Archive* départementale
312 MADAME DE WABKÏIS
quinze louis neufs (de 21 livre» pièce) pour nos travaux de la Colombiére, nous lui promettons de bonne foi de lui donner mille livres de gratification aussitôt que nous aurons décombré notre filon du souterrain de la Colombiére et que nous ouvrirons la mine, ce que nous espérons, avec l'aide du Seigneur, qui sera dans le courant de cette année.
En foi de quoi nous avons signé le présent h Chambêry, ce 20° mars 1754 '. (Les signatures manquent.)
Les quinze louis, ou trois cent quinze livres, n'allèrent pas en entier à la Colombiére. En 1750 madame de Warens avait fait acheter certaines terres à Bourdeau sur la rive occidentale du lac du Bourget, par un nommé Béjet; le 29 avril 1754 Béjet lui cède le marché moyennant le remboursement de quatre-vingt trois livres quatre sols, montant du prix d'achat et des accessoires. Cette cession est passée en présence de Mathieu Cash et d'un Comtois, Pierre Dumersier \
Encore un filon à découvrir, une mine à exploiter!
Cependant Denervaux était impatient de rece-
voir des nouvelles du mémoire de son grand ingénieur. Celui-là non plus ne nageait pas dans l'opulence.
Le 27 mai, il écrit à la baronne :
Madame,
Dans l'inquiétude où je suis de savoir si vous avez été satisfaite du mémoire que j'ai obtenu de H. de ta Croix, ce grand ingénieur eu mécanique et si vous avez eu la bonté d'en donner avis à la cour de Sardaigne pour que je le puisse entretenir jusqu'à la réponse des vôtres; il y a plusieurs messieurs qui désirent le produire à la cour prussienne ; pour le détourner, je lui représente qu'il lui serait difficile de se faire à la langue allemande, que par là il c'aurait aucune satisfaction d'être dans un pays où il ne pourroit s'énoncer.
J'espère, madame, que par votre grand crédit et vos soins vous parviendras à la gloire de produire au roi un excellent sujet et à moy un grand service et l'honneur d'être, etc.
Dehervaux.
La direction générale des minières ne se désintéressait pourtant pas des travaux qui s'exécutaient dans les diverses concessions. Elle s'en faisait rendre compte par les administrations provinciales.