‹ Madame de Warens, et J.-J. RousseauChapitre 109 sur 139 · La rive droite (suisse) du Léman · texte numérisé non relu

La rive droite (suisse) du Léman

2. Correspondance et Œuvres inédites, p. 399. En 1763, M. de Conzié était l'un des syndics (maires) de la ville de Ghambéry.

gère, ne peut me devenir indifférente; je lui reste attaché par un tendre souvenir et je n'oublie d'elle que ses outrages. Puisse-t-elle prospérer toujours et voir augmenter sa gloire! Puisse-t-elle abonder en citoyens meilleurs et surtout plus heureux que moi! (Lettre CCGVI).

Peu de jours auparavant, M. de Gonzié s'était rendu dans la terre d'Altemogne, au pays de Gex, à l'occasion de la mort de son frère consanguin. Il invite Rousseau à venir le rejoindre à Genève ou bien à Arenthon afin qu'il puisse l'emmener aux Charmettes.

D'Allemogne, ce 28 avril 1763.

Me voicy mon respectable amy dans la terre de mon neveu, limite de votre patrie, pour lui aider dans les embarras que lui laisse la mort de son père. Si ma présence ne lui étoit pas si nécessaire, et mon prompt retour à Chambéry si indispensable, j'aurois sûrement entrepris la route de votre séjour, qu'on m'a assuré être charmant, pour vous y aller embrasser; mais cette douceur ne m'est pas permise pour le présent. Ne pourriez vous point, cher ami, me dédommager de cette fâcheuse privation en me venant joindre à Genève ou dans ma terre d'Arenthon, qui n'en est qu'à deux lieues, d'où je vous conduirais aux Charmettes dans une petite cellule qui assortiroit votre goût pour la simplicité; je compte m'y rendre le 10 du mois prochain. Si vous pouvez accorder cette faveur à mon cœur, mandez le moy par le premier courier et vos arrangements, en m'adressant votre réponse à Genève, où en passant j'ay vu votre lettre à M. de Be'aumont ! ; rien selon moy n'y manque que de

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