‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 77 sur 139 · M1SS · texte numérisé non relu

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Visile de Rousseau et de Thérèse Le Vasseur à madame de Warens. — La baronne Ta les voir * Genève. — Orthographe de Thérèse, — La dernière bague. — Lettre de madame de Warens à Gauffecourt. — Elle veut rouvrir la fabrique de Chambéry fermée par ses associés. — H. Perrichon acheté aux enchères publiques la part de madame de Warens dans la société des mines de Maurienne. — La baronne quille Chambéry pour se (lier dans lea environs de Genève. — Lettre de reproches et de supplications de Courlilles. — Mort de M. de Warens. — Madame de Warens a Erian. — M. Daviet de Foncenei intermédiaire entre la baronne et ses parents de Vaud. — Mort de Jacques de Coudrée, marquis d'Alliages. — 11 ne fut pas l'amant de madame de Warens. — Erreur de la Revue britannique. — Lettre de Courtillos; détails SUT la Société des charbons. — Fibre, maître fondeur, chez le baron d'Angevine. — Lettre de M. de Loys. — Madame de Warens achète une maison A Evian. — Supplique au roi pour obtenir la prolongation du délai de rachat de sa part de la Société des mines de fer. — On lui accorde un an ; puis encore six mois. — Elle demande l'autorisation de faire transporter sur la rivière d'Arre les charbons d'Araches. — Retour A Chambéry; elle engage la moitié de sa pension à ses créanciers — Instructions pour des sollicitations à Turin, alln d'obtenir des privilèges personnels.

Le 1" juin 1754, RousBeau partit pour Genève avec son ami Gauffecourt et Thérèse Le Vasaeur*.

316 MADAME DE WÀREHS

Laissant Gauffecourt à Lyon, il vint à Chambéry avec la gouverneuse pour revoir maman.

Je la revis... Dans quel état, mon Dieu! Quel avilissement! que lui restait-il de sa vertu première... Que mon cœur fut navré! Je ne vis plus pour elle d'autre ressource que de se dépayser. Je lui réitérai vainement et vainement les instances que je lui avais faites plusieurs fois de venir vivre avec moi qui voulais consacrer mes jours et ceux de Thérèse à rendre les siens heureux. Attachée k sa pension, dont cependant, quoique exactement payée, elle ne tirait rien depuis longtemps, elle ne m'écoula pas. Je lui us encore quelque légère part de ma bourse, bien moins que je n'au-

èchanlillon de son orthographe et de son style une portion de la lettre qu'elle écrivit a Jean-Jacques le 23 juin 1762 :

Ccx mtreveiIieM a quoteur dit malin ctu cintrai" guin mi en ça*

tout mt$ tantxmunt qutmonquer atout changera?! ga. met tan que dieu BDkf do;

tin e ta rt.u coiuu caau posibU e la t votre* enbte e bon amie.

TatiitK l.i Vuhui.

(Jcan-Jacquei Pointeau; Ses amie et su ennemis, p. 451.)

1,„,ny GOOglC

ET JEAIWACQOES ROUSSEAU. 317

rais dû, bien moins que je n'aurais fait, si je n'eusse été parfaitement sûr qu'elle D'en profiterait pas d'un sou '.

Rousseau disposait bien facilement des jours de Thérèse. Et vraiment, imagine-t-on madame de Warens vivant à Paris, en tiers avec Jean- Jacques et mademoiselle Le Vasseur ! Dès les premiers moments la mère de la gouverneuse serait bien vite arrivée pour lui faire quitter la place. Puis, Rousseau ne paraît pas s'être aperçu qu'en quittant la Savoie la baronne aurait fait banqueroute aux personnes qui lui avaient prêté de l'argent sur le gage de sa pension.

Après avoir achevé à Chambéry la dédicace de son Discours sur l'inégalité, Jean-Jacques partit pour Genève. Le l'r juillet, il est déjà installé aux Eaux-Vives à la porte de la ville; vers Je 10 octobre il est de retour à Paris '. Avant son départ il reçut à Grange-Canal, la visite de madame de Warens qui faisait à cette époque un voyage en Chablais.

Elle manquait d'argent pour l'achever; je n'avais pas sur moi ce qu'il fallait pour cela; je le lui envoyai une heure après par Thérèse. Pauvre

maman 1 II ne lui restait pour dernier bijou qu'une petite bague, elle l'ôta de son doigt pour la mettre à celui de Thérèse, qui la remit à l'instant au sien, «n baisant cette noble main qu'elle arrosa de ses pleurs. Ah ! c'était le moment d'acquitter ma dette. Il fallait tout quitter pour la suivre, m'attacher & elle, et partager son sort, quel qu'il fût. Je n'en fia rien... De tous les remords que j'ai sentis en ma vie, voilà le plus vif et le plus permanent '.

On s'est beaucoup récrié sur le manque de goût, sur l'absence de délicatesse dans la conduite de Rousseau faisant porter par Thérèse une aumône à sa bienfaitrice, à l'amie des Charmeltes. Mais les amours d'antan étaient bien loin; ils n'avaient jamais été bien vifs chez madame de Warens, et les deux femmes venaient de passer en intimité plusieurs jours à Chambéry.

Madame de Warens, conseillée peut-être par Rousseau, avait prié M. Gauffecourt d'agir en sa faveur auprès de M. Perricnon. Ses efforts furent inutiles; elle l'en remercie néanmoins.

De Chambéry, ce S* août 175*.

Monsieur, je me suis trouvée si incommodée que je n'ai pas été en état de vous rendre plustôt mes justes actions de grâce sur les soins généreux que

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