Confessions, livre IV
tude, il décrit fort exactement les lieux où se sont passées les scènes importantes de sa vie : les maisons habitées par madame de Warens, les gorges de la route des Échelles, la cascade de Gouz, le paysage des hauteurs du Monte, à Turin \ L'on peut donc s'étonner que si, fort justement, il ne parle que de madame Galley, M. Galley étant mort depuis six ans, s'il rappelle avec vérité le pauvre mobilier de la cuisine de la grangère, les bancs et l'escabelle de bois, l'absence de vin dans cette vallée qui n'en produit pas, il ait donné le nom de Toime (Thônes) au manoir des Galley, alors que c'est celui d'un gros bourg dont l'église et le clocher s'aperçoivent assez longtemps avant l'arrivée. Il est surprenant qu'il ait qualifié de ruisseau, en juin surtout, la belle rivière du Fier, qu'il n'ait pas rappelé le pont de Saint- Glair, la cascade de Morette,et décrit, au moins en quelques traits rapides, les quatre à cinq lieues de la route si pittoresque qu'il eut à
1. Nous avons reproduit sa description au chapitre m. — M. André Theuriet, dans son roman Deux sœurs, a décrit à son tour la vallée du Fier; il a remplacé la cueillette des cerises par celle des raisins, et par celle des figues que l'on trouve au village de Dingy... lorsqu'on les y a portées.
parcourir. Les charmes des deux promeneuses auront, cette fois, distrait son attention; ce sera son excuse.
.Mademoiselle de Graffenried, dit Rousseau, était fort aimable. Mademoiselle Galle}-, d'un an plus jeune qu'elle, était encore plus jolie, elle avait je ne sais quoi de plus délicat; elle était en même temps très mignonne et très formée1.
François-Marie Galley, ou de Galley, coseigneur de la vallée des Clefs, avait épousé le 20 mars 1708, Charlotte de Menthon de Mareste ou du Marest; il mourut le 9 janvier 1724, laissant cinq enfants vivants, deux garçons et trois filles \ L'aînée, Claudine, était née à