Confessions, livre IV
2. Suivant la coutume de l'époque, madame Galley avait eu à peu près un enfant chaque année. Elle accoucha du treizième, trois mois après la mort de son mari. Huit de ses enfants moururent eu bas âge. Les fils é laie nt Joseph -Marie, né en nie et Bernard né en 1721, qui seul survécut. Claudine épousa le 10 novembre 1739, le sénateur Jacques Saulet, avec une dut de trois mille livres. Charlotte Bernardine se maria le 33 février 17*5 à Joseph-René de Lhoslan, et, le 29 mai 1159, Jeanne-Hoje devint la femme de Pierre-Gabriel de Sion, baron de Saint-André.
Voici l'acle de naissance de Claudine :
Du 27 juin 1710 »! née et du lendemain a «lé tuptiiiéa demoiselle Claudine, Mie do noble François de (Jolie;, conMipuur do la vallée daa Cloi et de riamoiMlla Charlotte do Mcnihuu-Dumerejl. u femme légitima; le parrain n M M. Paul de Menthon, aeigneur du Moivi du
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Thônes le 27 juin 1710; la seconde, Jeanne- Rose, le 29 mai 1712; la troisième, Charlotte- Bernardine, le 17 juin 1717. Il ne peut s'agir, dans le récit de Jean-Jacques que de l'une des deux premières, très probablement de Claudine, venue à la ferme de Thônes pour remplacer sa mère, que la surveillance des autres enfants, tous encore aux écoles, retenait à Annecy.
L'atnée de la famille était seule assez grande fille pour chevaucher ainsi par une belle journée d'été. Elle en profita pour fêter son vingtième anniversaire. L'heureuse rencontre que Rousseau fit des deux amies doit être regardée comme l'événement le plus complètement agréable dont il ait gardé le souvenir.
Mademoiselle de Graffenried était encore une ■ nouvelle convertie >. Si Rousseau ne s'est pas trompé sur son âge, elle n'aurait eu que vingt-un ans, en 1730. Elle s'était attachée à la famille de Galley dont la maison d'Annecy était rue Perrière, cette rue petite et déserte où Jean-Jacques alla faire le guet pour essayer de
Joanne-Cliudina de Ullôs, épou» de M. Jun-BipU*le de Uenlhun, ttignenr de U Balme, Won de Oratty. Ainsi est. — Signa ; di Lachchal, Fiium (RcQittret parai», de Tliùnti, «t Areh. du tfnat de Savoie).
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revoir Claudine Galley. II n'y réussit pas, mais il entretint dès ce moment une correspondance avec mademoiselle de GraOenried.
En 1732, la jeune Bernoise se réfugia au second monastère de la Visitation, et plus tard chez les Bernardines (Cisterciennes réformées) de Bonlieu, où elle mourut le 27 janvier 1748*.
C'est le lendemain du voyage à Thônes, que, grâce à Venture, Rousseau aurait fait ample connaissance avec le juge-maje Simond dont il a tracé un portrait spirituel et vivant. Le sujet y prêtait; mais Jean-Jacques se trompe un peu lorsqu'il dit que le magistrat l'avait déjà vu plusieurs fois chez madame de Warens. C'eût été assez difficile, car Jean-Baptiste Simond, qui remplissait depuis plusieurs années les fonctions d'« avocat des pauvres ■ auprès du sénat de Savoie, ne fut nommé jugemaje d'Annecy, c'est-à-dire président du tribunal, que le 17 janvier 1730. Ses patentes ne furent enregistrées au sénat que le 10 mars suivant, et ce n'est qu'après cette date que,
I. Le monastère de Bonlieu était encore alors an faubourg de Bœuf à Annecy; en 1154 il fut transféré au sommet de la promenade dn IMquier, en face du lac (Mugnier, Histoire des abbayes de Sainte-Catherine et de Bonlieu, p. 246; — Th. Dufour, Revue savoûienne, juillet 1818).
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ET JKA1WACQUES ROUSSEAU. 75
s'étant installé à Annecy, il put y fréquenter la chambre de parade de la baronne '.
« M. le juge-maje n'avait assurément pas deux pieds de haut », écrit Rousseau. C'était bien peu; Jean-Jacques s'en est avisé, et sur son second manuscrit a mis trots. Il aurait pu augmenter encore.
Quant à mademoiselle Merceret, elle n'était pas tout à fait fribourgeoise comme Rousseau l'a dit deux fois. Son père, Jean-Baptiste-Hyacinthe Merceret, était né à Salins en Franche- Comté vers 1681. Il exerçait la profession d'organiste et enseignait l'orgue aux enfants de chœur, il était aussi quelque peu facteur d'orgues. En 1706, il se rendit à Fribourg (Suisse) et adressa au Petit-Conseil une demande qui ne put être accueillie. Cependant on lui permit d'exercer son art et de renseigner â