AFFAIRES D ARGENT, D AMOUR ET D ÉGLISE
Si courtoises que fussent ces réponses, ce n'était l'ourtant ni des absolutions, ni suitout des excuses. Mais bientôt on vit courir dans Paris une lettre apocryphe, où l'Éminence se faisait sucre et miel pour Mme de Tencin, et hii prodiguait les compliments les ))lus flatteurs. Il est infiniment vraisemblable que Mme de Tencin avait elle-même rédigé la lettre : c'était là de menues ruses qui la divertissaient. La lettre écrite, elle protestaitauprès du cardinal contre ce qu'elle appelait « l'ouvrag-e de ses ennemis ». Le cardinal, bonhomme, mais point dupe, prenait la peine de lui répondre : « Il est vrai, lui disait-il, que vos amis ont répandu que je vous avais écrit une lettre la plus polie et la plus remplie de marques d'estime et de considération que vous puissiez désirer. On en citait même des traits ; et j'ai fort méprisé cette tracasserie, ayant une horreur pour tout ce qui porte ce nom. Je ne me défendrai pas d'avoir pour vous la politesse qui vous est due; et j'y ajouterai avec plaisir que Dieu m'est témoin que je ne vous veux aucun mal, ni à M. l'archevêque d'Embrun, votre frère. Je connais môme tout son mérite, et le gTé qu'on doit lui savoir du courage et de l'habileté avec lequel il a tenu son concile ; mais il eut été à désirer qu'il eût observé dans les suites cette même conduite. La mienne à son ég-ard a fait voir que j'eusse été fort aise de lui en procurer la récompense; et il y aurait peut-être mieux réussi, s'il se fût abstenu de la vouloir trop presser par des moyens que le Roi ne pouvait approuver. Je ne puis que vous répéter, Madame, que je suis fâché de tout ce qui vous est arrivé aussi bien qu'à lui, et que je n'y ai contribué que
/» MADAME DE TEXCIN.
forcé par l'intérêt du Roi, et pour éviter de plus grands maux * ».
Mais le pire mal n'était-ce pas de rester loin de Paris? Depuis plus de quatre mois qu'elle n'avait pas revu la rue Saint-Honoré, la vie parisienne manquait douloureusement à cette âme agitée. Elle en tomba malade, et Astruc fut tout en émoi''; mais «ce qui s'appelait évêques catholiques firent tant d'instances^ », Mme de Ferriol fut si persuasive *, que Fleury céda ; et Mme de Tencin revint g-uérir sa fièvre dans son salon ". A peine rentrée à Paris, et pour soutenir jusqu'au bout son rôle d'innocente persécutée — comme