‹ Madame de TencinChapitre 58 sur 200 · Maurepas au lieutenant do police Hérault [7C · texte numérisé non relu

Maurepas au lieutenant do police Hérault [7C

2. N.-L. Le Dran, Sur le progrès de la fortune de l'abbé de Tencin [111], 72, f» 87. — Sur Mme d'Augny, cf. les lettres de Mme de Tencin à Richelieu des 3 et 6 janvier 1743 [2], 34 et 39 : « C'est une amie de trente ans; jugez si je suis vive pour elle et

pour ses intérêts ; Mme d'Augny, que nous aimons beaucoup, et

avec qui je suis liée d'amitié depuis ma jeunesse ».

3. Cf. Lettres de Mlle Aïssé {'o'è], 172,241, 257. — « l'ourriez-vous me prêter Ablon » ? demande Bolingbroke à Mme de Ferriol, le 29' mai 1720 [42 B], III. 53.

AFKAlUES I) AlUiENT, 1) AMOLK KT I) KCil.lSK. 75

suppliait du moins que sa disgrâce ne fût pas ébruitée, cl que le lieutenant de police restât discret. — Le cardinal répondit honnêtement, mais sans se laisser convaincre : « Le Roi, lui disait-il, a bien voulu vous éparg"ner le chagrin d'un ordi^e de sa part, qui eût pu vous faire quelque tort dans le monde, et je puis vous assurer qu'excepté M. de Maurepas et M. Hérault, personne au monde n'en est instruit. Si vous voulez me donner votre parole de n'avoir aucun commerce ni direct ni indirect avec aucun de MM. les évêques qui sont ici sur quelque sorte d'affaire que ce soit, et ne vous occuper uniquement que de votre santé et de vos intérêts personnels ou ceux de votre famille, je tâcherai d'obtenir du Roi que vous demeuriez à Ablon à cette condition. Si vous gardez le secret de votre côté, il sera du mien rig-oureusement observé Il n'est pas question. Madame, de la liste de toutes les personnes que vous voyez; et je n'ai rien à dire contre personne en particuHer : je les crois tous gens de mérite et de probité ; mais vous me permettrez de vous dire qu'il s'en faut beaucoup que vous meniez une vie retirée et que vous ne vous mêliez de rien. 11 ne suffit pas d'avoir de l'esprit et d'être de bonne compag-nie; et la prudence demande qu'on ne se mêle — et surtout une personne de votre sexe — que des choses qui sont de sa sphère. Le Roi est informe avec certitude que vous ne vous renfermez pas dans ces bornes ; et c'est pourquoi je vous prie instamment, comme je l'ai déjà fait, d'éviter tout soupçon et tout prétexte de vous accuser de manquer aux ordres du Roi là-dessus » '.

1. Lettres des 7 et 15 juin 1730 [75]. f»» 88 v» -91. Le Dran ne

Mais Mme de Tencin s'obstinait à faire l'innocente: les reproches de P''leury lui causaient une douleur insupportable; elle ne pouvait accepter de « laisser h Son Eminence une impression si désavantag-euse de sa sincérité » : « Il faut, lui écrivait-elle, que je n'aie pas assez marqué la distinction que je fais entre savoir les choses et s'en mêler. Je suis trop attachée à mon frère pour avoir ig-noré ses démarches; j'ai reçu ses lettres; j'ai distribué quelques-uns de ses ouvrages imprimés; mais tout cela n'est pas faire des intrig-ues, ni se mêler, contre la bienséance de mon sexe, des allaires en question; et, mon frère étant dans le parti de l'Église et de l'Etat, je n'ai pas cru ni dû soupçonner qu'il fît rien contre les vues du Gouvernement; j'ai su en particulier son dessein de se séparer de communion d'avec M. de Montpellier, mais... j'ose protester devant Dieu qu'il ne s'est fait chez moi, pour cela ni pour autre chose, aucune assemblée d'évêques, ni en g-énéral d'ecclésiastiques ; et, si j'avais pu me faire quelques reproches à cet ég-ard, je vous aurais, Monseig-neur, avoué ma faute ing-énument, bien assurée du pardon, par la confiance que j'ai en la bonté naturelle de votre cœur et en la bienveillance particulière dont vous m'avez toujours honorée »'. Que faut-il admirer davantage: « l'ing-énuité » de la dame et l'énerg-ie douloureuse de ses nég-ations, ou la courtoisie du vieux cardinal, qui répond sans se lasser <à toutes les lettres de la soi-disant exilée?

reproduit in-extenso que les lettres de Fleury, et se conteute de résumer celles de Mme de Tencin.

Page 1