L'ÉMEUTE DU 48 AVRIL
mité, en annonçant qu'il irait à Saint-Cloud passer la semaine sainte. Le départ dut avoir lieu le lundi 18 -avril.
19 avril, mardi saint. — Nous avons eu une petite » scène hier... Le Roi voulait partir pour Saint-Cloud. i La garde nationale s'y est opposée, et si bien opposée » que nous n'avons pu passer la porte de la Cour. On » veut forcer le Roi à renvoyer les prêtres de la cha- » pelJe, ou à leur faire faire le serment, et à faire ses * Pâques à la paroisse. Voilà la raison de l'insurrec- » tion d'hier. Le voyage de Saint-Cloud en a été à peu » près le prétexte. La garde a parfaitement désobéi à » M. de La Fayette et à tous ses officiers. »
» Je ne sais pas bien tous les détails de la journée, » mais seulement que le Roi voulait aller à Saint- » Cloud, qu'il s'est campé dans sa voiture, où il est » resté deux heures.... J'ignore combien l'on nous » retiendra... (1) »
A cette brève et fière relation d'une scène odieuse, Madame Elisabeth ajoute quelques paroles émues pour affirmer que nulle puissance humaine ne pourra la « contraindre à recevoir la communion pascale des » mains d'un prêtre assermenté. » Trop agitée pour écrire plus en détail, elle entrait dans une des crises les plus douloureuses de sa pénible vie. Il faut suppléer ici à ce que l'émotion et l'indignation 1 empêchent de raconter.
iLes grenadiers de la garde nationale, excités par ies cris du peuple rassemblé autour du château, s'étaient placés à la tête des chevaux du carrosse royal
ii) A Mme de Raigecourt Coll. F. de Conches, p. 266.