même vous feriez des peccadilles, ce dont vous n'êtes pas capable, rien ne peut diminuer l'estime et l'amitié que j'ai pour vous, et que personne ne vous honore, Monsieur, plus que je fais ^ ».
Gomme il arrive souvent, plus Dubois donnait aux Tencin, plus les Tencin exig-eaient de lui. Chaque jour il devenait davantage prisonnier d'une liaison que sa faiblesse libertine avait d'abord acceptée, et qui maintenant s'imposait à lui avec des sommations presque impérieuses, malg-ré la servilité càUne des flatteries prodiguées : « J'ose dire que vous devez m'aimer », lui écrivait Mme de Tencin, dans une lettre pourtant officielle, en lui réclamant de l'arg-ent*. L'abbé, qui sentait bien que tout son fragile avenir était lié à sa sœur, la poussait toujours plus fortement dans les bras de son patron. Il aimait proclamer la chose jusque dans les audiences pontificales : « Puisque
L Dubois à Tencin, dépèche du 3 mars 1722 [51], 638, f° 237.