‹ Madame de VandeuilChapitre 7 sur 19 · LE DUC DE PENTHIÈVRE · texte numérisé non relu

LE DUC DE PENTHIÈVRE

gracieux fantôme suspendu au bras de la duchesse de Modène : c'était sa jeune belle-sœur, la princesse Malhilde , qu'il ne connaissait pas et qu'il avait vue, le matin, pour la première fois.

La duchesse de Penlhièvre revivait en effet tout entière dans sa jeune sœur. C'étaient les mêmes traits, les mêmes attitudes, le même charme, le même son de voix. Deux roses épanouies sous le même rayon et sur la même tige , deux colombes écloses à la même heure et dans le même nid, ne se ressemblent pas mieux entre elles. C'étaient aussi les mêmes goûts, les mêmes instincts, le même parfum du cœur et de l'âme, à ce point que le duc aurait pu aimer la princesse Mathilde sans être infidèle à la mémoire de la duchesse de Penthièvre. Il arriva ce qui devait arriver: il l'aima.

Il l'aima d'abord à l'insu de lui-même ; longtemps il pensa n'aimer en elle qu'un souvenir. Aussi s'abandonna-t-ii sans défiance au charme de ce culte nouveau qu'il croyait être la religion des morts. Il n'était venu que pour quelques jours : il s'oublia des mois entiers à la cour du duc de Modène. De son côté , la princesse Mathilde obéissait aux séductions involontaires qu'exerçait sur elle le prince étranger. M. de Penthièvre était jeune et beau , et , s'il faut en croire le portrait

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