L'original est à la Bibliothèque publique de Chambéry
suivante, boira en secret le vin d'Arbois de M. de Mably, il ne dut pas attacher d'importance à l'acte de gourmandise de Bernard Dumoulin.
C'est dans l'hiver de 1739 à 1740, et auxCharmettes, que Rousseau a dû achever Narcisse, composer les Prisonniers de guerre \ ainsi qvCIphis et Anaxarète, opéra-tragédie, qu'il jeta au feu {Confessions, livre VII).
Madame de Warens avait fait des réparations assez importantes à la maison de M. Noëray, et en projetait d'autres; non pour Rousseau, car elle s'occupait toujours de lui trouver un emploi, mais pour elle même et Wintzinried. Le bail du 6 juillet 1738 portait formellement que si madame de Warens faisait quelques réparations et améliorations aux biens, ces ouvrages seraient acquis au bailleur. Pensant que cette clause ne se rapportait pas à la maison, elle prétendit qu'à la fin du bail, M. Noëray devrait lui tenir compte de ses
1. Signalons ces mots de Dorante à la fin de la scène première : « Pour éviter que mes lettres ne soient ouvertes à la poste, mademoiselle Claire a bien voulu se charger de les recevoir sous une adresse convenue, et de me les remettre secrètement ». On voit ici la préoccupation des personnes soupçonnées de regarder en arrière et soumises à un espionnage auquel elles s'efforcent d'échapper.
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dépenses. Un procès était près de s'engager lorsque, le 10 mars 1740, un accord intervint entre eux. Les réparations furent évaluées à mille livres, et il fut convenu que M. Noëray et ses héritiers seraient tenus de renouveler le bail aux conditions premières et deviendraient dans ce cas propriétaires des réparations sans indemnité, ou bien payeraient les mille livres si, à une époque quelconque, ils refusaient le renouvellement f.
Si l'on en croit M. Senebier 2, Jean-Jacques n'aurait pas été occupé alors exclusivement des choses de l'esprit. Subissant l'influence de madame de Warens, il n'aurait pas dédaigné d'être directeur de diligences publiques.
... Rousseau commence à faire des projets; il envoi*' au ministre du roi de Sardaigne un plan de diligences de voitures, pour les marchandises de transit venant de France, Suisse, Allemagne, Genève, au delà du Mont- Cenis et du Milanais, Genovésat, Ligurie et Piémont; il espérait en être l'administrateur : cela ne réussit pas. Alors il entra dans la maison de M. de Mably à Lyon...
1. Acte du 10 mars 1*740. reçu par le notaire Genin, à Chambéry dans la maison Saint-Laurent, en présence de M. Philibert Falquet et de Claude Gros, un domestique sans doute de la baronne, car il est souvent appelé comme témoin par les divers notaires qu'elle emploie.