LE DUC DE PENTHIÈVRE
de myrtes verts et de iauriers-roses. Il sortit au soleil levant et se prit à errer dans les allées. Ces lieux étaient remplis de son amour et de ses regrets : à chaque pas il retrouvait la chère image; ses pieds d'enfant avaient couru sur ce sahle fin et doré ; elle avait rêvé sous ces bosquets ombreux; ce n'était pas le parfum des fleurs, mais son âme qu'il respirait. Il marchait donc, faisant lever les souvenirs, comme des oiseaux, sous ses pas^ il marchait ému, attendri, lorsqu'il s'arrêta soudain, éperdu, tremblant, les bras tendus vers une apparition céleste. C'était elle, c'était la duchesse de Penthièvre, non triste, pâle et fléirie, comme il l'avait vueâ son heure suprême, mais jeune , mais belle , mais charmante , telle enfin qu'elle lui était apparue pour la première fois dans toute la splendeur de sa beauté et de sa jeunesse ! Le prince jeta un cri : à ce cri, l'ombre effarouchée s'échappa ; vainement il essaya de la poursuivre et de l'atteindre ; ses pieds ailés n'effleuraient pas la terre , et sa robe blanche disparut bientôt au travers des citronniers et des cytises. Le duc de Penthièvre se laissa tomber sur un banc de gazon et demeura longtemps anéanti. Était-ce une illusion des sens ? un mirage de l'amour ? l'erreur d'une imagination exallée? Lorsqu'au bout de quelques heures il rentra au palais, il aperçut le