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3. Anne-Marie Merceret épousa A Fribourg, François- Joseph Débits, ou Debieui, de Besançon. Ils eurent le S jan-
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sanne « pour se rassasier de la vue de ce beau lac qu'on voit là, dans sa plus grande étendue >. L'on peut s'étonner de la place considérable que le lac Léman tient dans les descriptions de Rousseau, alors qu'il ne parle pas du lac d'Annecy, bien moins grand, sans doute, mais dont l'œil embrasse plus facilement les aspects variés, charmants et grandioses tour à tour.
Rousseau raconte qu'il s'improvisa maître de musique sous le nom de VausBore de Villeneuve. Profitant du voisinage, il alla voir Vevey, patrie de madame de Warens et y rêver à la pauvre maman. « Je ne saurais dire combien de temps je demeurai à Lausanne...; n'y trouvant pas à vivre, j'allai à Neuchâtel et j'y passai l'hiver. » C'est là qu'il devint l'interprète du bizarre personnage qui se donnait pour l'archimandrite de Jérusalem. Leurs traces
vier 1138, une Mlle appelée Ha rie -Monique. La mère est dite, dans l'acte, citoyenne de Besançon el du lieu de Salins au comté de Bourgogne. L'enfant eut pour parrain François Nice d'Alt, avoyer de la république de Kribourg, auteur de \'Hùtoire des lleleétiem. Le 13 août 1"39, les Époux Debiès eurent un OU, Jean- Emma nu e\-Jaequet, dont le parrain fut Jean- Emmanuel Vonderweid. Le prénom de Jacques lui fut peutêtre donné par la mère en souvenir de sou compagnon de jeunesse. Ces deux naissances eurent lieu à Fribourg, et c'est encore dans ceUe ville qu'Anne-Marie Merceret mourut le 6 juin 1783. Elle fui ensevelie dans l'église des Franciscains.
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ont été retrouvées par H. Ritter et nous savons maintenant l'époque précise de leur rencontre. Elle eut lieu au mois d'avril 1731. C'est donc à l'année 1731 et non à 1732 qu'il faut reporter les deux premières lettres de la Correspondance de Rousseau '. Celle même qui est écrite à mademoiselle de Graffenried est probablement de décembre 1730, car Jean-Jacques y répond à une lettre que la jeune fille lui avait adressée h Lausanne le 21 novembre pré-
Rousseau s'y félicite de ce que madame de Warens veut bien encore se ressouvenir de lui et proteste que jamais rien ne l'a plus violemment affligé que d'avoir « encouru sa disgrâce1».
Je ne mange pas un morceau de pain que je ne reçoive d'elle; sans les soins de cette charitable dame, je serais déjà peut-être mort de faim, et si j'ai vécu jusqu'à présent, c'est aux dépens d'une
t. Paris, Dupont 1834. Œuvres complètes, t. XVIII, Correspondance, 1. I. — M. Musset Patay les avait datées de 1732 d'après l'indication erronée des Confessions, livre IV. Le prétendu patriarche de Jérusalem, di sangve pelaêgo, se donnait les noms de il. P. Athanasius Pautus (la Famille de Jean-Jacques, p. 29).
S. Les Confessions «ont muettes sur cette disgrâce et sur «a cause; celle-ci pourrait bien être le départ d'Annecy avec le maître de musique Nicoloz.
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science qu'elle m'a procurée... Je vous en supplie, intercédez pour moi et tâchez de m'obtenir la permission de me justifier... L'aimable demoiselle Galley est toujours d&ns mon cœur et je brûle d'impatience de recevoir de ses nouvelles; laitesmoi le plaisir de lui demander, au cas qu'elle soit encore à Annecy, si elle agréerait une lettre de ma main... Soyez persuadée que ma religion est profondément gravée dans mon Ame et que rien n'est capable de l'en effacer. Je ne veux pas me donner beaucoup de gloire de la constance avec laquelle j'ai refusé de retourner chez moi.
Cependant Rousseau était dans une extrême misère et, à la même époque, il écrivait à son père une lettre remplie de supplications et aussi de fanfaronnades :
Malgré les tristes assurances que vous m'avez données que vous ne me regardiez plus pour votre (Us, j'ose recourir & vous comme au meilleur de tous les pères... Vos yeux se chargeraient de larmes si vous connaissiez ma véritable situation. Je suis à Ncuchâtel dans une misère a laquelle mon imprudence a donné lieu... Je ne ramperai plus, ce métier est indigne de moi : si j'ai refusé plusieurs fois une fortune éclatante (il n'avait pas vingt anst), c'est que j'estime mieux une obscure liberté qu'un esclavage brillant... Faites-moi la grâce de vous hâter, car je suis dans une crise très pressante... Je supplie ma très chère mère de vouloir bien me pardonner mes fautes et me rendre sa chère tendresse.
ET JEAN-JACQUES ROtJSSBAU. 81
Tout cela cadre assez mal avec l'altitude indépendante que, dans les Confessions, Jean- Jacques dit avoir prise alors vis-à-vis de son père et surtout de sa belle-mère. II semble toutefois résulter de ces deux lettres qu'Isaac Rousseau exigeait pour secourir son fils qu'il revint au calvinisme et que Jean-Jacques refusa. Le double souvenir de sa bienfaitrice et de mademoiselle de Galley ne dut pas être étranger à cette détermination.
Mais laissons-le en Suisse et revenons à madame de Warens. Avant de quitter Annecy, rappelons toutefois quelques lignes du chapitre que Michelet a consacré à Rousseau ' :
Tout le monde va voir les Char mette s, mais la grande impression de madame de Warens sur Rousseau fut bien plus & Annecy. L'étroite rue sur l'église (fermée alors en impasse), où logeait madame de Warens entre l'évèque, les cordeliers et la maîtrise, où il apprend la musique, c'est au vrai l'ancienne Savoie... Tous les germes de Rouaseau sont là. II y resta longtemps; mais surtout pendant six mois, il ne fit que les vingt pas qui
I. Hiitoire de France. Louis XV et Louis XVI {Parie 1867, p. M et s.), Michelet y parle du petit palais de Suint-François de Saies a droite du lac. C'est Tremn bâti trente ans après la mort de l'êvêque par ton neveu. Il cite la Visitation, derrière la ville. Cette Visitation est un couvent presque neuf; la vraie était devant ses yeui, changée en auberge, etc.
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séparaient les deux maisons, celle de maman et de la maîtrise. Tout lui est resté, dit-il, dans la même vivacité, la température de l'air, les beaux costumes des prêtres, le son des cloches... Plus de vingt années passent. En vain, le (lux, le reflux des misères, la vie dure de l'homme de lettres, les avortements, les demi-succès, la folle attaque aux sciences, l'hymne absurde à la vie sauvage, le travestissement romain, cela passe... En vain. Sous tant de choses voulues, empruntées, artificielles subsiste le Rousseau d'Annecy. La cloche qu'il entendit là, sonne encore... Pauvre cœur de femme sous le masque de Caton !... Pauvre, pauvre citoyen !
Le grand historien a pris au pied de la lettre les récits des Confessions; et une rêverie de quelques heures au bord du lac d'Annecy, par une tiède journée de septembre, lui a suffi pour assurer qu'il y a là de la Maremme. Il a entrevu à travers les peupliers d'Albigny, la colline d'Annecy-lc- Vieux, et il en a conclu que tout autour du lac les coteaux simulaient ceux de la Saône. S'il eût levé les yeux, il aurait aperçu les montagnes projeter à deux mille mètres leurs vigoureux reliefs. La méthode de première impression, de divination, a des résultats heureux, parfois; rarement. L'étude exacte et prolongée des faits est plus sûre.