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saint-père ne les accordât avec empressement. Le dac de Penthièvre partit donc aussitôt pour Rome, à celte (in de les solliciter.
Le pape Benoit XIV ( Prosper Lamhertini) le reçut avec bonté, Técouta avec bieuTeil lance, et lui répondit avec affabilité qu'il en référerait à la chambre apostolique. Le duc de Penthièvre pensa que ce n'était qu'une formalité â remplir, et loin de s'en inquiéter autrement, il écrivit à la princesse Mathilde une lettre pleine d'amour et d'espoir. Il semblait avoir retrouvé, avec l'image de sa première épouse, tous les trésors de la jeunesse. Il se faisait en lui comme un nouveau printemps, ainsi qu'il l'écrivait lui-même.
f Non, chère princesse, ajoutait-il en terminant, notre union ne saurait offenser Dieu, qui nous voit nous aimer dans la pureté de nos cœurs.
Elle ne saurait non plus troubler l'ombre de votre sœur ; mais , au contraire , le tableau de notre bonheur réjouira son àme dans le ciel. Cette àme tendre vous bénira pour avoir continué son œuvre. Elle sait déjà que ce n'est pas un lien nouveau que je veux former ; que c'est le même qui se renoue ; qu'en vous aimant je lui suis fidèle. C'est elle que je cherchais , que je retrouve en vous , et que j'épouserai pour la deuxième fois. Dieu a pensé
ilO LE DUC DE PBNTHIÈTRE.
sans doute que c'était trop pour la terre de deux créatures si parfaites : qu'il soit béni , puisque , m'ayant ravi dans sa rigueur la meilleure moitié de moi-même, il me Ta rendue presque aussitôt dans son inépuisable bonté. >
Cependant les semaines s'écoulaient. Un jour enfin, le cardinal Pozzobonelli vint présenter au duc de Penthièvre la décision du consistoire. La chambre apostolique avait déclaré que le mariage entre beaux-frères et belles-sœurs étant contraire à Tesprit de TÉglise, on ne pouvait en accorder la dispense que dans le cas où il faudrait absolument réparer un scandale public ; qu'autrement on ne pouvait permettre ni autoriser ces sortes de mariages.
A cette déclaration inattendue, le duc de Penthièvre demeura atterré. Le cardinal Pozzobonelli était de ceux qui pensent qu'il est avec le ciel des accommodements. Voyant la douleur du prince, il dit en souriant qu*il n'y avait pas lieu de se désoler de la sorte, et, partant de là, l'Éminence lui fit comprendre que rien n'était si facile que de concilier son attachement terrestre avec son respect pour la cour de Rome. Ne pouvait-il s'entendre, par exemple , avec la princesse Mathilde pour simuler un tête- à -tète amoureux? Le duc de