PREMIERE PARTIE
Généalogie de la famille de la Tour
La famille de Françoise-Louise de la Tour, qui devint plus tard Mme de Warens, tire, comme nous l'avons dit, son origine du village de Chailly, dans la baronnie du Chàtelard. Le généalogiste peut suivre dans les actes publics sa filiation non interrompue depuis la seconde moitié du xive siècle. Les premiers membres de cette famille dont les actes nous ont gardé le souvenir sont, d'une part, les deux frères Pierre et Jean de la Tour, communiers de Chailly, où on les trouve domiciliés; d'autre part, Uldricus de la Tour, dont le degré de parenté avec les précédents est encore inconnu. Ce dernier étant l'ancêtre certain de la branche à laquelle appartient Mme de Warens, nous ne nous occuperons que de lui et de sa descendance.
I. Uldricus de la Tour est désigné , dans les quelques documents où son nom figure, connue originaire de Chailly (Uldricus de Turre, de Challye). La qualité de bourgeois de Vevey, qui lui est attribuée dans une reconnaissance en faveur du comte de Savoie, de l'année 13821, prouve toutefois
1 Archives de Vevey, Ville, s. 11., ï<>l. In:.!. Le droit de bourgeoisie était alors conf< ré dans les villes du pays aux hommes libres et aux serfs non réclarw 3 06 leur seigneur, après une résidence d'un an et un jour. Il s'éteignait par l'acquisition d'une autre bourgeoisie. Ce ne fui qu'au XVe siècle que l'on toléra des bourgeois forains, c'est-à-dire habitant au dehors. Au XVIe, les conditions d'agrégation ayant changé, le droil de bourgeoisie devint imprescriptible.
qu'il habitait alors depuis plus d'un an cette ville, probablement dans la maison même pour laquelle il paie le cens au comte. Au second degré nous trouvons ses trois fils:
1° Nicodus, qui suit.
2° Hendricus, nommé fils d'Uldricus de Turre et bourgeois de Vevey, dans la reconnaissance qui vient d'être mentionnée. On voit d'après cet acte qu'il devait au comte de Savoie le cens pour un immeuble différent de celui de son père.
3° Jaquettes qui apparaît, avec le titre de notaire, dans plusieurs pièces du- cartulaire des nobles de Cojonay, sous les dates du 6 novembre 13821, du 10 avril 13922, du 1er décembre 1398 2, etc3. Un livre de comptes de l'hôpital de Vevey, de l'année 1402*, prouve qu'il était encore vivant à cette époque.
II. Nicodus de Turre (Nicod de la Tour) appelé fils d'Uldricus dans un rôle de l'an 13933, achète une maison à Chailly en novembre 1404 5. Il émancipe son fils Jean dans un acte notarié, daté du 19 novembre 1409 5.
III. Johannes de Turre (Jean de la Tour) avait très vraisemblement élu domicile à Chailly. commune d'origine de ses ancêtres, puisqu'il fait toujours suivre son nom, dans les documents qui le concernent, de celui de cette localité6. En dehors de l'acte d'émancipation, cité à propos de son père, il est nommé dans le testament de sa femme Nycole, dont on ignore
i Fol. 19.
2 Fol 17. (2 mentions.)
3 Arch. de Vevey, ville, s. n. (2 m.)
4 Arch. de Vevey, H, s. n.
5 Martignier, Vevey au moyen âge, p. 112. (2 m.)
6 M. l'archiviste Baron fait erreur lorsque, dans ses notes manuscrites sur Mme de Warens, il mentionne la qualification de Chailly comme faisant partie du nom de cette famille. Elle s'appelait simplement de la Tour.
le nom de famille. Par ce testament, daté du 8 octobre 1439, Nycole demande d'être ensevelie dans le cimetière de Saint- Vincent, à Montreux. Elle lègue dix sols à chacune de ses deux filles, Peronette et Marguerite, ainsi que deux draps de lit à Jeannette, fille de Jean de la Tour, son fils défunt. Son héritier universel est son autre fils, Pierre de la Tour l.
Jean et Nycole eurent quatre enfants, cités, comme il a été dit plus haut, dans le testament de leur mère:
1° Pierre qui suit.
2° Jean, mort avant l'année 1439, laissant une fille appelée Jeannette, dont on ignore la destinée.
3° Peronette, qu'un papier terrier de la Seigneurie du Châtelard, de l'année 1460, nomme fille de feu Jean de la Tour et femme de Jean de Ville, de Vevey 2. Dans une grosse de reconnaissances, passées en 1492 par les sujets du duc de Savoie, à la Tour de Peilz, il est parlé d'une maison située dans cette ville et que Peronette de la Tour avait autrefois vendue à Jaquemette Breton 3.
4° Marguerite.
IV. Petrus ou Perretus de Turre, alias Nicodi (Pierre de la Tour), avait sans doute reçu le surnom de Nicodi en mémoire de son aïeul Nicodus. A cette époque, en effet, on avait coutume dans la contrée de distinguer entre eux les membres vivants d'une même famille, qui portaient des prénoms identiques, soit par les qualifications de senior et de junior (l'ancien, le plus jeune) soit par l'adjonction de noms de leurs parents, quelquefois même de sobriquets. Un cas de ce genre se présentait ici, car il existait alors simultanément à Ghaillydeux Pierre de la Tour, fils de pères appelés Jean. L'un, celui donl
1 Arch. Hugonin, appartenant à M. C. Du Mont; publ. dans Martignier, Vevey au moyen âge, p. 11*2.
2 Arch. de Vevey, ville, s. n. fol. 117.
A Arch. du tribunal de Vevey, titres anciens Na 2, fol. XXIV verso.
il est question clans cette notice, l'autre, issu de la branche fondée par ce Pierre, dont nous avons parlé comme d'un contemporain d'Uldricus. Comme on aurait continué à les confondre en les désignant par le prénom commun de leurs pères, on avait été obligé de remonter à celui de leurs aïeuls. De là les noms de Perretus de Turre, alias Nicodi, et de Perretus de Turre, alias Perreti, que l'on rencontre plusieurs fois dans les rôles du temps et qui ne signifient pas autre chose que Pierre de la Tour, autrement dit descendant de Nicod, et Pierre de la Tour, descendant de Pierre.
En 1454, Pierre de la Tour, alias Nicodi, et sa femme figurent à titre de légataires dans le testament de Pierre Grivat, domicilié à Brent. surChailly1. En 1477 Pierre vivait encore; il esi cité en relie .innée au nombre des censitaires que l'église paroissiale de Saint-Martin, de Vevey, avait dans le territoire de Chailly2. Ses trois fils, que l'acte ci-dessus indique aussi, à la même date , comme débiteurs de cens envers l'église de Vevey, y sont nommés:
1° Claude, qui suit.
2° Rolet, cité encore avec son frère Claude dans un titre, de l'an 1480.
5° Philippe.
Y. Claidius de Turre (Claude de la Tour), déjà mentionné dans deuxchartesprécédentes,apparait encore dans un eensier postérieur à sa mort. Pierre de la Tour, dit le Mège de Chailly, fils de feu Claude de la Tour, dit le Mège, est inscrit en 1527 dans ce registre comme débiteur d'une rente annuelle de 35 sols en faveur de l'église de Saint-Martin, de Vevey (Petrus de Turre alias Meyjoz, de Challye, filius quondam Claudii de Turre3, alias Meyjoz, débet XXX Y solides).
1 Martignier, Vevey, p. 1 1 ri.
2 Arch. du tribunal de Vevey, titres anciens N° 14.
3 Areh. du tribunal de Vevey, titres anciens, sub. N° 14.
Le mot meyjoz signifiant médecin en patois du pays, on a toute raison d'admettre que ce surnom avait été donné à Claude de la Tour, le premier qui le porta de sa famille, parce qu'il pratiquait l'art de guérir. En fut-il de même pour son fils, dont le nom est aussi suivi dans les actes de pareille qualification? Pour ce qui concerne ce dernier, l'orthographe latine varie. On lit tantôt au nominatif, « alias medicus », tantôt au génitif, « alias medici » ; expressions qui donneraient à entendre, la première qu'il exerçait personnellement la prefession de médecin : la seconde qu'il était fils d'un médecin.
Claude de la Tour ne parait avoir en, d'une femme dont le nom n'est point parvenu jusqu'à nous, que ce seul fils, Pierre de la Tour. Celui-ci fait encore l'objet de la notice ci-après.
VI. Petrus de Turre alias Meyjoz (Pierre de la Tour dit le Mège ou le médecin). A ce qui a été dit de lui à propos de son père il y a lieu d'ajouter, qu'il passa reconnaissance en 1516 d'une pièce de terre à Cliailly, en faveur d'Hugonin d'Illens1. Quatre ans après on le voit vendre, avec d'autres notables de Chailly, au nom de la communauté de ce village, un cens annuel de dix florins à la veuve et au fils de noble Nicocl de Cojonay2. Dans les deux parchemins ci-dessus son nom est écrit Petrus de Turre, alias medicus. On rencontre en revanche la signature Petrus de Turre, alias medici, sur d'autres actes, entre autres sur le titre d'achat de sa maison, au mois d'avril 1534 3. Le nom de sa femme ne nous est pas connu. Il oui deux fils :
1° Antoine, qui suit.
2° Jean, mort sans lignée.
VII. Antoine m: la Tour est rappelé, avec son frère Jean, comme « fils de jadis provéable Pierre de laz Tor, deChaillie »,
1 .Vrch. de Vevey, Grosse d'Illens, fol. 311. — -Carlul. île Cojonay, fol. 16, v. — 3 Martignier, Vevey, p. 112. Voy. aussi une mention de 1527 dans un censier de l'église de Saint-Martin. (Arch. du trib. de Vevey, sub N° 14.)
dans l'acte de partage de leurs biens indivis, rédigé après leur mort, le 12 juin 1567 *. En 1557, Antoine avait fait personnellement reconnaissance, en faveur de la ville de Vevey, d'une pièce de terre, sise à Blonay -. On ignore le nom de sa femme, dont il eut deux enfants:
1° Pierre, qui suit.
2° Orbannaz ou Urbanne, femme de Ghristin du Crest, banneret de Gorsier.
VIII. Pierre de la Tour, né àChailly vers le milieu du x\ie siècle, était notaire et devint curial (secrétaire) de la juridiction du Ghâtelard. Des services importants, rendus par lui en cette qualité au baron de cette terre, furent récompensés le II février 1595 par un diplôme qui l'affranchit, lui et les siens à perpétuité, de toutes prestations féodales, telles que cens, corvées, chevauchée, garde, tributs de four et de moulins. Le baron ne se réservait que l'hommage et la directe seigneurie 3.
Elevé depuis lors au rang de la noblesse, Pierre se fixa une partie de l'année à Vevey, où il acheta une maison au commencement du xvue siècle 4. Il sut acquérir dans cette ville assez de considération et d'influence pour y être élu à une place de justicier. Ces fonctions locales étant ordinairement, avec un soin jaloux, fermées à tout étranger, c'était implicitement le reconnaître comme bourgeois de la cité. Aussi ses descendants s'appuyèrent-ils plus tard sur cette nomination pour faire valoir des droits à la bourgeoisie de Vevey*. En 1626 nous trouvons Pierre de la Tour installé comme châtelain de la baronnie du Chàtelard 5.
1 Martignier, Vevey, p. 112.
2 Arch. de Vevey, ville, recon. terrière, 1557.
3 Du Mont, Arch. Hugonin, publ. dans Martignier, Vevey, p. 112.
4 Doc. 1.
5 Arch. de Vevey. Reconnais, en laveur de la ville, Chàtelard f. 162, v.
De son mariage avec Marguerite, fille de Gabriel Barbier, bourgeois et conseiller de la ville de Vevey, il eut sept enfants1.
1° Gamaliel, qui suit.
2° Orbannaz ou Urbanité, née à Chailly, fut baptisée à Montreux le 6 février 15922. Elle mourut célibataire après Tannée 1654.
3° Bernardine, née à Chailly et baptisée à Montreux le 10 novembre 1594, mourut jeune, ainsi que son frère Claude- Hyppolile et sa sœur Jacqueline. En effet il n'est question ni d'eux, ni d'une postérité issue d'eux, dans la reconnaissance collective des enfants de Pierre de la Tour en faveur de l'hôpital de Vevey, du 10 octobre 1628 3. Ces enfants ne sont plus à cette date qu'au nombre de quatre : Gamaliel, Georges, Gabriel et Orbanne.
4° Georges, né à Chailly, baptisé à Montreux le 30 mai 1596, eut pour parrain Magnifique Seigneur Nicolas de Watteville, bailli de Chillon. [I mourut sans lignée.
o° Claude-Hi/ppolite, né à Vevey, fut baptisé à Montreux le 8 janvier 1598.
6° Jacqueline, née à Vevey, fut baptisée à Montreux le 9 janvier 1601.
7° Gabriel, né à Chailly, fut présenté au baptême dans l'église de Montreux, par Jacques Preudhon, de Vevey, le 27 octobre 1602. Il devint châtelain de la baronnieduChâtelard* et obtint dans les milices bernoises, avec le grade de capitaine,
1 Honorée Marguerite Barbier, femme d'égrège et prudent Pierre de la Tour, de Chailly (A. V. V. Reconnais, en fav. de LL. EE. 1622.)
2 Les dates d'état civil, mentionnées plus loin, ayant été presque exclusivement empruntées aux registres des paroisses de Montreux et de Vevey, nous en indiquons ici les sources une fois pour toutes.
n Arch. Vevey, hôpital. Reconnais, fol. 57.
4 Gabriel de la Tour, de Chailly, châtelain du Châtelard pour Jn-Daniel Blonay 1652 (Man. de cour, de Vevey 1652).
le commandement d'une compagnie de Restants1. La mort l'enleva en 1669. De ses deux femmes, Anne-Péronne, fille de noble Georges de Blonay, et Louise, fille de noble Pierre d'Estavayer, il ne laissa pas de descendants.
IX, Gamaliel de la Tour, né à Chailly en 1591, fut gradué docteur en médecine par la faculté de Montpellier, le 2o avril 1614 et exerça sa profession à Yevey. Il prend sur les ouvrages, dont il est l'auteur, le titre assez bizarre de « sieur Gamaliel de la Tour, de Yevey, docteur es deux facultez de médecine et favori de Mars. » Ces ouvrages, excessivement rares, sont intitulés :
1° Principes et fondement de l'art militaire, concernant le service des armes prattiqué en Hollande. Genève, 1634, in-12.
2° Abbrégé de la discipline militaire et des trois principales actions de guerre. Genève, 1634, in-12. — Réconciliation et amiable décision des controverses, s. 1., 1644, in-12.
Gamaliel de la Tour avait épousé demoiselle Barbille Asperlin, fille de noble Georges Asperlin, seigneur de Bavois, et de Kinguelle de Gingins. Elle lui donna :
1° Georges, qui suit.
2° Françoise, née à Chailly, baptisée à Montreux le 13 novembre 1625. Elle eut pour parrains noble Jean-Jacques Manuel, de Berne, et noble Jacques-François de Joffrey, de Yevey, pour marraine, la femme de ce dernier, sa grand'tante maternelle. Françoise eut pour mari Jacques, fils de noble Xicolas de Mellet, de Cully-.
3° Anne, plus connue sous le nom d'Orbanne, née à Chailly, fut baptisée dans l'église de Montreux le 1er juillet 1631 en présence de M. Guillaume Bullet, parrain, et de noble Anne
1 Arch. Yevey. Rôle milit. de 1664. On appelait Restants certains corps de troupe territoriaux.
2 Martignier, Vevey, p. 113.
<le Joffrey, marraine. Elle épousa noble Jacques de Mellet, frère du mari de sa sœur.
X. Georges de la Tour, né à Ghailly et baptisé à Montreux le 13 mars 1624, avait pour parrain son oncle Georges de la Tour et pour marraine dame Marguerite Dumur. Il succéda à son oncle Gabriel dans le commandement de sa compagnie de Restants. De son union avec noble Suzanne-Juditb Gharrière, fille de Jean-Jacques Charrière, seigneur de Mex et de Bournens, naquirent huit enfants :
1° Jean-Gamaliel, qui suit.
2° Louise, née à Ghailly, fut présentée au baptême à Montreux, le 24 août 1656, par son grand-oncle Gabriel de la Tour, seigneur châtelain du Ghàtelard, et par sa femme Louise d'Estavayer. Elle fut elle-même marraine de Mme de Warens, dont elle fit en partie l'éducation.
3° Françoise-Madeleine, née à Ghailly, fut baptisée à Montreux le 12 décembre 1658. Son parrain et sa marraine furent noble et généreux Philippe de Blonay et sa femme. Elle épousa noble David Ancel, seigneur d'Yvonand.
4° Jean-Baptiste, qui suivra.
o° Sebastienne-Violente, née à Ghailly, présentée au baptême à Montreux le S septembre 1666 par Jean-François Gharrière, seigneur de Penthaz. par sa femme et par noble Sébastien Gharrière.
6° François, né à Ghailly , fut tenu sur les fonts baptismaux le 4 août 1669 par le secrétaire baillival François Magny, de Yevey, et par demoiselle Judith de Joffrey. Il partit très jeune encore avec son frère Jacques pour le Levant, où ils se vouèrent tous deux au commerce. La mort l'enleva au commencement du XVIIIe siècle.
7° Jacques-François, né à Ghailly et présenté au baptême à .Montreux le •*> février 1671 par noble Jacques-François de Jof-
frey et mademoiselle sa sœur, avait déjà quitté le pays en 1690. Après diverses pérégrinations il se fixa à Constantin nople, où il mourut en 1745, probablement célibataire, en tout cas sans postérité. C'est sa succession que concerne lemémoire suivant, non daté, adressé par J.-J. Rousseau au nom de Mme deWarens au ministre de France, comte de Castellane : « N. N. de la Tour, Gentilhomme du pays de Vaud, » étant mort à Constantinople et ayant établi le sieur Honoré » Pelico, marchand françois, pour son exécuteur testamen- » taire, à la charge de faire parvenir ses biens à ses plus pro- » ches parens, Françoise de la Tour, baronne de Warens, » qui se trouve dans le cas, souhaiteroit qu'on put agir au- » près du dit sieur Pelico pour l'engager à se dessaisir des » dits biens en sa faveur, en lui démontrant son droit. Sans » vouloir révoquer en doute la bonne volonté du dit sieur » Pelico, il semble, par le silence qu'il a observé jusqu'à pré- » sent envers la famille du défunt, qu'il n'est pas pressé » d'exécuter ses volontés. C'est pourquoi il seroit à désirer » que M. l'ambassadeur voulut interposer son authorité pour » l'examen et la décision de cette affaire. La dite baronne de » Warens ayant eu ses biens confisqués, pour cause de la Re- » ligion Catholique qu'elle a embrassée, et n'étant pas payée » de ses pensions que le roi deSardaigne, et ensuite S. M. Ca- » tholique, lui ont assignées sur la Savoie, ne doute pas que » la dure nécessité, où elle se trouve, ne soit un motif de » plus pour intéresser en sa faveur la religion de Son Excel- » lence1.»
Une des deux notes de ce mémoire, nous apprend que cefut M. Miol, beau-frère de Mme de la Tour née Flavard, seconde mère de Mme de Warens, qui réunit pour cette dernière-
1 Œuvres de Rousseau, 1790, in-i°, t. VIII, p. 391, 392. Dans son ouvrage récemment paru, M. Mugnier publie l'extrait d'une procuration, du 3 février 1746, donnée par Mme de Warens à un sieur Antoine Rubin, négociant à Marseille, pour le retrait de cet héritage. On ignore l'issue de ses démarches.
les pièces utiles à sa rédaction. Mme de Warens parait avoir elle-même ignoré tout ce qui avait trait au parent dont elle revendiquait l'héritage. Tout au moins fut-elle incertaine de la proximité des liens de sang qui l'unissaient à lui, puisque l'autre note, rédigée sans doute d'après ses indications, donne à entendre que Mme Marie Hugonin, fille de son cousin Jean- Baptiste de la Tour, pouvait bien n'être dans cette parenté que d'un seul degré plus éloignée qu'elle. Jean-Jacques Rousseau s'étonne de ce qu'elle ne savait pas même le prénom de ce parent. Si étrange que paraisse ce fait, il s'explique naturellement par ses circonstances de famille. Mme de Warens était encore très jeune lorsque la mort enleva tous les membres de la famille de la Tour qui auraient pu lui parler de cet oncle. 8° Abraham, né à Ghailly, devait être présenté au baptême par noble Abraham Montet, conseiller de Yevey, lorsqu'il mourut le 9 août 1672.
XI. Jean-Gamaliel de la Tour, né à Ghailly, fut tenu le 21 décembre 1660 sur les fonts baptismaux par noble Jean- François Charrière, seigneur de Mex, et par noble Gamaliel Hugonin. Avec son frère Jean-Baptiste, et au nom de ses deux autres frères absents du pays, il demanda au Conseil de Yevey de reconnaître le droit d'ancienne bourgeoisie, que sa famille prétendait posséder dans cette ville *. il n'y avait rien de très concluant en faveur de ce droit dans les pièces que MM. de la Tour produisirent à l'appui de leur requête. En tout autre temps le Conseil en eût, sans doute, discuté de plus près la valeur. Mais le corps des bourgeois traversait une période de crise. Son exclusivisme depuis longtemps rigoureux à l'excès, joint à l'extinction d'un certain nombre de familles, avait fini par l'affaiblir. L'accession de protestants français, qui avaient cherché refuge dans la ville lors de la révocation de l'édit de
1 Voy. p. 13, note 3.
Nantes, n'avait point suffi à lui rendre sa vigueur primitive. En vue de remédier à ce fâcheux état de choses, on était à la veille de décréter l'institution d'une petite bourgeoisie, qui mettrait les familles moins fortunées au bénéfice d'une partie des privilèges dont jouissait la bourgeoisie déjà existante, qn'on appela depuis lors la grande. Dans ces circonstances, on le comprendra, le Conseil accorda sans aucune difficulté la reconnaissance demandée, le 23 mars 1696*. L'acte qui fait foi de cette reconnaissance de bourgeoisie donne des détails généalogiques sur quatre générations de la famille de la Tour. En même temps il nous fait connaître que Jean-Gamaliel et Jean-Baptiste, sans parler de leurs frères absents, étaient alors bourgeois forains, c'est-à-dire membres de la communauté urbaine, tout en demeurant hors de ville. Jean- Baptiste habitait en effet toute l'année sa propriété du Basset, dans la baronnie du Châtelard 2. Ce ne fut que plus tard, à l'époque de son mariage, qu'il acheta une maison dans le bourg d'Oron-dessus. Jean-Gamaliel, de son côté, avait sa résidence habituelle dans la campagne qu'il possédait sur le territoire de Burier, non loin du Basset de son frère. Lorsque sa santé le força, vers la fin de sa vie, de se démettre des fonctions de châtelain de la juridiction du Châtelard, il céda la jouissance de cette campagne à son fils et se retira à la Tour-de-Peilz, clans une maison qu'il tenait de sa femme, Marie, fille de noble Jean-Benoît Hugonin. De l'union de ces deux époux n'était né qu'un seul garçon appelé Jean-Baptiste, du nom de son oncle paternel, qui était son parrain. Il suit :
XII. Jean-Baptiste de la Tour, né et baptisé à la Tour-de- Peilz en 1686, fut justicier dans sa ville natale et assesseur
i Doc. i.
2 Papiers Miol. Lettre de Marie de la Tour, née Flavard, à Françoise Miol, du 30 mai 1106... « avant la bénédiction de notre mariage, au tems ou mon inary restoit l'hyver au Basset. »
consistorial à Vevey. Sa nomination à cette dernière charge est inscrite au registre du Consistoire de cette ville, en ces termes : « 18 nov. 1712. — Estant arrivé la vacance d'un as- » sesseurde cette vénérable Chambre par la mort de M. Binet, » nostre Magniffique Seigneur Ballif y a pourveu en jettant » les yeux sur la personne de noble et vertueux Jean-Baptiste » De la Tour, bourgeois des deux villes de Vevey et la Tour de » Peilz et aussi justicier de la Tour, par mandat pour ce » émané à cette Y. Chambre, daté du 7 du présent mois de » novembre. En vertu duquel le d. noble De la Tour a esté » par cognoissance receu et instalé pour un membre de ce V. » Corps, à la part de la noble bourgeoisie de la Tour. Ayant » en mesme temps preste le serment acoustumé et ensuitte a « pris séance apprès M. l'assesseur Favrod *. »
Jean-Baptiste de la Tour décéda au commencement de l'année 1716. Le 14 mars de cette année sa veuve passa au nom de ses enfants, dont elle était mère tutrice, une reconnaissance générale de leurs propriétés et droits féodaux, situés dans les territoires de la Tour de Peilz, du Chàtelard et de Villeneuve, en faveur de LL. EE. de Berne. Cette reconnaissance fut faite à la Tour de Peilz, dans la maison de Mme de la Tour, en présence de M. Grenier, commissaire des fiefs de LL. EE. 2.
La veuve de J.-B. de la Tour était fille de noble et généreux Gabriel de Bovéréaz, de Bex. Elle s'appelait Rose-Françoise-Madeleine. En octobre 1717, elle se remaria avec le ministre Isaac Dulon, de Villeneuve, dont elle eut plusieurs enfants.
De son premier mariage avec Jean-Baptiste de la Tour. béni le 11 avril 1704, elle en avait eu huit, six fils et deux Biles.
1° Jean-Ferdinand, qui suit.
1 Man. du Consistoire, date ind.
2 Archives cantonales.
2° Jacques-François, né à Burier, baptisé le 18 avril 1706, mort dans l'adolescence.
3° Gamaliel, né à Burier, baptisé le 21 août 1707, mort enfant.
4° Gabriel-Ferdinand, né à Burier, baptisé le 16 mars 1710, mort en bas âge.
5° Françoise-Marie, née à Burier, fut présentée le 1er avril 1711 au baptême dans l'église de la Tour de Peilz par ses deux marraines, Françoise-Yolande de Rovéréa et Françuise- Louise de la Tour. Cette dernière, devenue bientôt après Mme de Warens, l'éleva chez elle pendant dix ans *.
Le 8 janvier 1737, Françoise-Marie de la Tour se maria avec Jean-François Hugonin, fils de noble Abraham-Etienne Hugonin, banneret de la ville deYevey2. Son époux était alors lieutenant au service de Hollande, plus tard il passa avec le grade de capitaine dans les milices de LL. EE. de Berne. Une note du mémoire que Rousseau fit pour Mme de Warens, en 1746, constate qu'il n'existe plus à cette date de toute la famille de la Tour que cette dame et une sienne nièce3. Cette nièce était Mmo Hugonin.
6° Jeanne-Louise, née à Burier, baptisée le 14 avril 1712, morte jeune.
7° Jean-Louis, né à Burier, baptisé le 14 août 1713, ne vécut que quelques années.
8° Jean-Baptiste, né à Burier, baptisé le lo octobre 1714, décédé avant 1746.
XIII. Jean-Ferdinand de la Tour, né à Burier, fut tenu sur les fonts baptismaux, dans l'église de la Tour, par ses parrains
1 Doc. 33, liste E.
2 De leur union naquirent à notre connaissance sept enfants : Jean-Abram; Isaac-Louis; Françoise-Marguerite; Frédéric-François; Louise-Elisabeth; Madeleine-Elisabeth et Isaac-Gamaliel.
3 Œuvres de J.-J. Rousseau, 1790, VIII, p. 392.
Jean-Benoit Hugonin et Ferdinand de Rovéréa, le 2o mars 1705. Il survécut peu d'années à son père. Avec lui et ses frères1 s'est éteinte la descendance mâle de la famille de la Tour.
Seconde branche.
XI (bis). Jean-Baptiste de la Tour, second fils de Georges, naquit à Chailly, et fut baptisé à Montreux le 28 décembre 1662. Il fut présenté sur les fonts par noble Jean Hugonin, par Marie de Blonay, sa femme, et par la veuve de noble André de Blonay. En 1696, il se maria en premières noces avec Jeanne-Louise Warnery, fille de M. Jean-Paul Warnery, conseiller des Douze de Morges, et de Rose Mandrot, sa femme1.
Elle lui laissa :
1° Jean-Etienne , né àVevey et baptisé le 23 mars 1698, ayant pour parrains, MM. Jean-Louis de Gignilliat, conseiller. Jean Dufour et Etienne Hugonin ; pour marraines, Mmes leurs femmes 2.
2° Françoise-Louise, qui fut plus tard MmedeWarens.
3° Anne, née àYeveyet portée au baptême par sa tante Sébastienne-Violente de la Tour, en lieu et place de demoiselle Anne de Tavel de Yulliens, le 22 avril 1700. Elle décéda six jours après.
1 D'après des renseignements dus à l'obligeance de M. Arthur Warnéry, à Snint-Prex, Mm0 de la Tour se serait nommée non pas Jeanne.- Louise, mais Suzanne-Louise. Elle porte toutefois le nom de Jeanne-Louise dans les extraits de baptême de ses entants (sauf celui de sa fille Anne), et dans le contrat de mariage de Mme de Warens. Une note, puisée à la même source, nous apprend qu'avant d'épouseï Jean-Baptiste de la Tour, elle était veuve d'un premier mari, M. Blanchenay, de V'evey.
'2 La copie d'un acte, produit au procès de 17-27, mentionne un second fils du premier mariage de M. de la Tour, appelé Abraham-François. Nous n'avons pu trouver son nom dans les registres de l'état civil.
De son second mariage avec demoiselle Marie Flarard, Jean-Baptiste de la Tour eut encore trois enfants :
4° Jean-Joseph, né à Vevey, baptisé le 27 avril 1706, mort encore dans l'enfance.
5° Jacob, né à Vevey, fut baptisé le 4 avril 1707, mort aussi en bas âge.
6° Françoise-Marie, enfant posthume, née à Vevey, le
1709, morte avant d'être baptisée.
SECONDE PARTIE Documents.
Archives de Yevey.
Registres d'actes perpétuels de 1672 à 1703.
Lettre de bourgeoisie en faveur des frères de la Tour.
Vevey, le 23 mars 1696.
Nous le Banderet, Commandeur et Conseil de la ville de Yevay scavoir faisons que, comme il nous auroit été exposé par les nobles et vertueux Jean-Gamaliel De la Tour, sieur cnattelain en la jurisdiction de Chattelard et Jean-Baptiste De la Tour, son frère, tant à leur nom que des nobles François et Jacques- François De la Tour, leurs autres frères absents, que depuis quelque temps en ça plusieurs tesmoignent révoquer en doutte qu'ils ayent l'honneur destre du nombre des anciens bourgeois de cette ville, quoy qu'ils ayent diverses preuves et titres en main, qui en font foy, jouxte lesquels ils ont humblement requis destre maintenus. Surquoy nous aurions trouvé nécessaire non seulement d'examiner de près les preuves par les dits nobles De la Tour produittes pour vérifier leur ancien droit de bourgeoisie, mais de plus faire rechercher exacte-
ment sur les anciens manuels1 ce qui se pourroil deccouvrir à cest égard, af'fin qu'il n'arrivât aucun tort ny à cette ville ny aux dits nobles De la Tour. Par lesquels manuels, comme aussi par les titres produits par les dits sieurs De la Tour, s'estant consté qu'égrége Pierre De la Tour, leur bisayeul, après avoir obtenu permission d'achepter une maison dans la ville, a esté nommé par trois fois parle corps du Conseil pour estre justicier, laquelle charge il a ensuitte actuellement possédée et en outre a esté esleu roy des arquebusiers, selon la coutume de ce temps là. S'estant aussy consté que discret Jean Cucuat, après avoir obtenu en l'an 1584 permission d'achepter maison, a esté en 1591 esleu conseiller sans avoir obtenu autre droit de bourgeoisie que dite permission, veu aussy que les descendants du dict Pierre De la Tour ont tous esté qualiffiez de bourgeois, scavoir les nobles Gamaliel De la Tour, grand-père des requérans, Gabriel, leur oncle, et George, leur père, en divers actes publiqs, entre lesquels il en a paru qui ont été passés à la face du Conseil, et qu'enfin ils ont esté visitez hors de la ville dans leur maladie de la part du Conseil, ce qu'on n'a accoustumé de pratiquer qu'à l'esgard des bourgeois, et mesme ont fait divers légats au charitable Hospital. A ces causes nous avons reconnus, comme par cette nous reconnaissons, les dits nobles Jean-Gamaliel, Jean-Baptiste, François et Jacques-François De la Tour pour anciens bourgeois de cette dicte ville de Vevey, pour eux et leur postérité maie, née et à naistre en loyal mariage, à perpétuité, pour pouvoir jouir des mesmes droits, libertés, franchises, privilèges, comunages et boscheages dont les autres anciens bourgeois jouissent et peuvent jouir. En ce toutefois que comme jusques icy on a eu quelque tolérance pour les bourgeois forains à l'esgard de la jouissance de quelques privilèges, dont à rigueur de droit nul bourgeois n'a droit de
1 Manuel ou registre du Conseil. Aussi écrit manual, manuaux.
jouir, sinon qu'il réside dans le lieu ou qu'il supporte les charges, les dicts nobles De la Tour seront obligez de se soumettre à ce qui pourroit estre reiglé à l'advenir, à cet esgard pour les autres bourgeois forains sans contradiction, et en outre sous les conditions suivantes, lesquelles lesdicts sieurs De la Tour, frères, et les leurs à l'advenir, promettront par serment solennel, qu'ils prêteront, de bien et fidellement observer. Assavoir... (ici sont énumérées les conditions spéciales
imposées alors aux bourgeois)
Et au cas que les dicts sieurs de la Tour ou quelques-uns des leurs vinssent à contrevenir aux dittes conditions ou parties d'icelles, le contrevenant sera privé de la ditte bourgeoisie et des bénéfices en dépendants. En foy de quoy les présentes leur sont expédiées, soubs le scel de cette ditte ville, par le seing du secrétaire d'icelle le 23e mars 1690.
Archives de Loys
Contrat de mariage entre N. Sébastien-lsaac De Loys et N. Louise-Françoise De la Tour.
18 et 29 avril 1713.
A l'honneur et gloire de Dieu traitté de mariage a élé fait et promis de s'accomplir sous sa bénédiction en l'église des fidelles entre noble et vertueux Sbastian-Isaac De Loys, capitaine d'une compagnie d'élection pour le service de LL. EE. de Berne, nos souverains Seigneurs, fils de noble et généreux Jean de Loys, seigneur de Villardin, Warrens, Orsens, Prahint, Chanéaz, Montet, Chavanes et autres lieux, et citoyen de Lausanne, et de fût noble et vertueuse dame Esther De Lavigny, assisté du dit noble et généreux seigneur De Villardins, son père, et des nobles, généreux et vertueux George-Louys De Loys, son frère, Isaac De Loys, seigneur lieutenanl bail-
lival, Jean-Rodolph de Loys, seigneur deMiddes, conseiller et ancien bourcier, Benjamin De Loys, seigneur de Correvont, conseiller et ancien bourcier d'épargne, Daniel De Loys, fils du dit seigneur de Middes, îsicolas Bergier, seigneur de Forel et Etienne Pollier, seigneur de Vernand et aussi conseiller de Lausanne, ses parents, et noble et vertueuse demoiselle Louyse-Françoise De la Tour, fille de fût noble et vertueux Jean-Baptiste De la Tour, bourgeois de Yevey et de deiïunte vertueuse dame Jeane-Louyse Warnery, assistée et authorisée par noble et vertueux Jean-Baptiste De la Tour, sieur assesseur consistorial de Vevay et justicier de la Tour de Peilz, son cousin paternel, lequel a promis de faire authoriser et raliffier le présent traitté de mariage par noble et vertueux Jean-Gamaliel De la Tour, son père, ancien seigneur châtelain du Châtelard, oncle paternel et tutheur testamentaire de la ditte noble demoiselle épouse, absent pour cause de maladie, et par les nobles, généreux et vertueux Christophle Charrière, seigneur de Mex, César Charrière, seigneur de Bournens et autres lieux, Rodolph Charrière, seigneur de Senarclens, Jean-Pierre Charrière et Salomon Langin, ses parents. En vue duquel mariage la ditte noble Louyse-Françoise De la Tour se constitue au dit noble Sbastian-Isaac De Loys, son cher époux, avec tous ses biens echeus, à la réserve de ceux que Madame sa belle-mère a en jouissance. Desquels le dit noble époux aura la jouissance pendant sa vie, excepté cinquante écus petits que la ditte épouse s'est réservée annuellement pour en disposer comme il luy plaira. Et si noble Jacques-François De la Tour meurt sans enfans, en ce cas l'héritage de fût noble et vertueuse Louyse De la Tour, revenant à la ditte épouse, suivant la disposition qu'en a faitte en sa faveur la ditte n. Louyse De la Tour, sa tante et marraine, le dit noble époux aura alors le choix de donner annuellement les dits cinquante ecus à sa ditte noble épouse ou de luy laisser jouir en place le dit héritage de sa tante et marraine. — Item,
le dit noble époux a promis d'habiller sa ditte bien aimée épouse et de luy donner des joyaux, le tout d'une manière convenable à leur qualité, ou bien il luy donnera au lieu des dits joyaux la somme de deux-mille et cinq-cents florins, sous la condition qu'ils seront réversibles aux enfants, dont il plaira à Dieu de les bénir dansée mariage; et si la ditte noble épouse les survit, cette somme lui apartiendra en propre et elle en pourra disposer comme de son bien. — item, le dit noble époux promet à sa ditte noble épouse au lieu deaugment, la somme de vingt mille florins, qui seront réversibles à leurs dits enfans, et s'ils meurent avant elle, les dits vingt mille florins seront à elle avec pouvoir d'en disposer comme elle le trouvera bon et à propos. — Item, le dit noble époux a promis de faire un inventaire de tous les effets de la ditte noble demoiselle De la Tour, son épouse, pour le luy confesser et assigner convenablement, ce qui le doit être. — Item, si le dit noble époux meurt avant la ditte noble épouse, des parens d'un et d'autre côté régleront et conviendront d'une somme, qui devra être donnée annuellement à la ditte noble épouse pour un logement des biens du dit noble époux. Et le dit noble et puissant seigneur de Villardins, pour marquer son agréement au présent mariage, l'amitié et la tendresse qu'il a, tant pour le dit noble capitaine, Sbastian-Isaac De Loys, son cher fils, que pour la ditte noble demoiselle De la Tour, épouse, il donne et constitue de dot au dit noble époux la somme de vingt-mille francs, à conte desquels il luy donne et remet la terre et seigneurie de Warrens, avec tous droits et apartenances qui en dépendent, laquelle il estimera sur le pied qu'elle luy coûte, el au cas que le prix et la valeur de la ditte seigneurie de Warrens ne montent pas assés haut pour faire le payemenl entier de ditte somme de vingt mille francs, le dil noble el généreux seigneur de Villardins accomplira le surplus de ditte somme en le payant au dit noble seigneur deWarens, son fils, de la manière qu'il le trouvera à propos. Finalemenl le
dit noble et généreux seigneur de Yillardins a promis, au cas qu'en mariant quelques uns de Messieurs ses autres fils, il trouvast à propos de les dotter plus avantageusement qu'il ne faict présentement le dit noble seigneur deWarens, il augmentera la dotte de ce dernier jusques à ce qu'elle soit entièrement égale à celle qu'il luy plaira de faire à l'un des autres. Quant aux autres conditions qui ne sont pas icy exprimées les parties s'en raportent aux lois de la ville de Lausanne, selon lesquelles le présent traitté de mariage est fait et passé au dit Lausanne, sur les mains du notaire et secrétaire soussigné, en présence des prédits nobles, généreux et vertueux seigneurs parens de l'une et de l'autre des parties, ce dix-huitième avril mil sept cents et treize.
Signé : De Illens.
Le prénommé noble et vertueux Jean-Gamaliel De la Tour, ancien seigneur châtelain du Chàtelard a authorisé la ditte noble et vertueuse demoiselle De la Tour, sa nièce et pupille, dans les promesses de mariage qu'elle a cy devant contractées avec noble et généreux Sbastian-Isaac De Loys, seigneur deWarens, ayant aussi approuvé et rattiffié toutes les conditions contenues au contract de mariage ci-devant écrit, reçeu et signé parle soussigné comme en fait foy l'acte signé égrége Raisin, datte du vingt-neuvième de ce mois. Vu par le notaire soussigné et remis entre ses mains le vingt-neuvième avril
mil sept cents et treize.
De Illens.
Manual du Conseil de Vevey, N° V, p. 291. Séance du 25 novembre 1715.
M. le vice commandeur s'étant apperceu que la famille de M. De la Tour devoyent quinze pistoles pour recognoissance
de leur bourgeoisie et ne trouvant point comme quoy ils s'en sont acquitté, demande avis là dessus. Ordonné que M, le Conseiller Abraham-Etienne Hugonin s'en informera auprès de M. l'ancien secrétaire Magny, qui a oublié de l'inscrire.
Manual du Conseil de Yevey, N° V, p. 300. Séance du 12 décembre 1715.
M. le conseiller Hugonin ayant été prié de s'informer si les quinze pistoles promises par la famille De la Tour étoient payées, il a rapporté qu'il avoit été payé 200 florins et que le reste étoit encore dû. M. Hugonin est prié d'en parler aux hoirs De la Tour.
Manual du Conseil de Yevey, N° V, p. 302.
Sri m ce du 16 décembre 1715.
M. le conseiller Hugonin rapporte que la veuve De la Tour lui a déclaré être chargée de la dette et la paiera, ainsi qu'un don à l'hôpital en souvenir de son mari.
Manual de la colr baillivale de Yevey Séance du 13 février 171<i.
Sur la citation donnée aux sieurs frères Dubochet, de Chailly, à l'instance de M. DeYuarens, agissant au nom de Mme son épouse et de Mme De la Tour ', fondé en procure dattée du 8me du courant, avec promesses de la taire plus amplement authoriser, si requis, pour être appointés sur lesman-
1 Belle-mère de sa femme.
dats qu'ils ont réciproquement obtenus au sujet de l'eau dont le dit noble De Yuarens prétend d'avoir droit pour l'égueage ! de son pré de Preti, de laquelle il soutient d'estre en possession. Les dittes parties étant comparues, le dit noble De Yuarens, assisté du sieur procureur Sauge, a soutenu de plus fort qu'étant fondé du dit possessoire, auquel il a été troublé par voye de faict par les dits sieurs Dubochet, il requiert y estre maintenu et que les dits sieurs Dubochet prétendent de le déposséder, il aient à le faire par clame, offrant de sister en droit, quand il y sera juridiquement évoqué, et, pour n'y avoir voulu acquiescer, qu'ils soyent condamnés aux dépends.
D'ailleurs le sieur Lieutenant Dubochet et son frère, assesseur consistorial, étant comparus, ont nié le dit possessoire et ont soutenu au contre d'estre en possession eux-mêmes de l'eau sans conteste. Et ainsi c'est au dit noble De Vuarens à leur faire clame pour les déposséder.
Sur ce, veu le posé en [faict du dit noble De Yuarrens et la négative des dits sieurs Dubochet, nous avons renvoyé les parties par devant l'honorable Justice du Chatelard, qui est le juge naturel et compétant en ce faict, aux fins que le dict noble De Yuarens par un préalable justifie son possessoire allégué, après quoy sera procédé et jugé plus outtre, ainsy que par droict conviendra. Despends en surçoy.
Au rapport les dits sieurs Dubochet ayant voulu apporter quelques exceptions à la susdite sentence, il a été connu qu'ils doivent appeller ou accepter purement et simplement, suivant les loix et ordonnances souveraines. Après quoy les parties ont réciproquement accepté.
1 Arrosage.
Manual du conseil de Vevey, N° V
Séance du 11 mars 1716.
Sur la proposition faite par M. le Commandeur que M. Dr Loys, seigneur de Vuarens, se licentie de vendre vin à la pinte sans estre bourgeois et sans avoir Fhonesteté de demander à ce Corps d'estre tolléré, sous prétexte qu'il a maison en ville de sa femme, fille de feu M. Jean-Baptiste De la Tour, cette conduite a esté désaprouvée et quelques membres du Conseil qui sont de sa cognoissance ont été prié de le luy faire sentir: que s'il continuée vendre vin et à demeurer dans le silence, sans faire aucune démarche de déférence, comme il le doit, on prendra des nouvelles mesures contre luy qui ne luy seront pas agréables.
Manual du Conseil de Vevey, N° V, p. 396. Séance du 7 mai 1716.
A la requeste de Noble et généreux Sbastien-Isaac De Loys, citoyen de Lausanne, il a esté reçeu de la grande bourgeoisie de ce lieu, luy comme nouveau et sa postérité mâle à naistre en loyal mariage comme anciens bourgeois, selon l'ordre accoustumé, et c'est pour et moyennant la somme de nulle florins et deux louys d'or qu'il paiera : ayant preste le serment accoustumé et singulièrement qu'il ne pourra se séparer par des contributions particulières avec d'autres familles pour les pauvres au préjudice de l'Hospital (laquelle clause sera à t'advenir adjuuttée dans le sermenl des bourgeois pour un chacun). Le dit N. De Loys estanl rentré quelque teins après pour demander éclaircissement sur l'article du serment qui luy a esté lu, scavoir qu'il ne pourra jouir des privilèges el
to
avantages de la ville qu'en demeurant dans icelle, (désira) scavoir s'il ne luy seroit pas loisible qu'en tenant quelques domestiques à l'ordinaire dans sa maison, demeurant partie du tems à Vevey, à Lausanne et autre part, il ne pourroit pas également jouir des privilèges de ditte ville. On ne l'a pas trouvé fondé dans ses explications et on luy a respondu qu'on n'avoit rien à changer aux propres termes contenus au dit serment, a quoy il a enfin consenti de s'y conformer.
Manual de la cour baillivale de Vevey Séance du 1er décembre 1716.
Ont comparus les sieurs frères Dubochet de Ghally, défendeurs, appellants par recours, d'une, contre M. le capitaine De Vuarens au nom qu'il agit, assisté du sieur procureur Sauge, demandeur appelle, d'autre part, pour procéder à la vuidange du dit recours, duquel entendu le cours, connoissance inférieure rendue et griefs sur icelle produits, le tout de près considéré, trouvans la ditte connoissance inférieure juridique et bien fondée, pour les fondemens y contenus, nous avons jugé et sentence par nos dits inférieurs bien avoir été connu et à nous par les dits sieurs Dubochet mal recouru, les condamnans aux despends à modération.
Au rapport les dits Dubochet ayans voulu appeller ils ont été sur l'empeschement de la partie éconduit. Surquoy ils ont protesté de l'obtenir selon droit.
Manual du Conseil de Vevey, N° X, p. 16.
Séance du 28 janvier 1717.
M. le Commandeur a rapporté qu'il avoit sollicité M. de Vuarens pour le paiement de sa bourgeoisie et qu'il souhai-
toit d'avoir terme de deux mois, pendant lesquels il prioil qu'on luy dressât sa lettre de bourgeoisie d'une manière qui pût luy être satisfaisante, au point de ne luy porter préjudice à ses autres bourgeoisies. Ordonné que l'on chargera M. le secrétaire Falconet d'en dresser modèle, qu'il luy communiquera, consentant que ce soit d'une manière à pouvoir contenter le dit M. le capitaine de Yuarens, pourvu que ce ne soit pas d'une manière à préjudicier aux intérêts de cette bourgeoisie et à tirer conséquence pour d'autres.
Manual du Conseil de Yevey, N° X, p. 130. Séance du 26 juillet 1717.
M. le commandeur a proposé que M. le capitaine De Loys De Yuarrens souhaiteroit que Ton retranchât de sa lettre de bourgeoisie la nouvelle condition, que l'on trouva à propos, le 7 may 1716, jour de sa réception, d'adjouter pour Padvenir au serment des bourgeois, scavoir qu'ils ne pourroient se séparer par des contributions particulières avec d'autres familles pour les pauvres, au préjudice de l'Hospital. Ordonné que, comme le Corps étoit complet lorsque l'on a passé cette ordonnance et que l'on la manifesta au dit Seigneur de Yuarens, l'on ne peut pas y rien toucher, ni changer, sans que le Corps soit aussi complet-.
Maniai, du Conseil de Yevey, N° X, p. 134. Séance du 29 juillet 1717.
M. le capitaine De Yuarrens continuant toujours a requérir que l'on retranche de ses lettres de bourgeoisie la nouvelle condition y insérée, dont est parlé en Grand Conseil, sous les offres qu'il fait, comme l'a rapporté M. le docteur De Bolaz,
de venir déclarer ici que ce qu'il en fait n'est nullement dans le dessein de se séparer par des contributions particulières, étant disposé à se ranger comme tous les bourgeois à tout ce qui sera ordonné, mais uniquement ne voudroit-il pas que sa lettre fust la première qui contint cette nouvelle condition. — Ordonné que l'on suivra à cet errement là.
Manual du Conseil de Vevey, N° X. p. 165.
Séance du 1er septembre 1717.
Sur l'avis qu'a demandé M. le Commandeur de ce qu'il doit faire du restât que doit la noble famille De la Tour, à l'occasion de leur bourgeoisie, il avertira incessamment Mme la veuve De la Tour de venir régler et acquitter cette dette, si moins l'on se verra obligé d'agir contre clic et mesme l'on ne pourra plus (ne satisfaisant pas cela) lui permettre l'entrée et la débite de son vin en ville.
Manual du Conseil de Vevey. N° X. p. 39J. Séiiiirc du 28 avril 1 7 1S.
M. le Commandeur a raporté qu'il avoit parlé à M. le capitaine deYuarens, au nom de sa Dame, née De la Tour, au sujet du paiement du restât des quinze pistoles de la reconnoissance de bourgeoisie de la famille De la Tour, dont feu M. De la Tour, son beau père, doit s'être chargé par les partages de leur famille. Surquoy il fait encore quelques difficultés de paier. Comme l'on veut finir cette affaire, sans plus de renvoy, M. le juge Hugonin a été chargé d'écrire à M. Magny pour avoir de luy tous les éclaircissements qu'il peut donner sur cela.
Manual du Conseil de Vevey, N° X. p. 195. Séance 'lu 18 août 11 18.
M. le commandeur ayant raporté que M. le capitaine de Yuarrens ne veut pas entendre parler de satisfaire le restât des quinze pistoles, promises par MM. les frères De la Tour pour contribution pour la maison de ville, lors de la reconnoissance de leur bourgeoisie. Comme l'on prétend être payé de cette dette, M. le Commandeur a été chargé d'en parler incessamment à Mme De la Tour, qui est plus intéressée au fait à cause de ses enfants, eus avec feu M. Jean-Baptiste De la Tour, son premier mari1, et M. le juge Hugonin s'est chargé d'en parler aussi à M. de Rovéréaz, leur oncle.
Manual du Conseil de Vevey. N° Y, p. 67. Séance du 19 juin 1719.
Madame De la Tour (née de Rovéréaz) étant remariée au sieur Dulon, elle a perdu par là son droit de bourgeoisie, ainsi l'on prendra garde à l'advenir qu'elle n'introduise poinl en ville du vin de son propre crû, mais seulement celui de ses enfants, eus avec feu .Monsieur De la Tour, et cela à la condition que par préallable la dite hoirie De la Tour paiera ce qu'elle doit pour reste de la reconnoissance de leur bourgeoisie.
1 Cette dame s'était remariée quelques mois auparavant avec le ministre Dulon, de Villeneuve.
Manual du Conseil de Vevey, N° Y, p. 419. Séance du 13 juin 1720.
M. le capitaine Miol ayant proposé que l'on veuille se contenter du capital restant des quinze pistolles, promises le 19 mars 1696 par Messieurs les frères De la Tour pour reconnoissance de leur bourgeoisie, après avoir déduit les 200 fl. reçus le 3e fév. 1707, offrant pour le dit restât 175 fl. et rien plus, en ne passant de cette manière les pistolles qu'à dix livres. Ensuite de cette proposition, ayant vu sur le manual l'engagement de MM. de la Tour, l'on a trouvé qu'ils se sont engagés de contribuer quinze pistolles d'or, ou valeur, pour réparation de la maison de ville, payables toutes fois et quantes on mettra la main à la ditte réparation. Ainsi ce sont des pistolles d'or qu'ils doivent, soit la valeur, que l'on n'en peut tirer plus bas que 11 livres et o sols. Et c'est de cette manière que l'on doit les tirer en compte. Quant aux intérêts l'on veut bien, par considération, ne les exiger que dès le 30 juin 1710, que la maison de ville étant achevée de bâtir le Conseil des six-vingt s'y assembla pour la première fois.
Que, si contre toute attente de ce Corps, les intéressés ne veulent pas satisfaire cette dette sur ce pied, M. le commandeur est chargé de faire gager Mme De la Tour, née de Rovéréaz, au nom de ses enfants au plutôt et mesme avant la S1 Jean.
Manual du Conseil de Yevey, N° 1, p. 487 et 498.
Séance du 23 mars 1722.
M. De Yuarens promet sa part (de la dette ci-dessus), estant fâché de ne l'avoir pu paier plus tôt, à cause de ses absences continuelles.
Séance du 26 mars 1122.
M. le conseiller Miol a fait rapport que Madame de Vuarens luy a promis de paier d'abord le restât de la reconnoissance de la bourgeoisie de la famille De la Tour. De même les cent florins de légat que fit M. Jean-Baptiste De la Tour. Ayanl toutefois requis qu'on luy octroyé en abergement une petite place qu'il y a dernier la mayse des filles Magnin. — L'on ira en corps examiner le fait sur le lieu.
Séance du 6 avril 1722.
Rapport a été fait par M. le lieutenant De la Fontaine, commandeur Davel, conseillers Miol et Pidoux, d'avoir vu les deux petites places que M. De Vuarens demande en abergement, non pour y bâtir, mais pour éviter que l'on y bâtisse et par là qu'on luy ùte la veue de sa maison, souhaittant d'ailleurs que le tier et le quart n'y pût plus mettre des fumiers et d'un peu aplanir cette place. Abergement qu'une partie des commis1 croit que l'on pourrait faire. — Le Conseil trouve des inconvénients à cet abergement et des mauvaises conséquences. D'ailleurs l'on croit d'avoir accordé à feu M. De la Tour tout ce qu'on pouvoit accorder, ce que l'on examinera.
Outre que M. De Vuarens peut s'assurer que l'on n'accordera aucune permission de bâtir dans ce lieu là.
Manual du Conseil de Vevey, N° 1, p. 515. Séance du 20 avril 1722.
M. le conseiller Miol a livré au nom de M. le capitaine de Vuarens, soit de Mme son épouse, née De la Tour, pour restai des quinze pistolles d'or, promises pour la reconnoissance de
1 Membres de la Commission désignés ci-dessus.
la bourgeoisie de la noble famille De la Tour, après les 200 fi. reçus à compte, Livres 88, 15: plus au lieu d'intérêt, de la bonne volonté de M. de Vuarens, un louis dor vieux, tiré à L. 12. En tout : L. 100. 15. Dont] on donnera quittance au dit M. De Yuarens, dans laquelle sera jinscrit qu'il a livré généreusement le dit louis d'or.
Ma mai. dc Conseil de Lausanne.
Séance du 26 septembre 112 1 '.
Monsieur de Vuarrens nous ayant très humblement prié de luy permettre de demeurer à Vevay, pendant qui luy est absolument nécessaire d'y rester, toutefois en lui conservant les charges des 200 et 00, s'estant desporté de celle des appellations, nous priant de ne point regarder la charge d'Assesseur Ballifval qui luy a esté donnée, comme un obstacle à la conservation des charges qu'il possède dans ce public. Le tout examiné, pour plusieurs considérations, et sans que cela puisse tirer en aucune conséquence à l'advenir pour qui que ce soit, d'autant que nous n'entendons pas qu'on puisse posséder dans d'autres balliages des employs, et en posséder de celles de ce public en mesme temps. Nous accordons au dit M. de Vuarrens de demeurer pendant trois années à Yevey en luy conservant ses charges des 200 et 60, bien entendu qu'au bout de trois années ledit M. deYuarrens sera obligé de se présenter par devant nous en cas qu'il souhaitte de rester plus longtemps, et que lesmesmes raisons, qui nous ont porté à luy faire la faveur que nous luy accordons, subsistent toujours pour que nous puissions luy accorder une prolongation ou la luy refuser -.
1 Dû à l'obligeance de M. Ernest Chavannes. Nous le remercions ici de sa complaisance à nous procurer les actes qu'il pense devoir nous être utiles.
2 Une autre preuve de la faveur exceptionnelle dont M. de Warens jouissait
Manual du Conseil de Vevey, N° 2, p. 431. Séance du 7 décembre 1 724.
S'est présenté M. Isaac De Vuarens De Loys (sic), assisté de M. le lieutenant-ballival de Lausanne De Bochat, son oncle, exposant que ses prédécesseurs ont eu l'honneur d'être du nombre des bourgeois de cette ville et offrant de prouver authentiquement la filiation de ces dits prédécesseurs, bourgeois de ce lieu, ils prient d'être reconnus et1 la famille De Loys en cette qualité.
Ce que considéré on a trouvé à propos de témoigner à ces Messieurs les égards et la considération que ce Corps a pour leur noble famille De Loys et qu'on est très disposé a leur faire plaisir et à leur agréer, dès qu'on aura reconnu la justice de leur prétention. Ainsi on a établi une commission de six membres pour examiner les titres produits par ces dits Messieurs, aussi bien que nos vieux manuaux. Les seigneurs commis sont : MM. le banderet, juge Hugonin, lieutenant De la Fontaine, commandeur Miol, assesseur baillival Morier et M. Gignilliat, lesquels s'assembleront chez M. le banderet.
à Lausanne et, en même temps, à Vevey, se trouve dans le procès-verbal de la séance du Conseil de Lausanne, du 1er décembre 1724. A cette date, quoiqu'il ne lit encore partie d'aucun des conseils veveysans, ceux-ci, contre tout usage, le désignèrent pour remplir une mission auprès de ses combourgeois. Lorsqu'il se présenta à MM. de Lausanne, ces derniers décidèrent que : ■ Messieurs (le) Boursier et (le) Maisonneur feront honnêteté audit Monsieur de \ uarrens pour marquer à Messieurs de Vevay l'estime que nous avons pour eux et au dit M. deVuarrens celuy que nous avons pour sa personne. 9 (Comm. de M. Ern. Chavannes.) 1 Et est ici employé pour ainsi que.
Ma.nual du Conseil de Vevey. N° 2, p. 432. Séance du 8 décembre 1724.
MM. les commis pour l'examen des titres produits par MM. De Bochat et De Yuarens, pour la preuve de leur bourgeoisie, ont fait leur rapport et ont dit qu'ils avoient examiné la descendance d'Artaud Loys, bourgeois inscrit sur nos Manuaux en l'an 1454. et qu'il paroit, par les tittres produits, assez clairement que ces MM. les requérants et leur famille, présentement en cinq branches, descend du dit Artaud. Cependant, comme cette affaire est importante pour cette bourgeoisie, ce Corps a trouvé à propos de prendre plus outre toutes les lumières possibles en feuilletant nos vieux manuaux,au plutôt: c'est ce qui sera manifesté aux dits MM. les requérants, en leur témoignant qu'on est toujours disposé à avoir tous les égards que la justice et l'équité pourront permettre. Et après qu'on aura recherché et découvert tout ce qui se pourra trouver à ce sujet, on travaillera à terminer cette affaire le plus amiablement possible par moyen des arrangements et expédients, qu'on pourra proposer à l'égard des unes et des autres des branches de ditte famille, dans lesquelles on a lieu de faire diverses distinctions quant aux droits de jouir à l'avenir des privilèges de cette bourgeoisie.
Manual du Conseil de Vevey, N° 2, p. 447.
Séance du 20 décembre 1724.
Nous le Banderet, Commandeur et Conseil de la ville de Vevey, savoir faisons par les présentes que le 18 décembre
1721, en conseil ordinaire, s'est présenté noble et généreux Sbastien-Isaac Loys, seigneur de Warens, assesseur balival de cette ville, citoyen et membre du conseil des 60 de la ville de Lausanne : Exposant qu'il auroit paru par devanl ce noble Corps le 7e de ce mois avec noble et généreux Isaac Loys, seigneur de Bochat et lieutenant balival au dit Lausanne, lour demander au nom de leur famille que les droits qu'ils ont de bourgeoisie, dès le XIVe (? XVe) siècle, dans cette ville soyent reconnus, se tondant sur l'inscription contenue dans le manual du Conseil à la datte du premier dimanche de Carême de l'an 1454, qui porte que Messire Artaud Loys a cottisé en qualité de bourgeois de Vevay, quoiqu'il demeurât à Lausanne, et duquel leur famille est descendue, comme il Ta prouvé par devant les six membres de ce Corps, qui ont été gommis pour cela. Et comme ce noble Corps lui a rapporté, pour s'édiffîer d'autant mieux, prendre de nouvelles informations à ce sujet dans les manuaux et registres de la ville, il prie qu'il soit délibéré sur son exposition et que justice lui soit rendue en vertu de ses tittres, se déclarant ne paroître aujourd'hui que pour sa branche, assavoir lui et nobles George-Louis et Paul Loys, ses frères. — Ouy la ditte exposition et le rapport de MM. le banderet Du Four, juge Hugonin, lieutenant De la Fontaine, commandeur Miol, assesseur ballival Morier et conseiller Gignilliat, commis pour examiner les tittres produits par le dit seigneur de Warens, lesquels rapportent : Premièrement, que l'inscription indiquée par le dit noble requérant est bien telle qu'il le rapporte, savoir que n. Artauld Loys a contribué en qualité de bourgeois en 1454, pomme il a paru par le manual de cette datte, cotté A. fui. 53: secondement, que la filiation du dit Artaud Loys, jusques au dit n. requérant, a été démontrée par des actes notariaux bien caractérisés, comme testaments, contrats de mariage et partages, qui prouvenl Légalement que du dit X. Artauld Loys pont descendus: nobles Etienne. Auhert. Catelin, Philippe,
Jean-Philippe et Jean Loys, seigneur de Yillardin, père du dit requérant.
Après ce rapport le dit corps du Conseil a fait toute l'attention convenable , premièrement aux droits et tittres produits par le dit seigneur de AVarens, pour preuve de la bourgeoisie du susdit n. Artauld Loys et de la descendance d'i celuy ; secondement, on a considéré que par la recherche exacte faitte dans les manuaux de la ville en cette occasion, on n'a rien trouvé de contraire au droit du dit seigneur de AVarens; troisièmement, le dit Corps du Conseil faisant attention au mérite personnel du dit n. requérant et aux bénéficences, tant, de lui que de noble et vertueuse Françoise-Louise De la Tour, son épouse, notre ancienne bourgeoise, envers les pauvres de cette ville, le dit Corps embrasse avec plaisir l'occasion de leur donner des marques de l'estime particulière et de la considération qu'il a pour l'un et pour l'autre, en sorte que sans s'arrêter à diverses exceptions qu'il auroit pu apporter sur les raisons du dit n. requérant, comme l'insuffisance de la nature de son tittre et la prescription de son droit par le long espace de tems, qui s'est écoulé dès la cotisation du dit Artauld Loys, sans que dès lors ses descendants ayent en rien suffrage personnellement ni réellement. D'ailleurs l'ignorance où le dit n. requérant a été des dits droits pendant un si long terme, ce. qui pourroit induire des conséquences désavantageuses pour lui, et autres exceptions de cette nature. Le dit corps du Conseil, sans vouloir donc s'y arretter par les motifs précédents, a receu et reconnu le dit seigneur De Warens et les dits George-Louis et Paul Loys, ses frères, pour être bourgeois de cette ville, les reconnaissans et recevans par les présentes du nombre des vieux bourgeois d'icelle, pour jouir eux et leur postérité, en légitime descendance, de tous les privilèges, franchises et immunités delà ditte ville, comme les anciens bourgeois ont droit de jouir, sous condition que le dit n. requérant fera pour ce sujet une contribution convenable et qu'ils se
soumettront à l'avenir, eux et les leurs, aux adstrictions, reiglements et statuts de la ville, faits et à faire, comme les autres anciens bourgeois.
Ce qui ayant été manifesté au dit noble seigneur DeWarens, il l'a accepté avec remerciments et s'est déclaré se relâcher dès à présent en faveur de ditte ville des quatre cents livres, intérêts et honoraires, qu'il a livré en 1716, lorsque, dans l'ignorance, de son droit, la bourgeoisie de ce lieu, qu'il demanda alors, lui fut accordée, ensorte qu'il tient quitte dès à présent la ditte ville de Vevey du droit qu'il prétendoil avoir de redemander cette somme.
Ce Corps ayant remarqué avec plaisir la générosité et les bonnes dispositions du dit seigneur de Warens en faveur de ce public, corne il en a donné diverses preuves, a trouvé à propos de lui marquer sa sensibilité à cette occasion en l'établissant, comme par les présentes ils l'établissent, membre du Conseil des Soixante, sous l'approbation du N. corps des Trente, lequel corps s'étant assemblé le 20e du dit mois de décembre, a unanimement confirmé et ratifié le dit établissement.
En foy de quoy un double des présentes a été expédié au dit n. seigneur de Vuarens, sous le sceau de la ditte ville, les susdits jours 18e et 20e décembre 1724.
Manual du Conseil de Vevey, N° 3, p. 39.
Séance du ier février 1725.
Le sieur Elie Laffont, désirant de s'établir dans cette ville pour faire travailler en bas de soie et autres, demande d'estre receu gratieusement1 et sous diverses conditions favorables, qu'il a proposé par la requeste qu'il produit.
1 C'est-à-dire san9 exiger de lui les prestations que devaient payer les habitants non bourgeois.
A esté délibéré d'agréer au dit sieur Laffont et de le favoriser dans son établissement autant qu'il sera possible, vu qu'il peut en résulter un grand avantage à cette bourgeoisie ; ainsi on a établi une commission de MM. les conseillers Chatellain etGignilliat, qui, avec M. le commandeur, accompagneront le dit sieur Laffont pour chercher un logement qui convienne à ses manufactures, après quoy on déterminera toutes les conditions réciproques sous lesquelles on le recevra en ville.
Manual du Conseil de Vevey, N° 3, p. 45. Séance du 5 février 1725.
Les commis, de concert avec le sieur Laffon, trouvent que la maison de M. Fatio, de Genève, située au Bourg-franc, serait propre pour luy. Après diverses prétentions, il s'est enfin restreint à demander par essay pour une année l'entier louage de la maison qu'il prétend occuper, qui est d'environ cinquante-cinq écus petits. Après quoy nos honorés Seigneurs de ce Conseil seront en pouvoir de continuer ou d'arranger mieux les choses, comme il leur conviendra.
Délibéré que l'on peut bien agréer à la proposition du dit sieur Laffon, par essay d'une année, après quoy l'on verra ce qu'on trouvera à propos de faire à la suitte, et que M. le commandeur escrira à M. Fatio, de Genève, pour le dit prétendu louage, en lui faisant remarquer, selon son savoir faire ordinaire, le dessein que l'on a dans cette rencontre.
Manual du Conseil de Vevey, N° i, p. 13.
Séance du 21 mai 1725.
Madame de Yuarrens ayant fait représenter au Conseil qu'elle seroit dans le dessein d'augmenter sa manifacture de
bas (de soye) et de galette, en en établissant une pour des bas de laisne, et cela pour le plus grand avantage de cette bourgeoisie, en occupant diverses personnes oisives. Est requis qu'il plaise à ce noble Corps de voulloir luy accorder : que sa manifacture soit établie pour vingt ans à l'exclusion de tous autres ; que les ouvriers, qui travailleront à cette manifacture, soyent exempts d'habitation1 pour le dicl tems de vingt années.
Délibéré qu'on luy accordera tout ce qu'est au pouvoir de ce Corps, avec remercîments de la continuation de ses entreprises pour l'avantage du lieu.
Manual du Conseil de Yevey, N° i, p. 2ii, 245. Séance du 10 septembre lli'ô.
M. le commandeur ayant représenté de la part de Mme la conseillière De Yuarrens que ce noble Conseil s'étant jadis chargé de payer cent-dix livres, soit deux cents septante cinq florins par année, pour un louage de maison en faveur de la magnufacture de bas en soye et gallettes que le sieur Laffon, soit ses consorts, étoient dans le dessein d'établir dans cette ville, la ditte noble dame voyant que le dit établissement ne peut qu'estre utille dans ce lieu, a bien voulu gracieusement décharger le public de la ditte somme de deux cents septante cinq florins et soutenir en son propre ses frais, d'intention que ce noble Corps continuera de tollérer (après l'année révolue) tous les maîtres et ouvriers qui seront nécessaires pour l'utilité de la ditte manufacture, et les exemptera de payer aucune habitation" ni fabrique a, comme cela ;i\<>ii déjaz été promis au dit sieur Laffon, maître préposé dans la
1 Impôt exigé des habitants non bourgeois.
2 Travaux de ville à la charge des habitants.
ditte manufacture. Et qu'aucune autre ne pourra s'établir en ville à son préjudice pendant l'espace de vingt ans.
Ouy ce que dessus, il a été délibéré que M. le commandeur ira complimenter la dite noble dame, de la part de ce noble Corps, de la générosité avec laquelle elle en agit à cet égard, dont on en gardera le souvenir, et qu'on lui accorde tout ce qu'elle a ci-dessus fait demander. M. le conseiller De Yuarrens ayant déclaré qu'il authorisoit en la meilleure forme possible la dame, son espouse, à tout ce que dessus par elle promis.
Manual du Conseil de Vevey, N° 3, p. 219. Séance du 11 septembre 1125.
M. DeYuarrens s'estant cbaritablement chargé de son fdiol De Quervain dès il y a environ huict ans, demande à ce noble Corps de vouloir s'en charger jusqu'à ce qu'il soit en état d'estre mis dans un apprentissage, auquel tems il s'engage de luy faire apprendre un métier, à la décharge de notre Hôpital.
Sur ce délibéré : que M. le Commandeur aura soin de convenir avec le régent Coulin pour la pension du dit de Quervain, soit avec un autre, où il trouvera à propos.
Manual du Conseil de la ville de Berne, N° 108, F. 177. Snmce du 12 août 1126.
(Texte original en allemand.)
De même doit être mise aussi en son lieu la lettre de Morges qui annonce simultanément le départ du roi de Sardaigne pour Turin, le changement de religion de Mme De Yuarens et le pillage par cette dame de la maison de son mari, à Vevey.
Manual du Conseil de la ville de Berne, N° 108, f. 220. Séance du 19 août 1726.
(Texte original en allemand.)
Il n'a rien été décidé au sujet du rapport, fait par M. le bailli de Chillon l, que Mme de Vuarens, née De la Tour, femme de l'assesseur baillival et conseiller Louys, seigneur de Vuarens, a quitté il y a quelque temps Yevey pour se rendre à Evian et plus tard à Annecy, où elle abjura le protestantisme en embrassant la religion catholique. On attendra pour s'occuper du cas que M. De Vuarens vienne personnellement porter plainte auprès de LL. EE. Cependant ce rapport devra être conservé dans la Chancellerie.
Manual du Conseil de Berne, N° 108, f. 21)7.
Mandat du 29 août 1720 au Trésorier et aux Bannerets romands.
(Texte original en allemand.)
Messeigneurs, Il sera certainement parvenu à votre connaissance que Mme De Vuarrens, née De la Tour, s'est enfuie de nos Etats et s'est convertie en Savoie à la religion papistique, que pour cette raison les lois du pays attribuent sa fortune au Souverain, surtout puisqu'elle n'a pas d'enfant, el que le fisc prend déjà des mesures dans ce sens. M. De Vuarens a cependant comparu au devant de LL. EE. et les a suppliées en toute humilité : 1° de bien vouloir suspendre les poursuites ordon-
1 David Tschiffely était à cette époque bailli de Chillon el de Vevey.
nées par le procureur fiscal; 2° de lui céder le bien de sa femme encore existant, pour les motifs contenus dans sa requête et dans la lettre du bailli de Chillou.
LL. EE. ont accordé la première de ces deux demandes. Quant à la seconde elles vous prient, Messeigneùrs, de vouloir obligeamment vous charger de liquider l'actif avec le moins de frais possible, d'en faire dresser un inventaire exact, de même que des dettes et des créances existantes, enfin de leur présenter, avec cet inventaire, un préavis sur la supplication de M. de Vnarens.
MANUAL DE LA COUR BAILLIVALE DE Yk.YKY
Séance du l<> septembre 1726.
Le magnifique et très honoré Seigneur ballif Tschiffely, avec le noble et généreux Seigneur châtelain De Joffrey, en qualité de fiscal de la part de LL. EE., nos souverains Seigneurs, s'étans transportés à Chally pour prendre inventaire et faire taxe et évaluation des biens et effets de Mme De Yuarens, tant rière le Ghâtelard que Blonay, ensuitte des ordres que sa dite Seigneurie ballivale en a reçeu tout récemment, portans à y procéder avec toute la diligence possible.
M. le châtelain Dubochet. agissant au nom et en qualité de procureur-fiscal du noble et généreux Seigneur ballif De Bondely, seigneur baron du dit Chattelard, ayant eu avis de ce que dessus ce mattin sur les monts du dit Chattelard, où il procédoit à l'exécution des ordres de Sa Grandeur l'illustre et puissant Seigneur Thrésaurier De Wattenville (suivant qu'il l'a asséuré), il seroit ensuitte des dits avis intervenu au dit Chally à midy. Lequel a protesté pour tout ce qui se pourroit faire en cette occasion qui put préiudicier aux droits du dit Seigneur baron , et a prié sa ditte magnifique Seigneurie de
faire inscrire ses dites protestes pour les faire valoir ainsj que de droit. Et le dit noble et généreux Seigneur châtelain De Joffrey, en la qualité qu'il agit, a contreprotesté sur les dittes protestes, autant qu'il convient à la conservation des droits de LL. EE.
Archives de Loys.
Etat de la fortune et des dettes de Madame de Warens, dressé par ordre de LL. EE. de Berne le 10 septembre 1126.
Liste A. Etat de la fortune de Madame de Warens.
(Malgré nos recherches nous n'avons su la trouver dans aucune des archives que nous avons consultées.)
Liste B. Détail circonstancié des 1227 livres 5 sols 6 (limiers fournies par M . de Warens pour dettes, ducs parMmede Warens avant son mariage et pendant qu'elle était en pensum chés M. Magny à Veveij, ou chés Mme Crespin, à Lausanne.
Tiré du livre de raison (de M. de Warens) et des parties 1 :