HENRIETTE, DUBOIS
DUBOIS
Bonjour, mademoiselle Henrielle.
Belle Henriette, reçois mon tendre et pur hommage!
HENRIETTE
Allons, vous aussi, m'allez-vous dire des vers? Si cela continue, personne ne parlera plus français dans cette maison.
DUBOIS
Ah ! vous n'êtes pas aimable aujourd'hui, mademoiselle Henriette. Est-ce que M"'' la marquise ne serait pas de bonne humeur?
DENHIETTE.
De bonne humeur!... ah ! ça ne lui arrive pas souvent ! Mais il faut être juste, depuis qu'elle a mis le nez dans ce gros volume qu'on lui a envoyé d'Angleterre, c'est encore pis qu'auparavant?
DUBOIS
J'en vois quelquefois bien d'autres avec M. de Voltaire, moi qui suis à la fois son valet de chambre et son secrétaire.
UENRIETTi:.
Ah! c'est votre I>J. de Voltaire qui lui a tourné l'esprit.
DDDOIS.
Ah ! mon Dieu, j'oubliais les lettres. (Il va à la porte el appelle.) Robert !.. (Un domestique paraît
avec une boite en fcrblanc.) Tiens, voici les lettres, pars tout de suite.
(Il met les lettres dans la boîte. Robert sort.)
Hl'NRIETTE.
Dire que madame la marquise , riche, jeune et belle, pouvant rester à Paris , aller tous les soirs au bal et à la comédie , vienne s'enterrer dans un vieux château pour déchiffrer du latin, pour passer sa vie à lire!... H faut être diablement curieux pour cela !... Et votre maître aussi !... Toujours étudier !... Ah! ça, ces gens-là n'auront donc jamais fini leur éducation?. .
DUBOIS
Il parait!.... Mais tenez, le voici.
OOOOOOOOOOOOOO&OOOOOOOOOOOSOOOOOSOOOOOOOOOOOOOOOOOOO