‹ Madame de Warens et le pays de VaudChapitre 1 sur 13 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

vie et se contentèrent à ce sujet du récit des Confessions. Un seul littérateur, natif de la Savoie, le docteur en médecine Amédée Doppel, qui fut plus tard général français et lieutenant-colonel de la légion des Allobroges, fit paraître en 1785, quelques années après la mort de Rousseau, des Mémoires autobiographiques de M111- de Warens. Mais ces Mémoires sont reconnus depuis longtemps pour apocryphes d'un bout à l'autre. C'est dans la seconde moitié de notre siècle seulement que des études plus sérieuses furent faites en vue de contrôler et de compléter ce que Rousseau raconte de sa jeune « maman ! »

Dans le tome Ier du Bulletin de la Société florimontane d'Annecy, qui parut en 1855, M. J. Replat a inauguré les travaux sur la matière par une note sur Mme de Warens, contenant entre autres quelques lettres inédites, à elle adressées.

L'année suivante, M. Guillermin a mis au jour dans les Mémoires et Documents de la Société savoisimne il' histoire et d'archéologie, l'intéressante notice que M. de Conzié, un des voisins et des habitués de la châtelaine des Gharmettes, écrivit à son sujet au comte de Mellarède.

Depuis lors MM. Eloi Serand, Rayle-Saint-John , de Saint-Genis, Rurnier, Perrero, Théophile Dufour, et Jules Vuy ont fourni des informations plus ou moins importantes, relatives au séjour de Mme de AYarens, tant à Annecy qu'à Chambéry.

II y a quelques années, M. Albert Metzger a rassemblé

sur ce séjour, en trois volumes, format in-12°, bon nombre de pièces, en partie inédites, tirées des archives savoisiennes.

Enlin, pendant que notre propre ouvrage se trouvait déjà en voie d'impression, M. François Mugnier, conseiller à la cour d'appel de la Savoie, a publié à Paris un mémoire étendu, intitulé Madame de Warens et Jean- Jacques Rousseau, où il suit pas à pas, avec amples détails, la carrière agitée de cette dame depuis le jour où elle accueillit ce protégé, à Annecy, le dimanche des Rameaux de 1728, jusqu'à sa mort qui survint àChambéry le 29 juillet 1762. Observateur pénétrant et d'une grande expérience, cet auteur a su analyser et commenter de la manière la plus heureuse les matériaux abondants que des recherches bien ordonnées lui ont fait découvrir dans des dépôts publics et privés, jusqu'à lui imparfaitement connus.

Tous les travaux concernant Mme de Warens, dont il vient d'être question, se rapportent entièrement à la partie de son existence, qui s'est écoulée en Savoie. Mais avant qu'elle lut venue s'établir dans cette patrie d'adoption elle avait passé vingt-sept ans dans le Pays de Vaud, où résidait sa famille et où elle était née. Sa biographie se partage ainsi naturellement en deux époques nettement tranchées, que séparent sa désertion du foyer conjugal et sa conversion au catholicisme: l'une, vécue sous le toit paternel et dans la maison de son mari: l'autre, suc la (erre étrangère, au sein d'un exil qu'elle avait elle-même voulu.

Page 1