‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 27 sur 139 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Voyage de madame de Warens & Paria avec M. d'Aubonne.

— Causes de ce voyage. — Conspiration contre Genève.

— Brouille avec d'Aubonne; retour de madame de Warens en Savoie. — L'espionnage. — L'ambassadeur MaSei;le premier président Saiut-Georgea; le ministre del Borgo; l'agent Mitonet. — Abdication du roi Victor- Amédèe; il vient se Hier en Savoie avec la marquise de Spigno. — Il se repent et veut reprendre la couronne; son arrestation.

— Madame de Warens vient h Cbambéry ; lettre à la reine Polhtène. — Le comte de Saint-Laurenl, contrôleur général des finances. — Madame de Warens loue sa maison de Chambéry. — Rousseau S Lyon. — Il est reçu k Chambéry chez la baronne. — Claude Anet; sa tentative de suicide. — Madame de Warens et le marquis de Cballes, marraine et parrain. — Secours du pape ai

Si Rousseau ne s'est pas trompé en racontant que, après son court séjour à Lyon, il retourna bien vite à Annecy et n'y trouva plus sa protectrice, madame de Warens a dû quitter sa maison vers la fin d'avril 1730. Elle suivit à son tour la route qui passe à Cran, Sallenove, Frangy et arriva à Seyssel pour s'embarquer

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sur le Rhône. D'Aubonne et Claude Anet s'y trouvaient depuis la veille. Elle-même aussi sans doute, car elle n'avait pas dû voyager seule. Elle eut soin de mettre un masque sur son visage lorsqu'elle se rendit au port et pénétra dans le coche '. En deux jours, les voyageurs furent à Lyon et bientôt après à Paris.

Rousseau a cru entrevoir, « dans le peu que madame de Warens lui en a dit, que dans la révolution causée à Turin par l'abdication du roi de Sardaigne, elle craignait d'élre oubliée et aurait voulu, grâce à d'Aubonne, obtenir sa pension en France où la multitude des affaires fait qu'on n'y est pas si désagréablement surveillé ». Mais il remarque avec raison que s'il en eût été ainsi, on lui aurait fait plus mauvais visage à son retour. « Bien des gens ont cru, ajoute-t-il, qu'elle avait été chargée de quelque commission secrète de la part de l'évêque qui avait alors des affaires à la cour de France où il fut lui-même obligé d'aller, soit de la part de quelqu'un de plus puissant encore qui sut lui ménager un heureux retour. »

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