AVANT-PROPOS
» mes lettres fussent pour toi un agréable jour- » nal. » En effet, si l'on retranche de la correspondance de Madame Elisabeth avec ses amies les répétitions, les confidences ordinaires à des lettres intimes, il reste un journal, formant, depuis le début de la Révolution jusqu'au 10 août 1792, une relation presque quotidienne de cette époque, tracée avec une vérité impartiale et scrupuleuse.
Un écrivain célèbre (1) jugeait ainsi, il y a peu d'années, cette partie des lettres de Madame Elisabeth : « On a de ce temps, disait-il, un récit » complet, circonstancié, par une correspon- » dante qui ne cesse pas d'écrire durant trois » années et qui est du caractère le plus naturel, » le plus accentué, le plus vif. La princesse écrit » tantôt à Mme de Bombelles, tantôt à Mme de > Raigecourt, ses intimes amies. Elle cause sans » réticence, avec familiarité, avec effusion, et » d'un ton dégagé, presque gai, presque leste, » qui contracte singulièrement avec ce qu'elle » raconte et avec tout ce qui l'entoure. Cette » gaîté et cette sérénité, Madame Elisabeth les » puisait dans son humeur, et surtout dans sa » piété, dans sa confiance absolue en Dieu. . . . » Les journées des 5 et 6 octobre et du 20 juin, » sous sa plume, se dessinent en traits d'une
(i) SjiiuUî-Beuve. Nouveaux Lundi!;.