Madama di Warens, Appunti storici e schiarimenti délia
A la réception de cette lettre, le roi donna des ordres pour que le titre de la pension fût constitué, et le secrétaire du roi, Lanfranchi, écrivit à M. de Gregory, directeur des finances :
Je vous transmets le billet royal du 18 septembre 1726 par lequel Sa Majesté établit une pension de quinze cents livres à madame de Warens. Sa Majesté m'ordonne de vous dire de vous borner à donner les ordres nécessaires pour faire jouir cette dame de sa pension à Annecy, où elle se trouve actuellement.
Si l'on en croit le Père Bouclet, ce fut peu de temps après la conversion de madame de Warens, qu'elle reçut une pension de deux cents livres de l'évêque de Maurienne, monseigneur François-Hyacinthe de Masim de Valpergue. Ce prélat la lui aurait fait servir jusqu'au moment où il mourut, septembre 1746. Ses héritiers ne la lui continuèrent pas, sans doute parce qu'elle n'avait pas été constituée par un titre régulier l. Suivant le même
vita di lei e dei lïbri II e III délie Confessioni di G. G. Rousseau, par A. D. Perrero, dans le tome III (p. 385 et suiv.) de Curiosità e Ricerche di S(o7-ia subalpine, (Torino,Bocca, 1878). 1. M. Boudet dit bien qu'aux termes du testament de l'évêque, la pension devait être continuée après sa mort.
10 MADAME DE W'ARENS
auteur, « les libéralités royales n'ôtent point à madame de Warens, le mérite d'avoir abandonné de grands biens et une situation brillante au sein de sa patrie, pour suivre le Seigneur dans une terre étrangère ». Il ajoute que le roi lui offrit « d'augmenter sa pension pour la mettre en état de vivre d'une manière conforme à sa naissance si elle voulait entrer au palais, au service de la reine, mais madame de Warens témoigna qu'elle était désormais insensible aux honneurs et aux faveurs de la fortune ».
Illusions de panégyriste !
En 1726, l'humeur de la reine Anne d'Orléans, femme de Victor Amédée II, était devenue fort difficile; elle n'aurait pas supporté auprès de sa personne une nouvelle comtesse de Verrue, à supposer que madame de Warens eût été de force à jouer un tel personnage. A la fin de l'année, le roi, répondant aux souhaits de bonnes fêtes que M. de
mais il est probable qu'il a été mal informé. M. Angleys (Histoire des évêques de Maurienne), qui a fait connaître les principales dispositions testamentaires de monseigneur de Mazim, ne parle pas de madame de Warens et nos propres recherches ne nous ont rien fait découvrir qui confirme l'allégation de M. Boudet.
Bernex lui avait adressés, se borne à enregistrer le bon effet que les conversions opérées à Évian dans l'été précédent auraient produit et ne fait aucune allusion à de nouvelles faveurs :
... La confiance que nous avons en vos prières est toute particulière. Nous avons appris avecplaisir que les conversions de ceux qui ont embrassé notre sainte religion pendant notre dernier séjour à Evian ayent produit le bon effet que vous nous avés marqué et en vous assurant de la continuation de notre protection, nous prions Dieu, etc.. . Tarin, ce 30 décembre 172(>.
Signé : V. Amédée; Contresigné : Mellarède '.
Lorsque après l'abdication de son père, en septembre 1730, Charles Emmanuel III monta sur le trône, ni lui, ni la reine Anne Polixène ne purent avoir l'idée d'appeler à la cour, même dans une situation inférieure, l'énigmatique prosélyte 2. Nous verrons d'ailleurs qu'elle eut quelque peine à obtenir le service régulier de sa pension.
Pour satisfaire ses instincts de Grandeur