M-"* DU CHATELET, VOLTAIRE
VOLTAIRE , entrant par la porte de gauche. Enfin, Emilie, je peux vous voir!... et ma visite n'est pas importune?... je l'espère, du moins. M™^ DU CHATELET, préoccupée.
Non sans doute.
Mais votre air dément presque vos paroles.
5jme DU CHATELET.
Préoccupée de quelque chose...
VOLTAIRE
Je comprends... Pardon, belle amie ! Je respecterais jusqu'à vos caprices , si vous pouviez en avoir.
M"'<= DU CHATELET
Des caprices?... moi!...
VOLTAIRE
Non, non , vous êtes la raison même , et c'est sans doute Newton qu'il faut que j'accuse. M™^ DU CHATELET, souriant.
Newton?...
VOLTAIRE
Ou bien Descaries!... Oui, votre esprit s'élève en ce moment au-dessus des choses de la terre ! . . . elles sont indignes de vous occuper.
M^e DU CHATELET, à part.
Je ne puis revenir de ma surprise! une telle audace...
VOLTAIRE
Vous ne mécoulez pas? vous paraissez inquiète, mécontente?
M™'= DU CHATELET
Peut-élre.
Vos calculs sonl-ils dérangés par quelque circonstance imprévue?
M™« DU CHATELET
C'est possible.
VOLTAIRE
Eh bien ! confiez-moi vos doutes : mes avis pourront vous aider... quoiqu'à vrai dire je vous sois bien inférieur pour ces sortes de choses. j|me DU CHATELET, avec grace.
Non, pour celle fois, vos avis me sont inutiles : j'aurais honte d'avoir besoin de secours pour terminer celle affaire.
VOLTAIRE
En ce cas, permettez que je vous parle d'une nuire qui vous intére.sse assez vivement pour que je réclame toute votre attention.
M"* DU CHATELET
Qu'est-ce donc ?
VOLTAIRE
Des nouvelles du marquis du Cbàlelet, de votre mari.