‹ Madame de TencinChapitre 34 sur 200 · Id. juin · texte numérisé non relu

Id. juin

Le nouveau pape, Benoît XIII, — que l'abbé, dans ses lettres à sa sœur, appelle irrévérencieusement « un saint ù la vérité, m.ais un saint extravag-ant, un fou ignorantissime, le Père éternel des Petites-Maisons* », — ce très vieux saint homme, bien cajolé par Tencin, lui proposa de le sacrer lui-même, « honneur très distingué que les seuls cardinaux ont coutume de recevoir - ». Le sacre de l'archevêque d'Embrun se fit donc par le pape en l'Ég-lise Saint-Philippe de Néri. Sa Majesté le Roi d'Ang-leterre y assista. La sortie fut plus que digne, elle fut triomphale *.

Mais il était sag-e de se tenir coi, et de se faire oublier quelque temps. Depuis plusieurs années, Mme de Tencin surveillait la faveur naissante de Fleury. Elle avait su « s'accorder » avec lui, et faire « l'acquisition d'un homme aussi vertueux » : Elle était « sûre de lui » ^ Sans faire la chasse aux bonnes grâces passagères de la marquise de Prie, — prudemment, sans bruit, elle orienta sa fortune et celle de son frère vers l'astre à peine levé; et, quand, le 11 juin 172G, le Roi désigna M. de Fréjus pour son premier ministre, les Tencin étaient dans sa clientèle.

-1. Id. Mai et juin 172i [50], 207, [¥J\, 300.

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