‹ Madame de TencinChapitre 35 sur 200 · AFFAIRES D'ARGENT, D'AMOUR ET D'ÉGLISE (172G · texte numérisé non relu

AFFAIRES D'ARGENT, D'AMOUR ET D'ÉGLISE (172G

Jusqu'ici la jolie Alexandrine de Tencin n'a été qu'une étonnante et peu édifiante aventurière. Sa vie est une vie de coulisses, de tripots, d'antichambre et d'alcôve. Ses amants, qui ne sont pas toujours des amants successifs, s'étalent si nombreux et si publics qu'ils ne peuvent même plus s'appeler des amants, et que le vieux nom gaulois, dont les chansonniers d'alors ne se font pas faute de la gratifier, parait à peine un peu vif. Parmi ceux qui ont passé ainsi chez elle, amants à la semaine ou au mois, plusieurs nous sont connus par les médisances des mémorialistes. Quelques-uns, comme on l'a vu, portaient des noms sonores : Le lieutenanl-g-énéral Arthur, comte Dillon, — le Très-Honorable Henry Saint-John, lord vicomte Boling-broke, — Leurs Excellences les ministres plénipotentiaires Prior et Schaub, — Son Éminence le cardinal Dubois, — Son Altesse Royale Monseig-neur le duc d'Orléans. D'autres encore méritent d'être retenus, qui ne sont point sans quelque lustre : C'est l'abbé de Louvois, qui avait intri-

1. Chanson de 1742: On dil qu'on objecte ou Tencin [88 A], 159 ; cf. encore Maurepas [131], IV, 32. Giirani [103], VI, 203, etc.

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g-ué en cour de Rome i)Oiir l'annulation de ses vœux ' ;

— c'est le lieutenant de police, comte d'Arg-enson, dont la laideur aurait dû repousser l'amoin^ et g-arantir l'austérité, mais dont il était si précieux, pour une nonne défroquée, de savoir bander les yeux - ; — c'est le duc de Richelieu, qui ne pouvait voir une jolie femme sans la vouloir pour lui, et qui, incapable de rester un amant fidèle, devint, du moins, un ami sûr^; — le contrôleur Law, que son frère avait converti, et dont elle « convertit » les billets en bon or français* ;

— c'est le maréchal de Médavy, qui ne dédaignait pas desaccéder à Dillon, son lieutenant" ; — Fontenelle le « vieil amant », qui « fut pris, dit-on, sur le fait, comme il nous assure dans quelques-uns de ses profonds ouvrag-es que les philosophes prennent la nature '^ » ;

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