‹ Madame de VandeuilChapitre 9 sur 19 · A8 LE DUC DE PENTHIÈYBE · texte numérisé non relu

A8 LE DUC DE PENTHIÈYBE

sans se Tavouer chacun à soi-même^ Leurs âmes se rencontraient dans la même douleur, leurs larmes coulaient de la même source, leurs cœurs souffraient de la même blessure. Elle croyait n'aimer en lui que Tépoux de sa sœur, il croyait n'aimer en elle que Timage de son épouse. Ainsi tous deux s'habituèrent à mêler et confondre leurs idées et leurs sentiments; ainsi Tun et l'autre en arrivèrent un jour à sentir, à comprendre, à s'avouer enfin qu'ils s'aimaient. Au lieu de s'irriter de ce nouvel amour, la duchesse de Penthièvre dut s'en réjouir dans la tombe ; car n'étaitr^e pas elle en effet qu'on aimait une deuxième fois ? Cet amour n'était-il pas le plus beau, le plus tendre hommage que pût recevoir sa mémoire ?

M. de Penthièvre demanda la main de la princesse Maihilde au duc et à la duchesse de Modène, qui la lui accordèrent d'un commun et joyeux accord, tant ils étaient pénétrés d'estime et d'affection pour ce grand caractère , tant ils savaient que leur fille ainée avait goûté près de ce prince toutes les joies que peuvent donner sur la terre la tendresse la plus pieuse et l'amour le plus dévoué ! Il ne s'agissait plus que d'obtenir de la cour de Rome les dispenses nécessaires à la célébration du mariage. On ne doutait pas que le

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