‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 1 sur 284 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Beauchesne, écrit avec une entière sûreté de recherches, restera la révélation la plus complète de la vie de Madame Elisabeth.

Mais, depuis l'époque de cette importante publication, des documents intéressants sur le même sujet ont été mis au jour et méritent d'être étudiés. Sans devenir plus facile, la tâche de Thistorien de Madame Elisabeth s'est modifiée. C'est maintenant à l'angélique Princesse de parler elle-même au lecteur, à sa douce voix d'appeler son attention, à sa main de tenir le flambeau qui éclaire sa pure et chaste physionomie. Grâce à la publication presque complète de sa correspondance, il est permis de suivre sous sa plume gracieuse et familière, avec le récit de la plus grande partie de sa vie, celui d'une époque dont l'histoire inspire une ardente curiosité aux temps moins cruels sans doute, mais si profondément troublés, que nous traversons.

Madame Elisabeth écrivait avec agrément et facilité. Ses lettres étaient appréciées par la société haute et délicate, au sein de laquelle s'écoulèrent les années brillantes de sa première jeunesse. Lassé de l'affectation emphatique du milieu du dix-huitième siècle, ce monde intelligent et distingué cherchait le naturel et la franchise, et trouvait ces qualités dans le style incorrect mais toujours original et vrai de la Princesse. Nulle ne possédait mieux qu'elle, cet

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art du billet de chaque jour, si cher à l'ancien régime, et qui faisait de la douce vie de nos aïeules une conversation sans interruption, un échange continuel de propos aimables et de nouvelles intéressantes. Les événements de la Révolution devaient multiplier ces entretiens et en troubler cruellement la sérénité. Trop tôt aussi, ils en augmentèrent l'importance et la valeur. Ce fut à Tépoque de la dispersion forcée ou volontaire de la famille et des amis de la princesse.

La liste de ses correspondants est alors fort nombreuse. En première ligne figurent ses frères, le comte de Provence et le comte d'Artois, ses tantes, Mesdames Adélaïde et Victoire, sa sœur la princesse de Piémont, sa belle-sœur la comtesse d'Artois, sa cousine la princesse Louise de Condé. Un jeune ecclésiastique d'un mérite rare, l'abbé de Lubersac, tient une place importante dans cette collection de lettres. Mmes de Duras, de Sorans, de Causans, de Clermont-Tonnerre, des Monstiers, les religieuses de Saint-Cyr viennent ensuite. Mais les principales confidentes sont deux jeunes femmes, élevées à ses côtés, et dont elle avait espéré ne jamais se séparer. Emigrées avec leurs enfants, elles avaient emporté un regret • amer d'avoir quitté leur royale amie. C'étaient Mmes de Raigecourt et de Bombelles. Au moment où s'absentait cette dernière, en 1789, Madame Elisabeth lui écrivait : « Je voudrais que

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